Critiques Séries : Dexter: Resurrection. Saison 1. Episode 5.

Critiques Séries : Dexter: Resurrection. Saison 1. Episode 5.

Dexter: Resurrection // Saison 1. Episode 5. Murder Horny.

 

Il y a des personnages qui ne disparaissent jamais vraiment, même lorsqu’on croit les avoir vus mourir. Dexter Morgan est de ceux-là. L’épisode 5 de Dexter: Resurrection poursuit cette logique implacable : il est de retour, et avec lui reviennent les tensions, les failles, et cette dualité constante entre pulsion meurtrière et désir d’humanité. Dès les premières secondes, la confrontation père-fils reprend là où elle s’était arrêtée. Harrison, toujours en état de choc, est clair : revoir son père n’a rien de salvateur. C’est un cauchemar revenu à la surface, un fantôme incarné dans la chair. Le fait même que Dexter réapparaisse sans préavis montre à quel point il reste prisonnier de ses automatismes : intervenir, contrôler, “protéger”. 

 

Ce qu’il ne semble toujours pas comprendre, c’est que sa simple présence est une source de douleur pour son fils. Il est tentant, pour Dexter, de recoller les morceaux en s’appuyant sur ce qu’il connaît : la noirceur. Il pense pouvoir établir une connexion par ce biais, en supposant que le fait de tuer puisse constituer un terrain d’entente. Mais Harrison n’est pas un double, et encore moins un prolongement. Il est tout sauf à l’aise avec ce qu’il a fait, et le souvenir du meurtre de Ryan le hante littéralement. Le poids du traumatisme est trop fort pour que le discours de son père fasse sens. Sa détresse, loin d’appeler une solution rapide, réclame de l’espace — exactement ce que Dexter est incapable de lui offrir.

Face au rejet d’Harrison, Dexter se tourne vers ce qu’il connaît de mieux : la quête de complicité dans la violence. Mia, une tueuse dont la réputation commence à prendre de l’ampleur, devient une sorte de substitut affectif. Elle semble comprendre Dexter, parler le même langage. Leur rendez-vous au bowling — scène presque comique tant elle est normale — cache mal l’intensité sous-jacente. Les regards, les gestes, les sous-entendus : tout laisse penser qu’un duo pourrait naître. Mais encore une fois, cette tentative de créer un lien repose sur une base biaisée. Mia n’est pas une alter ego. Ce qu’elle veut, ce n’est pas la justice. C’est le frisson. Elle tue pour elle, sans code, sans ligne morale. 

 

Ce qu’elle propose à Dexter, ce n’est pas une collaboration dans le cadre d’un code strict, mais une forme de complicité débridée, sans garde-fous. Ce moment où elle dévoile qu’elle est "le prédateur", et non une vengeresse comme les médias le suggèrent, marque une rupture nette. Dexter réalise qu’il a mal évalué la situation. Et comme souvent, cette erreur vient d’un besoin émotionnel mal canalisé. Mia n’est pas simplement dangereuse. Elle devient un risque direct pour Harrison. Son arrestation arrive donc comme une manœuvre froide mais nécessaire. Dexter prend les devants, organise la mise en scène, plante des éléments de preuve pour faire croire qu’elle est responsable de la mort de Ryan Foster. 

Ce choix tactique ne repose pas sur une volonté de punir Mia, mais sur un calcul simple : la détourner du chemin de son fils. Le plus intéressant ici, c’est que Dexter ne tue pas Mia. Il avait l’occasion, le mobile, et même la justification. Pourtant, il choisit une autre voie. Il utilise la justice, ou du moins une version manipulée de celle-ci. Ce glissement montre que sa relation avec Harrison commence réellement à infléchir son comportement. Ce n’est plus simplement un tueur avec un code. C’est un père prêt à jouer autrement, quitte à renoncer à son instinct primaire. La dynamique entre Dexter et Harrison atteint un point de bascule. Harrison reste sur la défensive, méfiant, incapable de faire confiance à cet homme qui a quitté sa vie sans explication. 

 

Mais lorsque la pression retombe et que l’affaire Ryan semble se résoudre, il revient. Pas par envie de pardon immédiat, mais parce qu’un lien, aussi brisé soit-il, persiste. Le dialogue qui s’installe alors est l’un des plus sincères de la série jusqu’à présent. Pour la première fois, Dexter parle de Rita, de sa culpabilité, de ses erreurs. Il cesse de minimiser les conséquences de sa double vie. Et cette transparence touche Harrison. Ce n’est pas une réconciliation magique. C’est une accalmie, fragile mais réelle. Ce moment où Harrison tend la main à son père, physiquement et symboliquement, offre un répit. Un bref instant d’humanité dans une série qui, souvent, noie ses personnages dans l’isolement. 

Dexter comprend qu’Harrison n’a pas besoin d’un mentor ou d’un guide, mais simplement d’un père. Et peut-être que c’est ça, le véritable changement. L’arrestation de Mia ne résout rien. Elle soulève même de nouvelles tensions. Claudette Wallace, qui enquête sur la mort de Ryan, ne croit pas à une résolution aussi nette. Quant à Batista, son intuition sur le lien entre Harrison et le Bay Harbor Butcher le pousse à creuser davantage. La couverture de Dexter s’effrite lentement, et chaque action précipitée rend sa position plus instable. Charley, bras droit de Leon Prater, rend visite à Mia en prison. Ce simple échange suffit à faire planer une ombre inquiétante. Le pouvoir de Prater, discret mais efficace, semble s’étendre jusque dans les cellules. 

 

Mia pourrait disparaître, comme tant d'autres avant elle, sans laisser de trace. Leon Prater n’apparaît que brièvement, mais chaque apparition renforce une impression glaçante. Ce n’est pas seulement un hôte charismatique ou un mécène généreux. C’est un architecte, un homme qui assemble les pièces d’un puzzle macabre. Ce qu’il construit, à travers ses invités, ses fêtes et ses alliances, n’a rien d’anodin. Il crée une structure, un réseau, une toile dans laquelle chaque tueur a une fonction. Et Dexter fait désormais partie de cette toile. Infiltré, certes. Mais observé. Testé. L’arrestation de Mia, comme la disparition de Lowell avant elle, alimente les soupçons. Prater et Charley sont méthodiques. Ils n’agissent pas par impulsion. 

 

Ils planifient, et ils frappent quand le moment est venu. Dexter: Resurrection ne cherche pas à choquer gratuitement. Derrière le titre provocateur de cet épisode se cache une exploration fine des relations humaines abîmées. L’envie de transmission, d’héritage, la peur de reproduire ses erreurs — tout cela infuse les choix de Dexter. Ce n’est plus seulement un tueur qui nettoie les rues. C’est un homme qui tente de réparer l’irréparable, avec les outils déformés dont il dispose. Les parallèles entre Mia et Dexter sont éclairants. Elle incarne ce qu’il aurait pu devenir sans le code. Une tueuse pure, dénuée d’introspection, guidée uniquement par l’adrénaline. 

 

Son refus de toute règle contraste brutalement avec la rigueur de Dexter. Et pourtant, il a été tenté. Parce qu’elle représentait un mirage de compréhension. Un semblant d’âme sœur. Mais ce n’est pas ce dont il a besoin. Ce dont il a réellement besoin, il commence à le comprendre : ce n’est pas un partenaire de crime. C’est un lien humain, aussi imparfait soit-il. La série ne donne pas toutes les réponses, et c’est tant mieux. Chaque épisode ouvre de nouvelles pistes, complexifie les rapports entre les personnages. La question centrale semble de plus en plus claire : Dexter peut-il exister sans tuer ? Ou plutôt : peut-il garder son code tout en laissant de la place à l’affection, à la vérité, et à la vulnérabilité ?

 

La relation avec Harrison devient le moteur principal de cette interrogation. Et pour l’instant, cet axe fonctionne. Il ne s’agit pas de réécrire Dexter, mais de le pousser dans ses retranchements. Pas pour le changer, mais pour le faire évoluer — ou échouer, mais honnêtement. Le jeu du chat et de la souris avec Prater et Charley ne fait que commencer. La tension monte, non plus seulement dans la traque de serial killers, mais dans l’usure de l’imposture. Dexter peut mentir aux autres. Mais à son fils, désormais, il semble avoir fait le choix de ne plus le faire.

 

Note : 7.5/10. En bref, dans l’épisode 5 de Dexter: Resurrection, Dexter tente désespérément de renouer avec son fils Harrison tout en manipulant les événements pour le protéger, révélant une volonté inédite de privilégier l’amour paternel à ses pulsions meurtrières.

Prochainement sur Canal+ et myCanal

 

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