27 Janvier 2026
Tell Me Lies // Saison 3. Episode 5. I’d Like to Hold Her Head Under Water.
L’épisode 5 de la saison 3 de Tell Me Lies, intitulé « I’d Like to Hold Her Head Under Water », donne l’impression que la série a définitivement cessé de chercher des repères moraux clairs. À ce stade, chaque personnage semble avancer sans véritable limite, et cet épisode agit davantage comme un révélateur que comme un simple chapitre de transition. Rien n’est vraiment spectaculaire dans la mise en scène, mais tout est profondément dérangeant dans ce qui est suggéré. Ce qui frappe d’abord, c’est l’absence totale de la timeline de 2015. Ce choix n’est pas anodin.
Après les révélations précédentes, l’épisode préfère rester ancré dans le présent universitaire, comme pour montrer comment chaque situation est en train de se construire, lentement mais sûrement. L’ombre de ce futur déjà connu plane malgré tout, notamment à travers la relation ambiguë entre Bree et Wrigley, qui continue de se développer sans jamais être clairement assumée. Stephen, pour une fois, n’est pas au centre d’un scandale direct, mais il reste omniprésent. Son admission à Yale devrait être un moment de reconnaissance, pourtant elle souligne surtout son isolement. Personne ne semble réellement heureux pour lui, et cette indifférence est presque plus parlante que n’importe quelle confrontation.
/image%2F1199205%2F20260127%2Fob_09b58a_vlcsnap-2026-01-27-13h44m06s357.png)
Stephen tente de forcer la célébration, de créer artificiellement une forme d’importance autour de lui, mais chaque interaction tourne court. Ce vide relationnel le rend mesquin, et surtout imprévisible. La confrontation avec Diana est sans doute l’un des moments les plus intéressants de l’épisode. Elle représente tout ce qui échappe à Stephen. Là où il cherche à impressionner, elle démonte son jeu avec une froideur presque clinique. Le fait qu’elle ait menti sur son échec au LSAT uniquement pour se débarrasser de lui en dit long sur la place qu’il occupait dans sa vie. Cette scène renverse totalement le rapport de force. Stephen perd le contrôle, et sa réaction laisse présager une vengeance qui ne passera pas par des moyens propres.
L’épisode installe également un doute troublant autour de l’affaire Chris. Jusqu’ici, certaines choses semblaient acquises. Or, les échanges au bord de la piscine et les appels téléphoniques non bloqués introduisent une ambiguïté volontairement inconfortable. Le scénario ne cherche pas à innocenter qui que ce soit, mais force à reconsidérer ce qui a été affirmé, parfois trop vite. Ce flou est dérangeant, car il met en lumière les conséquences d’un mensonge, même motivé par la protection d’un proche. Lucy, justement, s’enfonce dans une spirale difficile à défendre. L’épisode montre une jeune femme incapable de distinguer désir, douleur et validation. Sa relation avec Alex devient de plus en plus bancale, notamment lorsque celui-ci commence à remettre en question la nature de leurs rapports.
/image%2F1199205%2F20260127%2Fob_b5ac82_vlcsnap-2026-01-27-13h49m14s299.png)
Ce décalage est frappant : là où Alex tente d’introduire une forme de douceur, Lucy semble presque ennuyée. La scène finale, où elle se replonge volontairement dans un message humiliant de Stephen, est glaçante. Elle ne cherche plus à aller mieux, elle cherche à ressentir quelque chose de familier. Bree, de son côté, apparaît comme un personnage en constante fuite. Son retour vers Evan ressemble davantage à un refuge qu’à un véritable choix amoureux. La visite à sa mère apporte un éclairage intéressant sur son passé, mais elle met aussi en évidence une tendance à enjoliver la réalité. Bree ment avec facilité, parfois sans même s’en rendre compte, comme si la vérité était trop instable pour être exposée.
Cette rencontre maternelle, présentée comme apaisante, laisse pourtant un goût amer. Le besoin d’approbation semble plus fort que la recherche de réponses. Wrigley reste le personnage le plus stable, même si cet épisode montre clairement qu’il est proche de franchir une ligne. Le trajet avec Bree, puis la scène de la piscine, reposent sur une intimité douce, presque maladroite. Rien n’est consommé, mais tout est là. Ce qui rend cette relation complexe, c’est précisément ce refus d’aller au bout des choses, combiné à des choix parallèles qui ne font que compliquer la situation. L’annonce précipitée du retour de Bree avec Evan ressemble à une tentative désespérée de reprendre le contrôle.
/image%2F1199205%2F20260127%2Fob_4e8756_vlcsnap-2026-01-27-14h55m04s364.png)
Enfin, l’épisode se conclut sur des gestes lourds de sens. Stephen, isolé dans sa chambre, face à des photos qu’il envisage d’utiliser comme arme, résume parfaitement l’état d’esprit général. Dans Tell Me Lies, l’intimité n’est jamais protégée. Elle devient une monnaie d’échange, un moyen de pression, parfois même une punition. Avec cet épisode 5, la saison 3 confirme que la série n’a pas l’intention d’adoucir son propos. Chaque relation est bancale, chaque secret est une menace potentielle. Plus l’intrigue avance, plus il devient difficile de s’attacher aux personnages, et pourtant, impossible de détourner le regard. C’est précisément dans ce malaise constant que Tell Me Lies continue de trouver sa force narrative.
Note : 8/10. En bref, la saison 3 confirme que la série n’a pas l’intention d’adoucir son propos. Chaque relation est bancale, chaque secret est une menace potentielle. Plus l’intrigue avance, plus il devient difficile de s’attacher aux personnages, et pourtant, impossible de détourner le regard.
Disponible sur Disney+
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog