Critiques Séries : Fallout. Saison 2. Episode 7.

Critiques Séries : Fallout. Saison 2. Episode 7.

Fallout // Saison 2. Episode 7. The Handoff.

 

L’épisode 7 de la saison 2 de Fallout agit comme un point de bascule. Après plusieurs chapitres consacrés à préparer le terrain, cet avant-dernier épisode commence enfin à relier certaines intrigues majeures, tout en laissant persister une impression d’éparpillement. L’ensemble avance, parfois maladroitement, mais avec suffisamment d’éléments pour donner envie de voir comment la série compte conclure cette saison. L’ouverture consacrée à Stephanie Harper apporte une réponse attendue depuis longtemps. Le personnage, jusqu’ici volontairement opaque, prend une toute autre dimension à travers ce retour dans le passé. La représentation de l’annexion du Canada par les États-Unis élargit brutalement le champ de la série. 

 

Fallout cesse momentanément de regarder uniquement son désert américain pour montrer que la violence du monde d’avant ne se limitait pas aux futures zones irradiées. Cette séquence, courte mais marquante, replace Stephanie dans une logique de survie forgée bien avant les abris. Son rapport aux autres, froid et utilitaire, trouve ici une origine cohérente, même si l’épisode n’explore pas encore pleinement les conséquences de cette trajectoire sur le présent. Ce regard porté sur le Canada permet aussi de rappeler une idée centrale de la saison : les horreurs du monde ne sont pas nées avec les bombes. Elles existaient déjà, simplement dissimulées derrière des discours politiques et des frontières redessinées. 

Cette thématique fait écho aux flashbacks consacrés à Cooper, qui restent parmi les passages les plus solides de l’épisode. Le contraste entre l’homme qu’il était et le Ghoul qu’il est devenu continue de fonctionner, notamment à travers sa décision de confier le Cold Fusion à une figure politique supposée intègre. Ce choix, présenté comme raisonnable sur le moment, prend une tonalité tragique lorsque la série révèle ce qu’il est advenu de cette tentative de “bonne décision”. La découverte du rôle de Diane Welch, réduite à un élément central du système de contrôle mental, renforce ce sentiment d’échec collectif. 

 

Fallout insiste ici sur une idée déjà présente dans les épisodes précédents : vouloir bien faire ne protège de rien. Le pouvoir, même confié avec prudence, finit par être récupéré, déformé, instrumentalisé. Cette révélation éclaire différemment la chute du monde et donne davantage de poids aux erreurs commises avant l’apocalypse. Lucy se retrouve une nouvelle fois au cœur de ce dilemme moral. L’épisode 7 poursuit le travail amorcé dans l’épisode 6 en la confrontant à une version “apaisée” du futur, obtenue par l’effacement pur et simple des souvenirs. Face à ces Wastelanders dociles, Lucy doute. Le choix de montrer cette hésitation est pertinent, car il rappelle que refuser la violence ne signifie pas forcément choisir la liberté. 

Sa décision finale, qui consiste à rejeter cette illusion de paix, marque une rupture nette avec l’influence de son père. Hank apparaît ici plus que jamais comme un homme prêt à tout justifier au nom de l’ordre, quitte à nier l’humanité même de ceux qu’il prétend sauver. Norm, bien que moins présent, incarne une autre forme de résistance. Son isolement, sa lucidité grandissante et le silence imposé par son propre père donnent à son arc une dimension tragique plus discrète. La série semble volontairement retarder son moment clé, au risque de frustrer, mais tout indique que son rôle prendra un sens plus large dans le final. À la surface, l’alliance temporaire entre Maximus, Thaddeus et le Ghoul apporte un souffle plus aventureux à l’épisode. 

 

Le passage par l’armurerie de la NCR et l’apparition de l’armure modifiée symbolisent bien l’évolution de Maximus. Ce n’est plus la puissance brute de la Confrérie qu’il recherche, mais une forme de légitimité morale. Cette progression reste l’une des plus cohérentes de la saison, même si l’affrontement avec les Deathclaws manque d’impact et donne une impression de potentiel sous-exploité. L’arrivée à New Vegas et l’activation du terminal de Mr. House constituent néanmoins un moment clé. Sans chercher à recréer l’effet iconique du jeu, la série choisit une approche plus fonctionnelle, presque clinique. Ce choix pourra décevoir, mais il s’inscrit dans la logique de la saison : Fallout préfère expliquer plutôt que mythifier. 

Reste à voir si cette rationalisation de figures emblématiques servira réellement le récit à long terme. L’épisode souffre toutefois d’un défaut récurrent : la multiplication des intrigues ralentit leur impact émotionnel. Les arcs liés aux abris, à Norm, à Stephanie et aux factions extérieures avancent, mais rarement en profondeur. L’impression d’un puzzle constamment déplacé, mais jamais totalement assemblé, persiste. À ce stade de la saison, certaines résolutions auraient gagné à être amorcées plus tôt. Malgré ces limites, l’épisode 7 de la saison 2 de Fallout remplit son rôle de chapitre préparatoire. Il relie enfin des éléments disséminés depuis plusieurs épisodes et clarifie certains enjeux majeurs, notamment autour du Cold Fusion et du contrôle des populations. 

 

La série se place désormais face à ses propres promesses. Le final devra non seulement conclure ces arcs, mais aussi donner un sens à cette construction fragmentée. Les pièces sont en place, reste à savoir si elles formeront un ensemble cohérent ou simplement un enchaînement d’idées fortes.

 

Note : 7/10. En bref, l’épisode 7 de la saison 2 de Fallout remplit son rôle de chapitre préparatoire. Il relie enfin des éléments disséminés depuis plusieurs épisodes et clarifie certains enjeux majeurs, notamment autour du Cold Fusion et du contrôle des populations. 

Disponible sur Amazon Prime Video

 

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