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Yaga (Saison 1, épisodes 1 et 2) : un thriller surnaturel entre séduction, mystère et folklore slave

Yaga (Saison 1, épisodes 1 et 2) : un thriller surnaturel entre séduction, mystère et folklore slave

Il y a des séries qui installent une ambiance particulière dès les premières minutes et Yaga fait clairement partie de celles qui préfèrent faire planer le doute plutôt que de livrer toutes les clés tout de suite. Portée par une création de Kat Sandler, cette nouveauté mélange enquête policière, humour noir, sensualité et folklore surnaturel avec un vrai sens du rythme. Le cocktail est pour le moins surprenant, mais il prend vie grâce à une écriture volontairement décalée et à des personnages principaux qui ne manquent pas de relief. Tout commence à Whittock, une petite bourgade isolée où la disparition d'Henry Park, l'héritier d'une dynastie locale influente, secoue la communauté.

 

Rapp, détective privé, enquête sur la disparition du jeune héritier d’une puissante entreprise de pêche. Très vite, il se heurte à Carson, un inspecteur local méfiant, ainsi qu’à Katherine, professeure d’université charismatique au faible assumé pour les jeunes hommes. Au fil de ses investigations, Rapp s’enfonce dans un dédale de suspects insaisissables, de secrets enfouis et de forces anciennes où la magie ancestrale semble tirer les ficelles.

 

Pour mener les recherches, la famille engage Charlie Rapp, un détective privé incarné par Noah Reid. Sur place, il doit faire équipe avec la sergente Carson, jouée par Clark Backo, une policière bien décidée à ne pas se laisser dicter sa conduite par un spécialiste débarqué de la ville. Leur première confrontation donne le ton : les méthodes diffèrent radicalement et les étincelles ne tardent pas à jaillir. Mais ce qui s'annonçait comme une simple affaire de fugue ou de disparition classique bascule vite vers des territoires beaucoup plus sombres. Entre des habitants aux comportements fuyants, des visions étranges et des clins d'œil répétés à de vieilles légendes slaves, la série tisse une toile où la frontière entre le réel et le fantastique devient très mince.

Sous les traits de Charlie Rapp, Noah Reid livre une prestation soignée qui tranche nettement avec ses rôles passés. Son personnage jongle entre le charme, l'insolence et une froide manipulation. Ce n'est pas le genre d'enquêteur transparent qui se contente de poser des questions ; il analyse chaque réaction et cherche constamment à pousser ses interlocuteurs dans leurs retranchements. Ses sourires et ses piques verbales ne relèvent jamais du hasard. Chaque échange est calculé pour soutirer un indice ou déstabiliser un témoin, quitte à frôler l'arrogance. Cette aisance apparente cache pourtant un sens de l'observation aiguisé, ce qui le rend insaisissable. Sa dynamique avec la sergente Carson repose entièrement sur ce choc des personnalités : lui provoque pour tester les limites, elle recadre sans sourciller. 

 

Leurs joutes verbales apportent un contrepoids salvateur à la tension ambiante. De son côté, Clark Backo insuffle à Carson une vraie épaisseur. Loin d'être la simple faire-valoir rigide qui sert de repoussoir aux excentricités de son coéquipier, elle connaît sa ville sur le bout des doigts et possède une intuition redoutable. Elle ne gobe pas les belles manières de Rapp et sait se montrer tout aussi incisive que lui. Sa capacité à mener sa propre barque et à ne pas se laisser impressionner par les figures locales renforce la solidité du duo. L'intrigue gagne également en complexité grâce à Hudson Williams, qui relève le défi d'un double rôle en incarnant à la fois le disparu Henry Park et son énigmatique colocataire Logan. 

 

Malgré une ressemblance physique évidente, l'acteur réussit à doter chaque personnage d'une gestuelle et d'une posture distinctes. Logan passe ainsi d'une réserve prudente à une attitude de plus en plus troublante, maintenant le spectateur sur le qui-vive quant à ses véritables motivations. Impossible enfin d'ignorer la composition de Carrie-Anne Moss en professeure Katherine Hargrove. Surnommée « Bone Beast » en raison de ses travaux universitaires en ostéologie et de sa réputation sulfureuse, elle attire immédiatement l'attention de Rapp. Leur première scène, portée par un magnétisme certain, illustre un jeu de pouvoir subtil où personne ne veut céder de terrain. Cette aura mystérieuse fait d'elle l'une des pièces maîtresses du puzzle. Le véritable ciment de la série réside dans son ancrage mythologique. 

En convoquant la figure de Baba Yaga, habituellement liée aux contes traditionnels de sorcières, Yaga plaque une imagerie ancestrale sur un décors contemporain. Dès l'incipit macabre montrant un homme consumé par les flammes en pleine forêt, l'ambiance horrifique s'installe. Les références avinées ou animales s'accumulent au fil des scènes, à l'image de ces pattes de poulet retrouvées dans une chambre ou clouées sur un mur. Ces détails persistent sans qu'on sache encore s'ils relèvent de la métaphore, du rituel ou d'une menace bien tangible. La mise en scène assume par ailleurs un mélange des genres audacieux, mêlant la tension du thriller à une sensualité frontale qui interroge les rapports de domination entre les protagonistes.

 

Le second épisode franchit un cap décisif lors d'une fête organisée pour le solstice. Entre masques, musique électronique et consommation de substances aux effets déroutants, la perception de Rapp s'altère au point de confondre hallucinations et réalité. Les apparitions visuelles se multiplient, culminant sur une découverte macabre sur le rivage qui remet en question la chronologie même des événements.

 

Note : 8/10. En bref, au terme de ce double épisode inaugural, Yaga réussit son pari en posant les bases d'un thriller singulier. Le duo d'enquêteurs fonctionne, l'esthétique soigne son mystère et le folklore insuffle une vraie singularité narrative. Les questions restent nombreuses, mais l'envie de comprendre où tout cela mène est bien là.

Disponible sur HBO max

 

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delromainzika

Moi c'est Romain, Lyonnais, accro aux écrans depuis toujours. En 2006, j'ai commencé à écrire mes avis sur les séries que je regardais… et je ne me suis jamais arrêté. Vingt ans et plus de 900 séries plus tard, je continue de tout regarder, épisode par épisode : les grosses sorties Netflix, les pépites qui passent sous les radars, les séries qu'on suit depuis dix saisons et les films qui font parler. Mes critiques sont franches, parfois enthousiastes, parfois sévères, toujours sincères. Bref, si vous ne savez pas quoi regarder ce soir, vous êtes au bon endroit 🍿
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