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Critique Ciné : Valley of Love, pélerinage de l'amour

24 Juin 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Valley of Love, pélerinage de l'amour

Valley of Love // De Guillaume Nicloux. Avec Gérard Depardieu et Isabelle Huppert.


Au départ, Valley of Love c’est l’histoire d’un homme et d’une femme qui se retrouvent. Ils ont eu un enfant ensemble et il est temps pour eux de faire un voyage ensemble pour honorer les dernières volontés de leur fils. C’est assez intelligent. Puis les similitudes entre les personnages dépeint et les acteurs se fait de plus en plus ressentir. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé ce que le film fait de ce point de vue là jusqu’à nous révéler à la fin du film que les prénoms des personnages sont ceux des acteurs. C’est donc une sorte de semi-biographie de Gérard Depardieu (il a lui aussi perdu un fils rebelle - même si contrairement à Mikael, Guillaume Depardieu n’était pas gay -, sans parler de tout un tas d’autres trucs (les références au poids de Depardieu, le fait qu’il n’a plus tant d’amis que ça maintenant, qu’il se fout de tout, etc.). C’est presque un film qui raconte l’histoire de l’acteur auquel on aurait collé une fiction. Car Valley of Love va bien au delà de cette biographie sous-jacente et constamment suggérée (mais jamais « assumée »). Le film nous propose alors un pèlerinage où l’issue n’est pas Dieu mais Mikael, le fils, qui a demandé à ses parents de faire un chemin de croix ce qui va permettre aux deux de se retrouver, de parler de leur passé ensemble (que l’une a oublié mais que l’autre n’a pas du tout oublié).

Isabelle et Gérard se rendent à un étrange rendez-vous dans la Vallée de la mort, en Californie. Ils ne se sont pas revus depuis des années et répondent à une invitation de leur fils Michael, photographe, qu'ils ont reçue après son suicide, 6 mois auparavant.
Malgré l'absurdité de la situation, ils décident de suivre la programme initiatique imaginé par Michael...

Valley of Love repose alors avant tout sur un scénario astucieux qui sait utiliser à merveille les deux acteurs comme s’ils avaient vécu des années de couple ensemble et qu’ils tentaient de se retrouver après avoir fait chaque leur vie de leur côté. C’est un film qui séduit en grande partie pour ça. Mais aussi pour le côté ésotérique du voyage que font les deux personnages. Après tout ce n’est pas un voyage si classique que ça pour ces deux personnages mais il fonctionne là aussi car il y a quelque chose de mystique là dedans. On a envie de savoir si le film est réellement mort, si Valley of Love va nous plonger dans un univers fantastique ou bien si ce ne sera qu’une image fantasmagorique. C’est la dernière qui a été choisie et c’est superbe. Par ailleurs, le jeu des acteurs est exceptionnel. On retrouve un Gérard Depardieu sans fioritures. Ce dernier est épuisé physiquement, trainant son corps tout au long du film comme il pouvait porter des menhirs dans Astérix. C’est assez drôle car je ne m’attendais pas du tout à ce que le film appuie autant là dessus mais le résultat est au rendez-vous car Gérard Depardieu est à coeur ouvert, exhibant son torse nu sans se cacher. Cela me rappelle un peu ce qu’il avait déjà fait dans Mammuth, acceptant également de montrer son corps mutilé par le temps et le poids qu’il a pris au fil des années.

Isabelle Huppert a côté est beaucoup plus discrète mais également fidèle à elle-même. On retrouve le jeu très calme et posé de l’actrice qui peut parfois partir à toute berzingue et nous faire fondre en larmes. Car oui, lors du Mosaic Canyion, il y a quelque chose qui se passe et qui offre au téléspectateur une scène authentique, oppressante mais surtout terriblement touchante. Les larmes coulent à flot et le spectateur est alors fasciné par ce qu’il a sous les yeux. Présenté en compétition lors du dernier Festival de Cannes, le film a été très bien accueilli. Guillaume Nicloux change cependant complètement de registre ici après La Religieuse (2013) mais garde malgré tout son talent. Il y a quelque chose aussi qui se passe avec la musique de ce film. Dès la première scène, cette musique que l’on avait déjà pu voir dans la bande annonce nous invite dans un univers atypique et pourtant le seul truc atypique dans le cadre est le décor. Enfin, Valley of Love est aussi un film assez drôle. Je ne m’attendais pas du tout à ce qu’il y ait autant de petites répliques amusantes mais la surprise fût de taille et réussie. Je vous invite à vous ruer sur Valley of Love plus que sur Jurassic World mais l’on ne peut pas aller à l’encontre du succès public…

Note : 9/10. En bref, un pèlerinage magnifique.

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