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Critique Ciné : The Normal Heart, bouleversante histoire

27 Mai 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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The Normal Heart // De Ryan Murphy. Avec Mark Ruffalo, Julia Roberts et Matt Bomer.


Après Ma vie avec Liberace, l’an dernier, HBO a produit cette année The Normal Heart, un téléfilm de Ryan Murphy adapté de la pièce du même nom de Larry Kramer. Plus tôt cette année il y a eu Dallas Buyers Club qui racontait comment un homme atteint du SIDA avait tenté de s’en sortir tant bien que mal et avait réussi à s’acheter des années supplémentaires en prend soin de se guérir lui-même. The Normal Heart est différent, notamment car il prend le SIDA au début de l’épidémie. La première partie se concentre sur la manière dont les gays ont commencé à prendre conscience de la dangereusement de ce virus mais aussi comment une femme, Emma Brookner, a tenté de trouver un moyen de guérir ce virus en faisant des essais cliniques. Julia Roberts est époustouflante dans ce rôle, une femme forte qui, depuis son fauteuil roulant a tenté de changer les mentalités de la hiérarchie médicale américaine. Le personnage le plus important ce n’est pourtant pas elle mais l’activiste pour les droits des homosexuels Ned Weeds incarné par Mark Ruffalo (Avengers).

Une adaptation de la pièce The Normal Heart, qui décrit la montée en puissance du virus du sida dans les années 80 et le combat d'un écrivain-activiste, Ned Weeks, fondateur d'un groupe d'aide luttant contre la maladie.

J’ai été énormément touché par ce téléfilm. A la fois pour l’histoire d’amour qu’il dépeint entre Ned et Felix Turner (incarné par Matt Bomer - White Collar, Magic Mike -) mais aussi pour le combat qu’il y a derrière ce téléfilm. Je pense qu’au fond ce film a encore toute sa légitimité aujourd’hui parlant d’un fait de société où les gays ne sont pas encore totalement accepté par la société. Les mentalités évoluent mais ce n’est pas facile de le faire. La preuve en est dans le combat du groupe d’aide luttant contre la maladie mené par Ned Weeks. Je pense que ce que je retiens avant tout, au delà du propos, c’est que mes yeux sont explosé par ce sentiment d’avoir vécu une expérience lacrymale très intense. Ryan Murphy sait très bien s’y prendre avec son scénario, choisissant de filmer ça de la façon la plus lumineuse qu’il soit. Car le téléfilm ne cherche pas à perdre espoir qu’un jour la maladie puisse être guérir. Car ce virus sévit encore dans le monde de nos jours et aucun vaccin n’a encore réussi à montrer son efficacité. Du coup, The Normal Heart est presque encore très actuel. Surtout la seconde partie qui se charge du combat contre la maladie mais aussi pour que les institutions aient les fonds nécessaire pour tenter de trouver un remède.

C’est là que des personnages comme Ned ou encore Emma entrent réellement en jeu. De même que Bruce Niles (incarné par Taylor Kitsch) qui est leur porte parole. Ce qu’il y a d’assez flagrant là dedans c’est tout de même que l’on aurait pu tomber dans l’accumulation de clichés gays et donc ne pas vraiment faire quelque chose de pertinent. Fort heureusement, Ryan Murphy et Larry Kramer font en sorte de nous offrir quelque chose de beaucoup plus intense tout en nous montrant l’envers du décor de l’époque. On ne cherche donc pas à radicaliser la vision du milieu gay que l’on a déjà pu voir dans de nombreux films (le sexe et encore le sexe, la drogue, etc.). Le début sert de petite introduction au fait que les gays pratiquent énormément le sexe sous la justification que « They think sex is all they have ». Dans un monde où l’homosexualité a été catégorisée comme une déviance et anormale, la réflexion n’est pas bête. Aujourd’hui les pratiques sont différentes et la sensibilisation également par la même occasion. C’est d’autant plus intéressant que les films sur le SIDA ne débutent jamais aussi tôt (Dallas Buyers Club commence en 1985, année où Ronald Reagan mentionne pour la première fois le SIDA). The Normal Heart est donc une vraie pépite. Ryan Murphy prouve encore une fois qu’il sait très bien s’y prendre en parlant d’un sujet qui lui tient à coeur.

Note : 9/10. En bref, magnifique et particulièrement touchant.

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