Facebook 𝕏Twitter Contact Soutenir

Films · Séries · Streaming — sans filtre

Dexter: Resurrection (Saison 2, épisode 1) : Dexter face au temps qui passe et à ses nouvelles limites

Dexter: Resurrection (Saison 2, épisode 1) : Dexter face au temps qui passe et à ses nouvelles limites

Après une première saison qui remettait Dexter Morgan sur les rails du côté de New York, la franchise revient avec un début de saison 2 qui pose de vraies bonnes questions. Dans cet épisode intitulé « Risky Business », pas question de ressortir la même recette au filtre près. L'intrigue s'attaque à un mur auquel le personnage ne s'attendait pas vraiment : le poids des années. À plus de cinquante ans, notre bon vieux Boucher de Bay Harbor commence à sentir ses jambes lourdes et son cerveau ralentir. Et honnêtement, il vit très mal le truc. Il faut dire que Dexter a toujours carburé à la routine. 

 

Un boulot banal la journée pour passer sous les radars, et des virées nocturnes pour garder un sentiment de contrôle absolu. Mais après tout ce qui s'est passé l'an dernier, la donne a changé. Sa rencontre avec Leon Prater et sa bande de passionnés de tueurs en série lui a ouvert les yeux. Dexter a compris que son "œuvre" avait une vraie réputation. Il ne veut plus juste découper des méchants dans un coin sombre sans bruit : il a envie qu'on sache ce qu'il accomplit. Ce premier chapitre place ainsi un décor bien chargé. On retrouve un Dexter en quête de validation, un Harrison qui trace sa propre route, et une poignée de criminels prêts à retourner New York. Le souci, c'est que pour assouvir son besoin de reconnaissance, Dexter commence à prendre de gros risques.

Dès la première scène, le ton est donné. Dexter se retrouve en pleine traque avec Angel Batista, comme au bon vieux temps à Miami. Mais le rêve tourne court. Dexter réalise brusquement la réalité : son ancien collègue n'est plus là, et sa disparition lui pèse toujours sur la conscience. Harry réapparaît alors dans sa tête pour lui répéter que Batista connaissait les risques. Sauf que ces explications théoriques ne suffisent plus à calmer ses remords. Ce démarrage montre bien que Dexter n'a rien oublié. Si la saison passée ramenait déjà quelques fantômes du passé, la mort de Batista reste une plaie ouverte. Mais son problème du moment est encore plus profond. Même si les cadavres continuent d'augmenter et que sa routine new-yorkaise ressemble à s'y méprendre à son ancienne vie, le cœur n'y est plus tout à fait.

 

Conduire un VTC la journée ne lui suffit plus. Passer incognito commence à l'agacer profondément. Au fond, il aimerait qu'on le félicite pour son travail de nettoyage. Cette envie de reconnaissance casse son mode opératoire habituel. Lui qui a passé sa vie à se terrer commence à frôler l'imprudence pure et simple. Pendant que le père gère sa crise de la cinquantaine, le fils avance vite. Harrison a enfin trouvé un semblant d'équilibre. Il a un toit, une vie stable, et surtout une décision forte : il intègre la police de New York. Le symbole est fort. Le gamin qui cherchait ses repères enfile l'uniforme de la boutique que son père passe son temps à filouter. Harrison connaît une partie du secret de famille, mais il veut bâtir sa propre histoire, loin des mensonges paternels. 

Leur relation semble s'être apaisée depuis leurs retrouvailles, ils échangent même leurs positions GPS en continu. Un geste faussement banal qui montre que chacun surveille l'autre du coin de l'œil. Le problème reste Dexter. Il répète que son fils passe avant tout, mais ses actes prouvent le contraire. Quand vient le moment d'assister à la cérémonie d'engagement d'Harrison, Dexter préfère sécher l'événement pour aller régler un compte en ville. La série tape juste ici : Dexter veut être un bon père, mais son besoin d'éliminer des gens passe toujours en premier. Côté terrain, cet épisode fait revenir Al Walker, le tueur surnommé Rapunzel. Repéré la saison dernière chez Leon Prater, c'est le profil parfait pour la liste de Dexter. Sous ses airs de père de famille modèle, le type est une ordure absolue.

 

Dexter part donc l'éliminer comme d'habitude. Sauf que rien ne se passe comme prévu. Face à un type qui se défend fort, Dexter galère. Le combat tourne à l'épreuve physique, et la scène fait mal à voir : les réflexes sont à la traîne, les coups fusaient moins vite, le souffle manque. C'est clairement le gros point fort de cet épisode. Pendant des années, Dexter dominait ses proies grâce à sa préparation et sa supériorité physique. Là, le corps ne suit plus tout à fait. Michael C. Hall joue très bien cette usure. Il garde ses tics et son humour pince-sans-rire, mais montre un personnage visiblement fatigué. Il sait toujours tuer, mais ça lui coûte deux fois plus d'énergie. Pour renouveler le stock de cibles, deux petits nouveaux débarquent à New York. 

Le premier est le Ripper de New York, un tueur en fauteuil roulant suivi de près par la détective Claudette Wallace. Brian Cox lui prête une présence assez glaçante, incarnant un type parfaitement conscient des faiblesses du système judiciaire. Le second est le Five Borough Killer, joué par Dan Stevens. Lui fonctionne à l'inverse total de Dexter. Pas de discrétion, pas de retenue : il appelle les flics, prévient avant d'agir et cherche le spectacle médiatique. Une méthode qui risque de poser un vrai problème de logique à Dexter s'il doit croiser sa route. Pendant ce temps, les enquêteurs Wallace et Oliva pataugent un peu par manque de preuves directes, mais la présence d'Harrison dans les locaux de la police va vite compliquer les choses. 

 

Si les enquêtes de la brigade recoupent les traces de Dexter, le jeune flic va se retrouver coincé entre deux feux. Pour couronner le tout, la fin de l'épisode marque le retour de Joey Quinn à New York. Son arrivée redonne un coup de fouet au récit. Quinn connaît bien le passé de Dexter du temps de Miami, et sa présence en ville représente un vrai danger pour le Boucher. 

 

Note : 8/10. En bref, ce premier épisode prend le temps d'installer ses enjeux sans trop se presser. L'évolution de Dexter est intéressante : moins méthodique, plus fatigué, mais surtout plus vaniteux. Si la série gère bien cette crise d'égo sans répéter les erreurs des saisons passées, la suite s'annonce particulièrement sous tension.

Prochainement sur Canal+

 

Cet article t'a plu ?

Blog indépendant, sans sponsor. Un petit geste aide à le faire vivre.

Soutenir
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
Retour à l'accueil
À propos
delromainzika

Moi c'est Romain, Lyonnais, accro aux écrans depuis toujours. En 2006, j'ai commencé à écrire mes avis sur les séries que je regardais… et je ne me suis jamais arrêté. Vingt ans et plus de 900 séries plus tard, je continue de tout regarder, épisode par épisode : les grosses sorties Netflix, les pépites qui passent sous les radars, les séries qu'on suit depuis dix saisons et les films qui font parler. Mes critiques sont franches, parfois enthousiastes, parfois sévères, toujours sincères. Bref, si vous ne savez pas quoi regarder ce soir, vous êtes au bon endroit 🍿
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog