Critiques Séries : Law & Order Toronto: Criminal Intent. Saison 3. Episode 8.

Critiques Séries : Law & Order Toronto: Criminal Intent. Saison 3. Episode 8.

Law & Order Toronto: Criminal Intent // Saison 3. Episode 8. The Winning Bid.

 

Avec ce huitième épisode de la saison 3, intitulé "The Winning Bid", Law & Order Toronto: Criminal Intent prouve qu’elle a enfin trouvé son rythme de croisière. On oublie les balbutiements des débuts : la série s'attaque ici à un sujet qui parle à tout le monde, surtout quand on connaît la réalité du marché à Toronto, à savoir la spéculation immobilière et ses dérives les plus sombres. Tout commence de manière assez brute dans un skatepark. Un meurtre, un coup de couteau, une victime qui semble être là au mauvais moment. Mais comme souvent avec Graff et Bateman, le fil qu'ils tirent au départ nous emmène bien plus loin que prévu. 

 

On quitte rapidement le bitume du parc pour entrer dans les bureaux feutrés et les chantiers de construction où les millions de dollars font perdre la tête à pas mal de monde. Ce qui est réussi ici, c'est la façon dont l'épisode traite la crise du logement sans nous faire un cours magistral. On sent la tension permanente de cette ville où chaque mètre carré est une bataille. L’enquête nous montre l’envers du décor : les investissements un peu louches, les pressions constantes et ce sentiment que l'humain passe bien après le profit. C’est un thème vu et revu, mais il est traité avec assez de réalisme pour qu’on y croie vraiment.

L’intrigue est particulièrement dense. Pour être honnête, ça s’enchaîne tellement vite qu’il faut rester bien concentré pour ne pas perdre le fil des magouilles financières. On multiplie les suspects et les pistes, et même si certains rebondissements se sentent venir un peu à l’avance, l’ensemble tient la route. La construction est solide et on n'a pas le temps de s'ennuyer. L’épisode joue intelligemment avec nos attentes. On pense tenir le coupable, puis la perspective change dès qu'une nouvelle transaction immobilière fait surface. C’est efficace, bien rythmé, et ça évite le piège de l’épisode "remplissage" qu’on redoute parfois en milieu de saison.

 

Le gros point positif de cette saison 3, c'est vraiment l'évolution du duo principal. Au début, le courant passait, mais il manquait un petit quelque chose. Dans cet épisode, la dynamique est parfaite. Graff et Bateman sont devenus complémentaires. Leurs échanges durant les interrogatoires sont beaucoup plus fluides et naturels. On sent une vraie complicité professionnelle qui s'est installée. Bateman prend de plus en plus de place, et c’est tant mieux. Elle n’est plus juste l’ombre de son partenaire, elle apporte son propre regard et ses propres intuitions. Quant à Graff, il commence à montrer quelques failles, ou en tout cas une certaine sensibilité qu’il cachait bien jusqu'ici. 

Il n’est plus simplement la machine à résoudre des crimes, il devient plus humain, plus nuancé. Visuellement, l'équipe a fait un bel effort. On sent que la réalisation a monté d'un cran. Toronto est filmée de manière sobre, sans artifices inutiles, mais avec une vraie identité. On reconnaît les quartiers, on sent l'ambiance de la ville, même si on aimerait parfois que la série ose explorer des lieux encore plus emblématiques pour renforcer ce côté local. La conclusion de l'épisode mérite qu'on s'y attarde. Ce n’est pas le genre de fin où tout est réglé avec un grand sourire. On termine sur quelque chose de plus calme, presque mélancolique. 

 

On voit un Graff un peu pensif, marqué par les implications morales de l’affaire. C’est ce genre de détails qui donne de la profondeur à une série policière et qui fait qu’on s’attache aux personnages sur le long terme. "The Winning Bid" ne révolutionne pas le genre, mais il fait le job, et il le fait bien. C’est un épisode solide, bien ancré dans son époque, qui utilise parfaitement les tensions sociales actuelles pour nourrir son scénario. On sent que la série a désormais une identité propre, bien distincte de ses grandes sœurs américaines.

 

Note : 6.5/10. En bref, si vous suivez la saison, cet épisode confirme que la qualité est constante. Pour les autres, c’est une excellente porte d’entrée pour comprendre ce que Law & Order Toronto a dans le ventre. On a hâte de voir si la fin de saison gardera cette intensité et cette justesse dans le traitement des personnages. Une chose est sûre : Graff et Bateman n'ont pas fini de nous surprendre.

Prochainement en France

 

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