Critiques Séries : Law & Order Toronto: Criminal Intent. Saison 2. Episode 10 (season finale)

Critiques Séries : Law & Order Toronto: Criminal Intent. Saison 2. Episode 10 (season finale)

Law & Order Toronto: Criminal Intent // Saison 2. Episode 10. Tango Romeo.

SEASON FINALE

 

La deuxième saison de Law & Order Toronto: Criminal Intent touche à sa fin avec un épisode qui, sans révolutionner le genre, laisse une impression globalement positive. Ce dixième chapitre poursuit dans la lignée des deux précédents épisodes en consolidant une dynamique de série enfin plus assumée. Ce n’est pas un final spectaculaire ni mémorable, mais il a le mérite de bien refléter l’évolution que la série a connue au fil de la saison. L’intrigue démarre sur un meurtre presque banal en apparence : un agent de voyages d’âge moyen est retrouvé mort à l’extérieur de sa maison à Mimico, un quartier de Toronto situé au bord du lac. Le contraste entre la tranquillité du décor et la violence de l’acte donne immédiatement le ton. 

 

C’est typiquement le genre d’affaire qui permet à une série policière de se concentrer sur les relations humaines, les faux-semblants, et les secrets enfouis sous la normalité. Ce choix d’un crime ordinaire, dans un quartier résidentiel sans éclat, fonctionne plutôt bien. Il s’inscrit dans une volonté manifeste de la série de revenir à des enquêtes plus ancrées, moins tape-à-l’œil que certains épisodes de la première saison ou du début de la deuxième. La vraie nouveauté de cet épisode tient dans l’introduction du demi-frère de Graff. Ce nouvel élément vient enrichir un personnage qui, jusqu’ici, peinait à susciter un véritable attachement. 

On a souvent reproché à Henry Graff d’être trop froid, trop mécanique, et surtout d’avoir du mal à s’émanciper du modèle que représentait Bobby Goren dans la version américaine. Avec ce demi-frère, on entrevoit une dimension plus personnelle, plus humaine. La série ne tombe pas dans le piège du mélodrame, mais elle laisse entrevoir quelques fissures dans la carapace du personnage, ce qui est bienvenu. Cela permet aussi d’élargir un peu l’univers de la série, souvent trop centré sur le duo d’enquêteurs. Depuis quelques épisodes, on sent que Law & Order Toronto a trouvé un certain rythme. 

 

Le tandem Graff/Bateman fonctionne mieux, leurs échanges sont moins rigides, plus naturels, parfois même teintés d’un humour discret mais bienvenu. Là où les premiers épisodes de la saison donnaient l’impression d’un duo contraint, on a désormais affaire à une relation plus fluide, crédible, avec ses habitudes et ses points de friction. Ce n’est pas encore une relation aussi marquante que dans d’autres séries policières du même genre, mais on sent une progression. Surtout, les épisodes 8, 9 et 10 ont su donner un peu plus d’espace aux personnages secondaires, ce qui allège la pression sur les deux protagonistes principaux et permet de diversifier les interactions.

Sur le plan purement narratif, l’enquête reste dans un schéma traditionnel. On interroge, on découvre un mobile, on doute, puis on avance vers la résolution. Rien de très innovant, mais tout est exécuté proprement. L’écriture ne cherche pas à faire dans l’effet de surprise gratuit, et le rythme de l’épisode reste soutenu sans se précipiter.  Ce qui est appréciable ici, c’est que même sans twist majeur ou retournement de situation inattendu, l’intrigue reste prenante. Elle tire sa force d’un enchaînement logique, cohérent, et d’un traitement des personnages secondaires plutôt juste. Ce genre de polar télévisuel gagne parfois à ne pas en faire trop.

 

Ce dernier épisode ne sauve pas toute la saison, mais il vient clôturer une progression assez nette. Les débuts de la saison 2 étaient hésitants, souvent plats, avec un acteur principal qui semblait encore mal à l’aise dans ses baskets. Mais au fil des épisodes, des ajustements ont été faits. L’univers de la série est devenu plus cohérent, les intrigues mieux construites, les dialogues plus naturels. Ce n’est pas encore une série qui marque durablement, mais elle commence à se stabiliser. La comparaison avec la série originale américaine reste inévitable, mais elle n’est plus aussi pesante qu’en début de saison. 

Et si on la compare à sa cousine française — Paris : Enquêtes Criminelles — qui avait su injecter plus de tension dramatique dans son traitement, Law & Order Toronto semble opter pour une approche plus mesurée, presque sage, mais qui commence à porter ses fruits. L’épisode 10 de cette deuxième saison n’est pas un grand final, mais il conclut l’ensemble avec une certaine constance. Il reprend les éléments qui ont bien fonctionné dans les épisodes précédents et les assemble dans un tout cohérent. Pas de grand moment de tension, pas de surprise de dernière minute, mais une enquête solide, une évolution des personnages, et un peu plus de consistance dans l’univers de la série.

 

C’est probablement la meilleure chose à retenir de cette fin de saison : Law & Order Toronto: Criminal Intent commence enfin à ressembler à la série qu’elle cherche à être depuis ses débuts. Ce n’est pas encore tout à fait abouti, mais on n’est plus dans les tâtonnements du début. Si la série continue dans cette voie, en approfondissant ses personnages et en variant un peu plus ses intrigues, elle pourrait gagner en intérêt pour la suite.

 

Note : 5.5/10. En bref, une conclusion de saison correcte, sans éclats mais avec des bases solides.

CityTV a renouvelé Law & Order Toronto: Criminal Intent pour une saison 3 de 10 épisodes. 

 

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