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Critique Ciné : Savages, folie furieuse...

4 Novembre 2012 , Rédigé par Ca Déborde de Potins, by delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Savages // De Oliver Stone. Avec Taylor Kitsch, Aaron Taylor-Johnson et Blake Lively.


Après le pamphlet politique sur George W. Bush, Oliver Stone s'occupe d'un sujet bien plus intéressant encore : la drogue et son terrible business. On n'avait pas vu Oliver Stone aussi stone depuis l'excellent L'enfer du Dimanche et pour tout vous dire, ça fait du bien. Le scénario sous acide est surement l'une des plus grandes forces de Savages, mais les comédiens semblent eux aussi avoir goûté aux plaisirs de cette drogue à laquelle O est accro. Sans pour autant être le film le plus intelligent qu'il soit, il n'en oublie pas pour autant de parler au spectateur de façon intelligible. Je pense notamment aux moments où la voix off de Blake Lively intervient pour nous en dire un peu plus sur le monde de sauvage que le film tente de nous faire découvrir. Tout débutait d'ailleurs de façon très sexuelle pour couper net les envies du spectateur avec des images dégueulasses et surtout particulièrement effrayantes.

Laguna Beach, Californie : Ben, botaniste bohème, Chon, ancien Navy Seal, et la belle O partagent tout. Ben et Chon sont à la tête d’un business florissant. Les graines ramenées par Chon de ses missions et le génie de Ben ont donné naissance au meilleur cannabis qui soit. Même s’il est officiellement produit pour des raisons thérapeutiques, ils en dealent partout avec la complicité de Dennis, un agent des stups. Leur affaire marche tellement bien qu’elle attire l’attention du cartel mexicain de Baja, dirigé d’une main de fer par Elena. Face à leur proposition d’"association", Chon est partisan de résister par la force, mais Ben préfère tout abandonner. Pour les contraindre à coopérer, le cartel kidnappe O. Elena a eu raison d’utiliser les liens très forts du trio, mais elle a aussi sous-estimé leur capacité à réagir… C’est le début d’une guerre entre l’organisation du crime dont le bras armé, Lado, ne fait aucun cadeau et le trio. Qu’il s’agisse de pouvoir, d’innocence, ou de la vie de ceux qu’ils aiment, tout le monde a quelque chose à perdre.

Le scénario est donc assez fort pour porter un sujet pourtant classique et éculé. Le traitement est intéressant et nous fait voyager au travers de divers personnages secondaires farfelus. Comment ne pas aimer l'excellente Salma Hayek qui peut très bien surprendre son monde en folle furieuse ou Benicio del Toro incontrôlable et amusant à la fois. La plus grande faiblesse du film c'est O. Etrangement, celle qui fait le lien entre tout ce qui se passe dans le film est l'élément le moins intéressant. Blake Lively (Gossip Girl) est pourtant bonne (pas dans le sens que le cinéphile aurait préféré malheureusement), mais ce n'est pas suffisant pour faire frémir le spectateur devant son écran. Savages s'amuse donc du début à la fin avec une histoire construire comme une toile d'araignée entre les personnages. C'est efficace et l'on ne pouvait pas en demander plus de la part d'Oliver Stone.

Derrière un film violent et déconstruit, Savages cache une petite prouesse dans la carrière du réalisateur. Loin pourtant d'être un chef d'oeuvre en matière de réalisation, le tout est plutôt bien monté. Faisant écho au meilleur de la filmographie du réalisateur, on est ici en face d'un film inspiré par des personnages qui en font sa force. Je n'oublie pas le toujours très convaincant Taylor Kitsch, malheureusement désavoué par le public américain (le bide de John Carter, le succès très mitigé de Battleship) qui avec Aaron Taylor Johnson forme un duo efficace. Globalement, je pense que c'est aussi le genre de film que l'on peut soit détester soit adorer. Malheureusement il n'y a pas de juste milieu de ce que j'ai pu en ressentir. J'ai même trouvé le voyage beaucoup trop court (alors que certaines longueurs m'ont pourtant embêter) jusqu'au final surprise mais excellent.

Note : 8.5/10. En bref, un film énergique, vivant grâce à ses seconds rôles (notamment l'étonnante Salma Hayek) et à l'historie traitée sous acide.

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