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Critique Ciné : Le Promeneur d'Oiseau, fabuleuse aventure

14 Mai 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Le Promeneur d’Oiseau // De Philippe Muyl. Avec Baotian Li, Yang Xin Yi et Li Xiao Ran.


Fable magnifique et aventure surprenante, Le Promeneur d’Oiseau est la bonne surprise de ce mois de mai. Philippe Muyl nous démontre encore une fois son amour de la nature (après Le Papillon avec Michel Serrault) dans une aventure au fin fond de la Chine. C’est merveilleux et du début à la fin les émotions et la beauté sont là pour en mettre plein la figure du spectateur. Ce film débute comme une comédie où un grand père et sa petite fille qui ne se sont pas vu depuis des années vont tenter de se créer des liens. La petite est insupportable mais terriblement drôle, que cela soit pour des histoires de moustiques ou encore d’entêtement. Car oui, elle est têtue et elle veut faire tout ce qu’elle veut. C’est même mignon à certains moments car le film gagne réellement des points de ce point de vue là. La relation se tisse au fil du film, ce n’est pas une relation que l’on va prendre en cours de route. Philippe Muyl capture tout ça au milieu de la Chine que l’on voit rarement à l’écran. Celle des grandes plaines, des forêts de bambou, des rivières et des champs d’oiseau. C’est tout simplement magnifique. On a envie d’être avec eux pour partager un bout de leur périple (même si traverser une si grande forêt doit être assez essoufflant).

Afin de tenir la promesse faite à sa femme, Zhigen, un vieux paysan chinois, décide de retourner dans son village natal pour y libérer son oiseau, unique compagnon de ses vieilles années. Il fera le voyage de Pékin à Yangshuo avec Renxing, sa petite-fille, jeune citadine gâtée, contrainte de partir avec lui. Ces deux êtres que tout sépare vont se dévoiler l’un à l’autre, partager des souvenirs et des aventures. La petite fille va découvrir de nouvelles valeurs, et particulièrement celles du cœur.

La grande force de ce film c’est donc cette relation mais il n’y a pas que ça. Il y a aussi les oiseaux. Mine de rien, cet oiseau que Zhigen fait voyager avec sa petite fille était une belle manière de raconter une histoire. Car cet oiseau a un passé, une signification et s’il l’emmène avec lui ce n’est pas pour rien, c’est purement et simplement pour aller le poser sur la tombe de sa femme, décédée il y a plusieurs années de ça. Il va donc tenir sa promesse, celle de revenir dans son village natal. Le village est un lieu assez étrange mais bourré de bons sentiments. Dans le registre des bons sentiments, Le Promeneur d’Oiseau aurait pu tomber dans les facilités du genre ou bien même dans l’ennui le plus total mais il n’en est rien. C’est tout le contraire qui se passe à l’écran. On a donc une aventure assez magique mine de rien. En tout cas, je ne m’y attendais pas du tout. Je savais que j’allais être ému, un peu comme avec Tel Père Tel Fils plus tôt cette année (bien que les sujets soient sensiblement différents). Je trouve que le cinéma asiatique, quand il ne nous raconte pas des histoires de kung fu à dormir debout peut faire des choses magnifiques.

C’est pourquoi, dans mon exploration du cinéma du monde entier grâce à la très belle programmation de mes cinémas que je vais à la conquête de nouveaux horizons et celui-ci est vraiment merveilleux. Par ailleurs, c’est aussi un film avec une histoire brisée, celle d’un père et de son fils. Les liens ne sont pas simples à recréer mais c’est avec énormément de simplicité que le tout va revenir de lui-même. C’est merveilleux de voir un tel film nous offrir quelque chose d’aussi beau mine de rien. En tout cas, je ne m’y attendais pas du tout. Et puis il y a la relation entre une femme et son mari qui est en train de partir en lambeau mais qui va renaitre de ses cendres grâce à une petite fille et son oiseau. C’est beau. La boucle est bouclée et le film, bien que facile pour certains, est doté malgré tout d’une certaine complexité. Il ne cherche pas à prendre le chemin le plus simple avec ses personnages et je trouve ça remarquable. En tout cas, je ne m’attendais pas du tout à ce que cela prenne de telles proportions mais je suis ravis de voir que l’on me conseille de très bons films (car oui, je te retiens très cher lecteur qui m’a presque dit de courir aller le voir).

Note : 9.5/10. En bref, une magnifique aventure.

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Tim 16/05/2014 07:44


Féministe ou pas elle est avant tout cinéphile et c'est de plus un jury qui vote et pas seulement Campion. Partant de ce postulat j'estime qu'il serait dégueulasse d'amoindrir le prestige de la
récompense cette année si une femme l'obtient. 


 

delromainzika 16/05/2014 01:25


Je me demande si le postulat féministe de Jane Campion ne va pas lui donner envie de récompenser une réalisatrice de la palme d'or.

Tim 16/05/2014 00:04


Et je plains d'avance les chroniqueurs radio qui se risqueront à parler de Léviathan en prononçant le nom du réal. 

Tim 16/05/2014 00:03


Le film des Dardenne perso je l'attend pour les Dardenne pas pour Cotillard dont la qualité de prestation est très variable selon les films.


Laurence Anyways c'était il y a deux ans à Cannes. Sinon le Nawase aussi est une très grosse attente.


 


 

delromainzika 14/05/2014 23:33


Ah non, au contraire, j'ai hâte de voir le film des frères Dardenne (j'adore tellement Marion que bon), celui d'Atom Egoyan qui a l'air d'être un gagnant potentiel, le Ken Loach et son sujet
assez étrange, le Cronenberg (je suis un grand fan du réalisateur et le sujet me plait, pourrait même être le gagnant, très actuel en plus). Mummy de Dolan qui aura problablement le prix du jury
(le patacaisse qu'il avait fait l'an dernier tout de même avec son Laurence Anyways ^^ ) . Mais bon, ce sera le film des Dardenne qui sera récompensé, c'est prévisbile. Sujet d'actualité,
Cotllard, etc. tout est réunit pour :) Peu importe, j'ai hâte :D Et y'en a d'autres mais étant donné que les noms de réal sont imprononçables ^^