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Critique Ciné : Enragés (2015)

7 Octobre 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Enragés (2015)

Enragés // De Eric Hannezo. Avec Lambert Wilson, Virginie Ledoyen et Guillaume Gouix.


Enragés c’est un peu la rencontre française avec le cinéma de Robert Rodriguez. On retrouve ainsi un peu de ce qu’il peut faire avec Une Nuit en Enfer et ce genre de films (sans tout l’aspect fantastique bien évidemment). Mais pour un premier film, on peut tout de même souligné le fait que Eric Hannezo propose quelque chose. Ce n’est pas forcément brillant mais il fait une proposition originale avec la mise en scène. Le scénario, on repassera cependant, mais au travers de quelques effets de style (parfois un peu perchés tout de même), on se retrouve avec un cinéma qui fonctionne assez bien dans son ensemble et c’est presque engageant envers le réalisateur. On a envie de voir ce qu’il pourrait faire avec un second film, peut-être mieux préparé. Grâce à un esthétisme assez travaillé, des visuels intéressants et l’utilisation habile de décors canadiens comme si nous étions en France. C’est d’ailleurs un choc qui parvient à apporter un certain vent d’originalité au film. Le réalisateur ne voulais pas d’une réalité que l’on a envie de reconnaître, dans la France provinciale à moitié sur les autoroutes et nationales que l’on connait trop bien. Du coup, la façon dont cet univers est créé fonctionne, rappelant encore une fois l’univers de Robert Rodriguez et de son besoin de se créer des univers absurdes la plupart du temps.

Un braquage tourne mal. Les 4 criminels trouvent refuge dans un centre commercial où éclatent coups de feu et mouvements de panique. Cernés, ils abattent un homme et prennent en otage une femme. Acculés, ils arrêtent une voiture et prennent la fuite. A bord, un père et son enfant malade, qu'il doit emmener d'urgence à l'hôpital. Hors de contrôle, leur fuite va se transformer en traque sans merci. Désormais, il n'y a plus aucun retour possible pour ces chiens enragés...

Mais heureusement pour nous, Enragés a aussi une vraie personnalité. Sans compter que c’est un peu plus efficace que beaucoup d’autres choses. L’histoire est quant à elle parfois un peu perchée et pas toujours comblée. Il y a quelques problèmes, notamment du point de vue de l’évolution des personnages qui manque parfois de densité. Mais ce que Eric Hannezo a réussi à faire c’est une sorte de conte moderne grâce à l’utilisation d’une ville fictive et d’un univers créé de toute pièce. Il y a aussi pas mal de clin d’oeil voulu, au western notamment, qui apportent un petit film au film. Bien entendu, tout n’est pas parfait et je suis certain que Enragés aurait pu être encore plus efficace et original mais les inspirations sont bonnes et sont présentes (notamment Le convoi de la peur de William Friedkin qui est une référence que le réalisateur/scénariste a proposé à son casting de regarder afin de comprendre la vision qu’il avait de ce film et des rôles qu’il a écrit pour chacun des personnages). Ce n’était pas facile de faire un film aussi intéressant dans sa manière de manier les images et les hommages mais c’est réussi et je pense que c’est tout ce qu’il faut retenir. Dommage tout de même que les personnages ne soient pas toujours au rendez-vous.

Le pire est probablement celui incarné par Virginie Ledoyen. J’ai déjà un peu (voire beaucoup) de mal avec cette actrice mais ici elle n’est clairement pas à la hauteur des attentes. Elle est morne, éteinte et continue de marmonner tout ce qu’elle est sensée raconter. Du coup, on se retrouve avec un scénario qui manque cruellement d’épaisseur autour de ses personnages. C’est comme si leur histoire ne devait pas être racontée et ce peu importe leur destin. Certes, il y a quelques flashs sur la vie du personnage de Virginie Ledoyen, puis de celui de Lambert Wilson mais rien de bien efficace. Reste alors peut-être le twist final qui ne m’a pas tant scotché que ça mais qui reste malgré tout assez imprévisible. Disons que je ne m’attendais pas vraiment à ce que cela soit fait dans ce sens là (et c’est presque une très bonne chose). Tout ce qui tombe du côté du grotesque et du ridicule est là aussi une bonne chose, histoire de rappeler que Enragés n’est pas un film qui se veut réaliste mais au contraire, surréaliste. Le réalisateur fait tout pour que l’on ne se reconnaisse dans aucun lieu, dans aucune parcelle de l’histoire afin de profiter pleinement du spectacle et pas de chercher la petite bette ailleurs, dans les émotions des personnages.

Note : 5.5/10. En bref, un objet étrange mais qui ne laisse pas indifférent.

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