5 Avril 2026
Wild Cards // Saison 3. Episode 9. Fast Crimes at Ridgemont High.
Avec l’épisode 9 de la saison 3 de Wild Cards, la série choisit de ralentir légèrement son intrigue globale pour proposer une parenthèse centrée sur Cole Ellis. Après plusieurs épisodes fortement marqués par la famille de Max et les conséquences de leur retour dans sa vie, ce nouvel épisode propose un équilibre différent, en replongeant Ellis dans une période qu’il semble avoir laissée derrière lui : ses années lycée. Le cadre choisi – une réunion d’anciens élèves qui tourne mal après un empoisonnement – n’a rien de particulièrement original sur le papier.
Pourtant, il fonctionne plutôt bien dans l’univers de la série. Ce genre de décor permet d’explorer des tensions enfouies, des rancunes anciennes et des secrets qui refont surface. Ici, cela sert avant tout à humaniser Ellis, souvent présenté comme le personnage le plus rigide du duo. Ce qui ressort rapidement, c’est le contraste entre l’Ellis du présent et celui du passé. L’épisode joue avec cette idée d’un homme qui a évolué, mais qui reste marqué par certaines expériences. Voir Ellis confronté à d’anciens camarades, à des souvenirs parfois embarrassants ou douloureux, apporte une dimension plus personnelle à l’intrigue.
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Ce n’est pas la première fois que la série tente ce genre d’exercice, mais c’est probablement l’un des moments où cela fonctionne le plus naturellement. Dans les épisodes précédents, notamment depuis le début de la saison 3, l’accent avait été mis sur Max et son environnement familial. L’arrivée de sa mère et le retour de son père avaient complètement redistribué les cartes. Cette orientation avait apporté quelque chose de différent, mais elle avait aussi un peu déséquilibré la série en laissant Ellis en retrait. Cet épisode vient corriger cela en lui redonnant de la place, sans pour autant effacer ce qui a été construit auparavant.
L’enquête en elle-même reste assez classique. Un meurtre lors d’une réunion de lycée, une galerie de suspects tous liés par un passé commun, et une vérité qui se dévoile progressivement. Rien de très surprenant dans la construction, et il est assez facile d’anticiper certaines révélations. Mais ce n’est pas vraiment là que réside l’intérêt de l’épisode. Ce qui fonctionne, c’est la manière dont l’enquête s’intègre au développement du personnage d’Ellis. Chaque interaction avec ses anciens camarades apporte une nouvelle pièce au puzzle, non seulement sur le crime, mais aussi sur qui il était à l’époque.
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Cela permet de comprendre certaines de ses réactions actuelles, notamment sa retenue ou sa difficulté à exprimer ses émotions. Max, de son côté, reste fidèle à elle-même. Même dans un épisode centré sur Ellis, elle trouve sa place assez naturellement. Son regard extérieur sur la situation apporte une touche d’humour, mais aussi une forme de lucidité. Là où Ellis peut être mal à l’aise ou sur la défensive, Max n’hésite pas à bousculer les choses, quitte à créer des moments gênants. C’est précisément ce contraste qui continue de faire fonctionner leur duo. Depuis le début de la série, cette dynamique entre la con woman et le policier plus carré est le véritable moteur.
Et même si la saison 3 a parfois joué avec cet équilibre, notamment avec l’introduction d’autres relations dans la vie d’Ellis, cet épisode rappelle pourquoi ce duo reste central. Les scènes qu’ils partagent conservent cette fluidité qui s’est installée progressivement depuis la saison 1. Cela dit, il est difficile de ne pas ressentir un léger décalage avec l’intrigue globale de la saison. Après les enjeux posés autour de la famille de Max et les tensions qui en découlent, cet épisode donne presque l’impression de faire une pause. Ce n’est pas forcément un défaut, mais cela peut donner le sentiment que la série retarde un peu certaines avancées.
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C’est un choix fréquent dans les séries procédurales : alterner entre épisodes centrés sur l’arc principal et enquêtes plus indépendantes. Wild Cards n’échappe pas à cette règle. Ici, cela permet de respirer un peu avant la fin de saison, mais cela peut aussi frustrer ceux qui attendent des réponses ou une progression plus marquée. Malgré cela, l’épisode reste agréable à suivre. Il s’inscrit dans la continuité de ce que la saison 3 propose depuis le début : une série qui ne cherche pas à révolutionner le genre, mais qui mise sur ses personnages et sur une ambiance légère pour convaincre. C’est d’ailleurs ce qui rappelle souvent les séries américaines des années 2000/2010, avec ce mélange d’enquêtes accessibles et de relations attachantes.
En comparaison avec certains épisodes précédents de la saison, celui-ci se situe dans une zone intermédiaire. Il n’a pas l’énergie plus décalée d’un épisode comme celui autour des boys band, ni la tension d’un épisode comme celui de la prise d’otage. Mais il apporte quelque chose d’important : un regard différent sur Ellis.
Note : 5/10. En bref, cet épisode 9 de la saison 3 de Wild Cards fonctionne surtout comme un épisode de développement de personnage. L’enquête reste un cadre, parfois un peu prévisible, mais suffisant pour maintenir l’intérêt. Ce qui reste en tête, c’est surtout cette plongée dans le passé d’Ellis et ce que cela dit de lui aujourd’hui.
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