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Critique Ciné : Resident Evil (2026)

Critique Ciné : Resident Evil (2026)

Resident Evil // De Zach Cregger. Avec Austin Abrams, Paul Walter Hauser et Zach Cherry.

 

Adapter Resident Evil au cinéma, c’est s’attaquer à un gros morceau. Depuis le premier jeu, la saga traîne une ambiance inimitable : un virus hors de contrôle, des monstres collants, des pièces sombres et cette sensation constante de faire n’importe quoi avec ses munitions. Après une flopée de films qui ont gentiment divisé la communauté, Zach Cregger (le type derrière Barbare et Évanouis) s’empare du projet. Et autant vous le dire tout de suite, il a pris une trajectoire inattendue. Oubliez Chris Redfield ou Jill Valentine. Ici, le réalisateur préfère suivre un pauvre type ordinaire jeté au milieu de l’enfer. 

 

Bryan, coursier médical, s'engage dans une course effrénée pour survivre, alors qu'autour de lui le monde s'enfonce dans un chaos total.

 

Ça nous donne un film d’horreur hyper généreux, plein de sang, d'humour absurde, qui donne l'impression de regarder une partie de jeu vidéo particulièrement agitée. L’histoire démarre sans chichi. Un simple coursier médical se voit confier une livraison importante à Raccoon City. Une course classique en apparence, sauf que la ville est en train de virer au carnage sous l'effet d'une épidémie brutale. Les habitants se changent en créatures agressives et tout part en vrille en deux minutes. Le bon côté, c’est que le héros n'a absolument rien d'un super-soldat. Il ne sait pas manier un flingue, n'a aucun entraînement et ne pige rien à ce qui lui tombe dessus. Il essaie juste d'aligner trois décisions logiques sans finir en casse-croûte.

 

Ce choix de casting change tout. Austin Abrams incarne à la perfection ce mec complètement dépassé. Il panique, il râle, il s’énerve et prend des initiatives franchement douteuses. C'est ce côté très humain qui le rend attachant. On évite l'écueil du mec badass invulnérable qui avance la tête haute. Chaque rencontre avec un infecté ressemble à une véritable galère. Franchement, le parti pris me plaît. On n'a pas besoin de s'encombrer de dix ans de lore pour capter l'enjeu. C'est épuré : aller d'un point A à un point B en gardant sa tête sur ses épaules. Là où le film marque de gros points, c'est clairement dans sa mise en scène. Zach Cregger comprend la mécanique du survival horror. 

 

Il sait reproduire cette tension poisseuse qu'on ressent quand on avance dans un couloir sans visibilité. Les plans rapprochés, les passages caméra à l'épaule et les angles de vue donnent une vraie sensation de jeu. Par moments, j'avais presque le réflexe de chercher la manette du bout des doigts. Le parcours du personnage ressemble à une succession de zones d'exploration avec ses monstres et ses pièges. Pour les connaisseurs, les détails font plaisir à voir. Le stress du chargeur vide, la fouille de pièces abandonnées, les clés qu'on cherche au mauvais endroit... Le film ne se contente pas de balancer des zombies à l'écran, il recrée l'expérience d'une partie sous pression. Visuellement, le boulot sur la lumière est très propre. 

 

Les teintes froides et les zones d'ombre travaillent l'ambiance sans qu'on ait besoin de surcharger chaque plan. Le son joue aussi un rôle énorme. Un grattement derrière une cloison ou un souffle dans le noir suffisent à vous glisser un petit frisson. Côté créatures, vous pouvez être rassurés : Zach Cregger ne fait pas dans la demi-mesure. Le film balance du gore généreux, avec des mutations bien cradingues et des affrontements qui tournent vite à la boucherie. Plus l'intrigue avance, plus la menace prend de la place et les monstres deviennent impressionnants. Le réalisateur s'amuse avec les codes de la survie. Les armes s'enrayent, les cartouches manquent et le héros se retrouve souvent au bord du gouffre.

 

Et puis il y a cette couche d'humour omniprésente. Le cinéaste adore plonger son protagoniste dans des situations à ce point absurdes que la panique en devient drôle. Le mec crie, s'énerve, lâche ses meilleurs jurons et réagit exactement comme nous le ferions dans pareilles circonstances. Ça apporte une vraie touche de fraîcheur. En revanche, je trouve que le film en abuse parfois un peu trop. Deux ou trois vannes tombent au mauvais moment et brisent la tension qu'on venait de monter gentiment. Le mélange horreur et comédie fonctionne bien globalement, mais le dosage manque parfois de finesse. Le bât blesse surtout sur le dernier acte. Si le début pose une ambiance étouffante très réussie, la suite prend une tournure beaucoup plus spectaculaire. 

 

Les enjeux s’emballent, les événements s’enchaînent et le tout prend des airs de combat de boss final un peu surchargé. C’est dans la veine de certains opus de la saga, où l'on passe du petit frisson au grand n'importe quoi, mais j'ai moins accroché. Le spectacle est impressionnant, mais la tension du départ s'évapore. La fin propose un virage assez loufoque qui fait sourire, mais qui laisse aussi une impression de précipitation. Certains éléments de l’histoire auraient mérité un meilleur traitement pour offrir une vraie conclusion au bonhomme. Au final, cette relecture de Resident Evil par Zach Cregger reste une très bonne surprise. Le réalisateur évite le piège du bête copier-coller de fan-service. Il saisit l'esprit du jeu : la frousse de l'inconnu, l'angoisse de la réserve de balles vide et les mauvaises rencontres au coin d'une porte. 

 

Austin Abrams fait le boulot avec brio, la réalisation a de la gueule et le son fait le reste. Alors oui, l'humour désamorce parfois l'effroi et la fin pousse le délire un peu loin. L'histoire tient sur un ticket de caisse, mais ce n'est pas vraiment ce qu'on vient chercher. C'est un vrai tour de grand huit horrifique, parfois bancal, mais sacrément divertissant. Les puristes accrochés aux personnages historiques feront peut-être la grimace. En revanche, si vous cherchez une adaptation brutale, drôle et bien rythmée, cette virée sanglante à Raccoon City vaut carrément le détour.

 

Note : 7/10. En bref, cette adaptation signée Zach Cregger délaisse les héros historiques de la saga au profit d'un survival horrifique sanglant, ultra-immersif et teinté d'un humour décalé réjouissant. Malgré un dernier acte un peu trop chaotique et des vannes qui désamorcent parfois la tension, le film offre une virée nerveuse et réjouissante dans l'enfer de Raccoon City.

Sorti le 16 septembre 2026 au cinéma

 

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delromainzika

Moi c'est Romain, Lyonnais, accro aux écrans depuis toujours. En 2006, j'ai commencé à écrire mes avis sur les séries que je regardais… et je ne me suis jamais arrêté. Vingt ans et plus de 900 séries plus tard, je continue de tout regarder, épisode par épisode : les grosses sorties Netflix, les pépites qui passent sous les radars, les séries qu'on suit depuis dix saisons et les films qui font parler. Mes critiques sont franches, parfois enthousiastes, parfois sévères, toujours sincères. Bref, si vous ne savez pas quoi regarder ce soir, vous êtes au bon endroit 🍿
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