25 Mars 2026
Saint-Pierre // Saison 2. Episode 9. Red Rum, Red Rum.
L’épisode 9 de la saison 2 de Saint-Pierre propose quelque chose d’un peu différent dans la forme, tout en restant fidèle à ce que la série sait faire depuis le début. Avec « Red Rum, Red Rum », l’intrigue prend place dans un décor inhabituel : un speakeasy installé le temps d’une soirée dans le bar de Veda. L’idée est simple, mais elle suffit à installer une ambiance particulière, presque hors du quotidien de l’archipel. Au départ, tout repose sur cette reconstitution d’une époque liée à la prohibition. Les clients jouent le jeu, les tenues changent, l’atmosphère devient plus feutrée. Puis, comme souvent dans Saint-Pierre, cette parenthèse bascule rapidement.
La découverte d’un corps vient casser cette illusion et ramène tout à une réalité beaucoup plus brutale. Ce contraste fonctionne bien, sans en faire trop. L’enquête entraîne Fitz et Arch dans une histoire de contrebande d’alcool. Ce n’est pas un thème choisi au hasard. Il s’intègre naturellement à l’histoire de Saint-Pierre-et-Miquelon, un territoire qui a déjà été associé à ce type d’activités. J’aime bien quand la série utilise ce genre de détails, parce que ça donne l’impression que les intrigues ne sortent pas de nulle part. Même si tout reste fictif, il y a toujours un petit ancrage dans quelque chose de plus réel. Cela dit, l’enquête en elle-même reste assez classique.
/image%2F1199205%2F20260325%2Fob_48dbd7_vlcsnap-2026-03-24-11h31m42s187.png)
Les suspects apparaissent assez vite, les pistes se dessinent sans trop de surprise, et la résolution suit une logique attendue. Ce n’est pas forcément un problème. Ce type d’épisode se regarde facilement, sans demander trop d’effort. Par moments, c’est aussi ce que j’attends de la série : quelque chose de fluide, sans chercher à compliquer chaque situation. Le duo Fitz-Arch continue de porter l’ensemble. Rien de nouveau dans leur fonctionnement, mais ce n’est pas ce qui est recherché ici. Leur relation s’est installée, et ça se sent. Les échanges sont plus naturels, moins dans la confrontation qu’au début. Fitz reste fidèle à son instinct, Arch garde son côté plus structuré, et les deux avancent ensemble sans que cela paraisse forcé. C’est simple, mais ça fonctionne.
Ce que je trouve intéressant dans cet épisode, c’est surtout l’ambiance. Le cadre du speakeasy au début de l’épisode apporte un vrai changement visuel même si la suite reste très classique pour la série. Ce n’est pas juste un décor différent, il y a une intention derrière : jouer avec les codes d’une époque, mélanger le jeu et la réalité. Cela donne un côté presque théâtral à certaines scènes dans le bar, où chacun semble tenir un rôle, parfois malgré lui. Un peu comme un petit Agatha Christie. En revanche, difficile de ne pas ressentir une certaine familiarité dans la construction. L’épisode suit un schéma que la série utilise régulièrement. On sait globalement comment les choses vont évoluer, même si quelques détails viennent maintenir l’intérêt.
/image%2F1199205%2F20260325%2Fob_72bb85_vlcsnap-2026-03-24-11h38m09s642.png)
Le scénario ne prend pas vraiment de risques, et c’est sans doute ce qui peut laisser une légère impression de déjà-vu. Les personnages secondaires, comme souvent, restent un peu en retrait. Ils servent l’intrigue, mais sans vraiment marquer. C’est dommage, surtout dans un épisode qui repose sur un groupe de personnes réunies dans un même lieu. Il y avait peut-être matière à creuser davantage certaines relations ou à donner plus de poids à certains profils. Malgré tout, l’épisode garde une certaine cohérence avec le reste de la saison. Il s’inscrit dans cette idée de proposer des enquêtes variées, en utilisant le cadre de l’archipel comme point d’appui. En l’occurrence ici, l’histoire passée de l’archipel.
Après des épisodes plus centrés sur les personnages ou sur des enjeux personnels, celui-ci revient à quelque chose de plus léger, presque comme une pause. Il y a aussi cette impression que la série continue d’avancer doucement sur ses arcs de fond, sans les mettre au premier plan. Les éléments liés au passé de Fitz ou aux zones d’ombre d’Arch ne disparaissent pas, mais ils restent en arrière-plan. Cela peut frustrer si l’attente est de voir ces aspects évoluer plus rapidement, mais cela participe aussi à une forme de continuité.
/image%2F1199205%2F20260325%2Fob_a9d2a3_vlcsnap-2026-03-24-11h40m08s832.png)
Au final, cet épisode 9 de la saison 2 de Saint-Pierre reste très classique. Il propose une intrigue simple, dans un décor un peu différent avec le bar, avec une ambiance travaillée sans être envahissante. Ce que je retiens surtout, c’est cette capacité à varier les contextes sans perdre l’identité de départ. Même quand l’histoire reste classique, le cadre et l’ambiance suffisent à maintenir un certain intérêt.
Note : 5/10. En bref, un épisode agréable à suivre, pas forcément marquant, mais qui fait le travail sans donner l’impression de se répéter complètement.
Prochainement en France
Disponible sur CBC Gem, accessible via un VPN
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog