21 Avril 2026
Undertone // De Ian Tuason. Avec Nina Kiri, Michelle Duquet et Keana Lyn Bastidas.
Franchement, j'attendais pas mal de choses de Undertone. Sur le papier, le pitch cochait toutes mes cases : une histoire d'horreur qui tourne autour de fichiers audio bizarres, un podcast qui dérape et une ambiance bien sombre inspirée du folk horror européen. En tant que fan du genre, j'étais forcément curieux. Ce genre de concept minimaliste, quand c'est bien fait, ça peut vraiment te retourner le cerveau. Mais voilà, après avoir vu le film, la déception prend le dessus. Le soufflé retombe beaucoup trop vite. L'histoire nous plonge dans le quotidien d'Evy. Elle vit isolée dans la maison de son enfance pour s’occuper de sa mère mourante.
Une animatrice d'un podcast emménage dans la maison de sa mère pour s'en occuper. Elle reçoit dix enregistrements audio d'un jeune couple de femmes enceintes faisant l'expérience de bruits paranormaux, elle se rend compte que l'histoire de cette femme est le reflet de la sienne.
Son seul vrai contact avec le monde, c'est son émission de radio qu’elle co-anime à distance avec son pote Justin. Leur truc, c'est de fouiller dans les archives glauques et les légendes urbaines d'internet. Tout bascule quand ils reçoivent des enregistrements anonymes. Très vite, on comprend que ce n'est pas juste un canular de plus, mais quelque chose de bien plus malsain. Il faut reconnaître que la première partie du film fait le job. La tension monte doucement et c'est là que le réalisateur s'en sort le mieux. Le travail sur le son est super intéressant : les bruits de fond, les voix qui partent en vrille, les silences pesants... ça crée une vraie immersion.
Il y a surtout une idée que j'ai trouvée géniale : le casque audio. Dès qu'Evy le met sur ses oreilles, elle est coupée de la réalité. On sent ce décalage flippant entre ce qu'elle écoute et ce qui pourrait se passer juste derrière elle, dans son dos, sans qu'elle entende quoi que ce soit. Le souci, c'est que le film finit par se prendre les pieds dans le tapis à force de répéter la même boucle. On écoute un son, on doute, on stresse, et on recommence. Au bout de la quatrième fois, l'effet de surprise disparaît et l'ennui pointe le bout de son nez. C'est dommage parce que l'idée de départ était vraiment solide, mais elle ne tient pas la distance sur un long-métrage. En plus de ça, le scénario s'éparpille complètement.
Le film veut parler de la fin de vie, d'une grossesse potentielle, de problèmes d'alcoolisme passés, tout en essayant d'installer une mythologie de démons sur la fin. Résultat ? On survole tout et on n'approfondit rien. On a l'impression que le réalisateur a voulu mettre toutes ses idées dans le même panier sans chercher à créer un lien logique entre elles. Cette confusion explose carrément dans la dernière partie. Alors qu'on espérait un truc un peu fin, un peu psychologique, le film tombe dans les gros sabots du cinéma d'horreur classique. On nous balance des explications rapides, du folklore et des démons sans aucune subtilité. Le changement de ton est super brutal.
On passe d'un malaise pesant à un enchaînement de clichés qu'on a déjà vus mille fois ailleurs. C'est d'autant plus frustrant que visuellement, il y avait de l'idée. Le fait de rester enfermé dans cette baraque sombre renforce le côté claustro. Les couloirs vides et la déco religieuse un peu partout auraient pu donner une ambiance incroyable si le reste avait suivi. Mais là encore, on reste à la surface des choses. Heureusement, Nina Kiri sauve un peu les meubles. Elle est hyper crédible dans le rôle d'Evy, toujours sur le fil, épuisée et nerveuse. On sent qu'elle s'implique à fond, mais le script ne lui donne pas assez de biscuits pour qu'on s'attache vraiment à elle. Les autres personnages sont presque invisibles.
C'est logique pour l'isolement d'Evy, mais ça rend les interactions assez artificielles, même avec Justin à l'autre bout du micro. On sent aussi que le film est un peu trop fan de. On passe son temps à comparer Undertone à d'autres classiques du genre qui mélangeaient deuil et surnaturel. Coucou Hereditary. À force de vouloir rendre hommage ou de copier les codes, le film oublie d'avoir sa propre personnalité. On coche les cases, mais l'âme n'y est pas vraiment.
Note : 4.5/10. En bref, Undertone se cherche sans jamais se trouver. Est-ce un drame sur le deuil ? Un thriller audio ? Un film de possession ? En essayant d'être tout ça à la fois, il finit par être un peu vide. Ce n'est pas un navet, loin de là, et il y a des passages sonores qui valent le détour, mais c'est trop bancale pour marquer les esprits. C'est une première tentative intéressante, mais ça ressemble plus à un exercice de style qu'à un vrai grand film d'horreur. Si vous êtes vraiment accro au genre, ça se regarde, mais n'en attendez pas des miracles.
Prochainement en France
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