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Critique Ciné : Une Nouvelle Amie, transformation

6 Novembre 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Une Nouvelle Amie, transformation

Une Nouvelle Amie // De François Ozon. Avec Romain Duris et Anaïs Demoustier.


Xavier Dolan a fait Lawrence Anyways, François Ozon a fait Une Nouvelle Amie. Pourquoi pas, après tout l'association n'est pas étrange. Les deux réalisateurs aiment les femmes, les personnages féminins et savent les manier de différente façon. Ce que j'ai adoré dans le film de François Ozon c'est son regard assez touchant de l'homme qui aime se travestir en femme. C'est quelque de sincère, de très touchant car l'on parle aussi de l'intime d'un homme dans lequel va pénétrer une jeune femme qui pensait le connaître depuis plusieurs années mais qui finalement se rend compte qu'elle ne le connaissait peut-être pas aussi bien que ça. L'atout charme de ce film c'est bien évidemment Romain Duris (Casse Tête Chinois) qui, sous les traits de Virginia, va probablement en surprendre plus d'un. Car sa façon d'accaparer son personnage en pleine quête d'identité (sexuelle et personnelle) c'est quelque chose qui me fascine et que l'acteur arrive à mettre en exergue de sa propre façon avec beaucoup de simplicité et de charme. On ne peut pas nier le fait que Romain Duris a l'élégance d'une femme là dedans. Si j'ai pu prendre pour référence Xavier Dolan pour parler de Une Nouvelle Amie, ce n'est pas le film qui m'est venu à l'esprit quand j'ai vu ce film.

À la suite du décès de sa meilleure amie, Claire fait une profonde dépression, mais une découverte surprenante au sujet du mari de son amie va lui redonner goût à la vie.

J'ai en effet tout de suite pensé à La Mauvaise Education de Pedro Almodovar. On retrouve plus ou moins la même idée, celle de l'identité : une femme ou un homme ? Mais que veut en dire la société ? etc. Sauf que dans Une Nouvelle Amie le but n'est pas de nous parler du regard de la société qui semble la voir comme une femme épanouie et pas comme un homme qui se travesti en femme. Même les beaux-parents vont sans comprendre accepter le personnage. Il y a tout de même quelque chose d'assez prévisible là dedans qui empêche légèrement le téléspectateur de passer un aussi bon moment que cela n'aurait pu être le cas. Il y a donc de multiples références, de Almodovar à Hitchcock. C'est là que j'ai aussi pu y avoir une vraie référence à Vertigo. Une très belle référence et François Ozon dans sa façon de mettre en scène son film cherche à nous plonger dans un univers presque thriller-esque où le rôle de Virginia serait une personnalité mystérieuse, une femme que l'on ne connaît pas vraiment, qui pourrait devenir complètement folle du jour au lendemain que cela ne nous surprendrait pas.

Mais c'est surtout Claire qui est sujette à la référence tant ses actions sont aussi surprenantes que folles. Sa façon d'être lunatique, etc. tout cela est mis en lumière de façon assez brillante. Le jeu de l'ambiguité fonctionne lui aussi très bien et je crois que François Ozon ne l'avait jamais aussi bien exploité que dans ce film. C'est beau, c'est assez original et même gonflé de prendre un sujet qui finalement est bien plus actuel que l'on ne pourrait le penser (notamment avec tous les débats sur le mariage pour tous même si se travestir c'est différent d'être homosexuel, il y a malgré tout des amalgames que tente de faire Une Nouvelle Amie de façon très subtile tout en s'en moquant complètement - notamment le rapport entre travestissement et amour des hommes, etc. alors qu'au fond ce n'est pas parce que l'on se déguise en femme que l'on aime forcément les hommes). François Ozon prouve une fois de plus tout son amour et sa fascination des femmes dans un film singulièrement bon qui respire la fraîcheur tout en étant ultra référencé dans tous les sens.

Note : 8/10. En bref, peut-être un des meilleurs films de Ozon. Peut-être, cela demande encore réflexion.

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