Critiques Séries : Law & Order Toronto: Criminal Intent. Saison 2. Episode 7.

Critiques Séries : Law & Order Toronto: Criminal Intent. Saison 2. Episode 7.

Law & Order Toronto: Criminal Intent // Saison 2. Episode 7. The Man in the Stadium.

 

La deuxième saison de Law & Order Toronto: Criminal Intent continue son chemin avec un septième épisode qui, comme les précédents, tente de renouveler légèrement sa formule. Après une incursion dans l’univers carcéral lors de l’épisode 6, cette semaine, c’est sur une scène de spectacle que tout commence, dans un lieu bien connu des Torontois : le Rogers Centre. Et ce simple changement d’environnement apporte déjà un regain d’intérêt, même si la série reste fidèle à ses mécaniques. L’épisode débute dans un contexte plutôt inhabituel pour une série policière : un humoriste canadien célèbre s’effondre sur scène lors d’une répétition. 

 

Mort subite ? Accident ? Pas si simple, évidemment. Graff et Bateman sont appelés sur les lieux et, rapidement, l’enquête s’oriente vers une mort suspecte. Le contraste entre le monde du spectacle et l’atmosphère plus austère des policiers donne le ton : cet épisode veut explorer un autre univers, celui de l'humour, des coulisses, de la notoriété, et de ce qui peut se jouer dans l’ombre des projecteurs. L’un des points positifs que l’on peut accorder à cet épisode, c’est ce changement de décor. Le Rogers Centre, gigantesque, déserté en journée, se prête bien à une intrigue où le vide et le silence deviennent presque des personnages à part entière. 

Les couloirs techniques, les loges, les coulisses : on sent que la production a voulu exploiter au mieux cet espace, ce qui permet à l’épisode d’avoir une atmosphère un peu différente. Comme dans l’épisode précédent se déroulant en prison, ce déplacement du terrain de jeu habituel apporte une forme de fraîcheur. Cela dit, il ne faut pas s’y tromper : même si le lieu change, la trame suit encore les codes classiques de la franchise. Le déroulement de l’enquête, les interrogatoires, les rebondissements, tout est très codifié. Ce n’est pas forcément un défaut, surtout si on apprécie le confort narratif des séries procédurales, mais on reste dans du connu. 

 

Le crime, lui, n’est finalement qu’un prétexte pour explorer les relations interpersonnelles dans ce microcosme du show-business. Impossible de parler de l’épisode sans revenir, comme toujours, sur la prestation d’Aden Young dans le rôle de l’inspecteur Graff. S’il n’a toujours pas trouvé sa voix propre dans cette série, et reste à mille lieues du magnétisme de Vincent D’Onofrio dans la version américaine de Criminal Intent, il semble ici un peu plus impliqué. Moins figé, moins robotique, un peu plus nuancé, même si l’ensemble reste encore trop lisse.

Il faut peut-être mettre cela au crédit du scénario, qui donne à son personnage quelques scènes plus personnelles, ou du moins moins fonctionnelles. Il n’est pas seulement là pour aligner les questions ou dérouler le fil logique de l’enquête. On sent une tentative de le faire exister davantage. Ce n’est pas encore totalement réussi, mais il y a du progrès. Du côté de Bateman, la constance est là. Le personnage reste fiable, avec une énergie discrète mais présente. Elle apporte souvent une touche plus humaine à l'enquête, une manière d’écouter les témoins ou de réagir aux situations qui donne un peu de profondeur aux scènes. 

 

On aimerait cependant que la série lui offre plus d’espace pour exister en dehors de sa dynamique avec Graff. C’est une partenaire solide, mais elle mérite un traitement narratif un peu plus ambitieux. Leur relation, quant à elle, stagne. Il n’y a pas d’évolution marquée dans leur duo. Ils collaborent, ils échangent quelques répliques pince-sans-rire, mais il manque encore une vraie alchimie ou une dynamique propre. Peut-être que les scénaristes préfèrent éviter les ficelles relationnelles classiques (complicité, tension, rivalité), mais à force de neutralité, la relation devient presque transparente.

Ce qui frappe dans cet épisode, comme dans d’autres cette saison, c’est la volonté de la série de s’ouvrir à d’autres univers, sans vraiment aller au fond des choses. L’univers du stand-up, ses codes, ses tensions, ses hypocrisies, aurait pu être un terrain fertile. Mais la série reste en surface. Quelques allusions au succès, aux rivalités entre humoristes, aux coulisses d’un show, mais rien de très approfondi. L’humoriste décédé aurait pu être un personnage fascinant, s’il avait été mieux construit. Mais il reste surtout un prétexte, une figure dont on parle plus qu’on ne la découvre. 

 

L’entourage professionnel est là pour remplir les rôles attendus : l’agent, le collègue jaloux, la compagne éplorée. Tout est en place, mais sans réelle surprise. On en revient toujours à cette question : jusqu’où la série peut-elle se renouveler sans perdre ce qui fait son identité ? Criminal Intent, dans toutes ses versions, repose sur un schéma précis : un crime complexe, une enquête méthodique, et une résolution psychologique. Mais dans sa version torontoise, on sent parfois une hésitation entre rester fidèle à cette mécanique et vouloir moderniser un peu l’approche. Résultat : on a des épisodes solides, mais rarement marquants.

Cet épisode 7 ne fait pas exception. Il se regarde facilement, il contient quelques bons moments, et il tente des choses. Mais il ne reste pas vraiment en mémoire. Le décor change, l’enquête suit son cours, et au final, on a le sentiment d’avoir assisté à une variation bien réalisée, mais sans grand impact. Avec cet épisode 7, Law & Order Toronto: Criminal Intent montre une volonté de varier les décors, de sortir des sentiers battus, et c’est une intention louable. Le choix du Rogers Centre comme scène de crime donne un peu de relief à l’épisode. L’enquête, elle, reste bien menée, mais sans éclat. Et les personnages, même s’ils évoluent légèrement, manquent encore de substance pour vraiment porter l’ensemble.

 

Ce n’est pas un épisode raté, loin de là. C’est un épisode qui fait ce qu’on attend de lui. Mais il illustre aussi les limites actuelles de cette version canadienne de la franchise : un certain confort visuel et narratif, une absence de prise de risque, et une difficulté à imposer une véritable identité. On continue de regarder, en espérant que la série ose enfin aller plus loin.

 

Note : 5/10. En bref, la série reste dans sa propre médiocrité et c’est dommage car elle aurait pu faire tellement mieux. 

Prochainement sur Universal+ et 13ème Rue

 

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