Critique Ciné : Le Dindon (2019)

Critique Ciné : Le Dindon (2019)

Le Dindon // De Jalil Lespert. Avec Guillaume Gallienne, Dany Boon et Alice Pol.


Comment adapter le vaudeville si connu de Feydeau ? Telle était la question. Le Dindon, le dernier film de Jalil Lespert, co-écrit avec Guillaume Gallienne m’a mis mal à l’aise. C’est souvent raté, pas assez drôle et cela manque d’un rythme suffisamment bon pour être à la hauteur de cette aventure pourtant à la base très bonne. Il faut tout de même attendre plus de quarante minutes pour que le film décolle et que les comédiens apportent quelque chose, sauf que cela ne soit réellement percutant. Il manque à cette adaptation les rires que la pièce de Feydeau peut offrir aux spectateurs. Ici, c’est une coquille assez creuse, où rien n’est vraiment bien développé ou en tout cas, jamais suffisamment bien fichu. Je me demande ce que les scénaristes ont fait de la pièce original et de l’énergie folle qui transpire des pièces de Feydeau car là, il n’y a rien. C’est souvent morne, ennuyeux et chacun des personnages semblent en faire un peu trop à mon goût. C’est un peu comme être invité à un repas de famille où l’on nous gave jusqu’à plus faim et plus soif, avec les aigreurs d’estomac qui arrivent en fin de repas. Cela m’a donné la même impression, où le film semble se complaire dans une aventure hystérique plutôt que quelque chose de fin et savoureux.

Monsieur de Pontagnac a eu un coup de foudre pour une jolie jeune femme. Ce qu’il n’avait pas prévu c’est que celle-ci n’est autre que Victoire, la femme d’un de ses amis, Vatelin. Et si le notaire le prend plutôt bien, Victoire, elle n’est pas si simple à manipuler. Surtout, la mésaventure a lancé dans leur société un sujet – et un petit jeu étonnant autour de la fidélité des uns et des autres. Alors quand entrent dans l’arène Rediop, soupirant de Victoire, et Suzy, ancienne flamme de Vatelin, le jeu se corse encore.

Si le cinéma français aime les vaudevilles et les adaptations en tout genre de pièces de théâtre, je doute que celle-ci reste dans les mémoires. Le Dindon apporte avec lui un casting qui ne sait jamais sur quel pied danser et qui se heurte alors à tous les problèmes du genre. Dany Boon (Supercondriaque) et Alice Pol (Raid Dingue) semblent adorer travailler ensemble sauf que le duo devient souvent indigeste, peut-être car justement ils n’arrivent pas à retranscrire la finesse de la pièce à l’écran. A côté de ça, Guillaume Gallienne, pour qui j’ai énormément d’affection, n’arrive pas à trouver corde à son arc non plus. Pourtant habitué des planches et plutôt bon dans ce registre là, il n’apporte jamais rien.

Si l’on devait faire un mauvais jeu de mots avec le titre de ce film, Le Dindon de la farce c’est nous, les pigeons qui sommes aller voir ce film ridicule qui n’offre rien à part une indigestion. On nous bourre de moments bien gras, où tout est débité à la seconde pour mieux nous faire avaler cette bouillasse sans saveur. Dommage.

Note : 2/10. En bref, un raté total.

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