Critiques Séries : Down Cemetery Road. Saison 1. Episode 6.

Critiques Séries : Down Cemetery Road. Saison 1. Episode 6.

Down Cemetery Road // Saison 1. Episode 6. Neglected Waters.

 

L’épisode 6 de Down Cemetery Road, intitulé « Neglected Waters », marque un moment particulier dans la saison. Tout commence à converger vers un même endroit, mais la série se garde bien de réunir réellement ses personnages. Cette manière de les faire tourner autour du même point géographique, sans les laisser se rencontrer trop vite, crée un sentiment d’imminence très particulier. J’ai eu la sensation d’arriver au bord d’un final, même si l’épisode suivant n’est pourtant pas annoncé comme tel. L’ambiance de cet épisode repose moins sur de nouvelles révélations que sur une sorte d’approche silencieuse. 

 

Le tableau général est maintenant clair : une affaire trouble, des opérations militaires opaques, une enfant prise au milieu de tout cela et des adultes qui s’accrochent à leurs propres motivations. Cet épisode, lui, ralentit le pas pour accompagner les trajectoires de chacun dans une même direction.  L’épisode reprend là où le précédent s’était arrêté, avec Zoe sur les traces d’Amos. Leur présence commune dans un train de nuit vers l’Écosse installe d’emblée une tension étrange. Quand Amos réalise qu’elle le suit, il ne se cache pas. Il vient s’asseoir à proximité, comme s’il voulait rappeler qu’il a un temps d’avance. J’ai trouvé cette stratégie assez révélatrice de son rapport à la violence : un mélange d’assurance et d’une volonté de marquer le terrain.

Pour gagner du temps, Zoe engage la conversation avec un couple d’Américains assis juste à côté. Un geste anodin, mais qui montre à quel point elle sait improviser. Derrière cette façade bavarde, il y a surtout beaucoup de peur. C’est une facette de son personnage que je trouvais moins visible jusqu’ici, et qui lui donne un relief différent. La course-poursuite dans les wagons fonctionne bien, pas seulement pour le suspense mais pour ce qu’elle raconte : Zoe est débrouillarde, mais vulnérable. Elle finit par lui échapper pour la nuit, presque par accident. Malheureusement, cette distance lui coûte cher. 

 

Le lendemain, Amos détourne le taxi du couple, les élimine froidement, signale Zoe à la police en lui collant une fausse description, puis laisse sur place une photo compromettante. Toute la scène est glaçante, surtout parce qu’elle s’inscrit dans la banalité d’un petit matin de voyage. Pendant que Zoe tente d’échapper à Amos, Sarah se retrouve de nouveau livrée à elle-même. Downey disparaît dans la nuit sans un mot, laissant Sarah dans les bois. Elle finit par rejoindre la ville à pied et capte au passage un fragment de conversation sur une ancienne base militaire. C’est suffisant pour rediriger sa route. Son arrivée sur le site ressemble presque à une scène de comédie involontaire. 

Son accoutrement improvisé, combiné à son souffle court et à une canette qui lui échappe, crée un décalage amusant au milieu d’une intrigue sombre. Ce mélange donne à l’épisode une respiration inattendue. Cela n’enlève rien à l’efficacité de sa progression : malgré sa maladresse, Sarah tombe sur des indices pertinents… sans tomber au bon endroit. Elle croit un instant être arrivée à destination, mais la mise en scène joue avec l’espace pour révéler un autre visage : Zoe est déjà là. Leurs retrouvailles fonctionnent immédiatement. Leur dynamique un peu bancale apporte une dimension humaine à ce qu’elles sont en train de traverser. Elles ne restent pas ensemble longtemps, chacune explorant ce qu’elle croit être la bonne piste.

 

Zoe repère des pêcheurs qui transportent régulièrement des cargaisons vers une île voisine. Sarah, elle, observe une carte accrochée au mur d’un pub. C’est ce détail presque anodin qui lui permet de comprendre qu’un îlot a été volontairement masqué sur les cartes officielles. Ce genre de petit moment offre à Sarah une crédibilité que je ne lui accordais pas forcément jusque-là. Elle écoute, elle fait des liens, elle avance. Une annonce de la police interrompt l’atmosphère du pub : une femme correspondant à la description de Zoe serait impliquée dans un double meurtre. Tout repose sur le récit tordu d’Amos. Ce renversement transforme Zoe en fugitive en quelques secondes.

Sarah décide alors de couvrir Zoe, littéralement, en lui prêtant une casquette empruntée. Leur fuite improvisée vers un bateau tient plus du burlesque que du thriller, mais cette légèreté rend l’ensemble plus digeste. Derrière l’humour, il y a l’angoisse d’une femme traquée, désignée coupable d’un crime commis par un autre. Les deux finissent par s’emparer d’une embarcation et partent vers l’île qui échappe aux cartes. En parallèle, Downey se dirige lui aussi vers cette île, tandis qu’Amos avance dans la même direction. Malik les suit également, armé et chargé de régler ce qui restera une fois les deux hommes face à face. 

 

Ce croisement de trajectoires annonce un affrontement, mais l’épisode choisit de maintenir la tension sans la décharger. C’est cette accumulation qui m’a donné l’impression d’être devant un avant-dernier épisode. Tout se resserre, tout se dirige vers un même point, mais rien n’explose encore. Pour Sarah, cet épisode marque un tournant. Abandonnée par Downey, elle pourrait renoncer. Pourtant, elle continue, par instinct, par obstination ou par besoin de comprendre ce qui s’est réellement passé autour de Dinah. Son intuition la guide, même si tout ne repose pas sur une logique claire. Ce mélange d’hésitations et d’élans rend son parcours plus crédible. Zoe, de son côté, traverse peut-être son moment le plus fragile depuis le début de la série. 

La peur la rend encore plus humaine, mais ne l’empêche pas d’agir. Sa rivalité silencieuse avec Amos devient l’un des moteurs principaux de l’épisode. Quant à Amos, ses gestes posés et sa manière d’utiliser les autres comme accessoires renforcent son image d’homme dangereux. Sa façon de manipuler la situation pour incriminer Zoe montre qu’il joue désormais sans retenue. L’épisode 6 ressemble à une longue marche vers un point de rupture. Pas de révélation majeure, pas de retournement spectaculaire, mais une succession de petits mouvements qui resserrent l’étau. Tous les chemins mènent à cette île, et chacun transporte ses propres motivations, sa propre fatigue et un degré variable de désespoir.

 

Le prochain épisode aura forcément du poids, vu l’accumulation de forces en présence. Mais la série garde encore une marge d’incertitude : rien ne garantit que tout se résoudra là. L’épisode 6 fonctionne comme une respiration maîtrisée avant quelque chose de plus tranchant.

 

Note : 7.5/10. En bref, l’épisode 6 ressemble à une longue marche vers un point de rupture. Pas de révélation majeure, pas de retournement spectaculaire, mais une succession de petits mouvements qui resserrent l’étau.

Disponible sur Apple TV

 

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