5 Février 2026
High Potential // Saison 2. Episode 12. The Faust and the Furious.
Avec l’épisode 12 de la saison 2, High Potential opère un léger déplacement de son centre de gravité. L’enquête est bien là, structurée et efficace, mais ce n’est plus elle qui porte réellement l’épisode. Ce chapitre s’intéresse surtout à ce qui se passe quand les personnages ne peuvent plus se cacher derrière leurs compétences, leurs rôles ou leur intelligence. Et c’est précisément ce qui rend cet épisode marquant dans l’évolution de la saison. L’intrigue criminelle repose sur le meurtre de Gabe Rafferty, fondateur d’une entreprise obsédée par l’idée de repousser la mort grâce à la technologie.
Une affaire en apparence classique, mais qui s’avère progressivement plus trouble, entre manipulation financière, promesses scientifiques détournées et trahisons intimes. Le scénario joue avec un thème déjà largement exploité — la quête d’immortalité — sans chercher à le réinventer. Ce qui compte ici, ce n’est pas tant l’originalité du concept que la manière dont il fait écho aux peurs très humaines des personnages. L’enquête mène Morgan et Karadec dans la maison ultra-sécurisée de la victime, où une mise en scène macabre laisse croire à un piège mortel. C’est dans cet espace clos que l’épisode bascule réellement. Morgan, jusqu’ici présentée comme une femme toujours en avance sur les événements, perd pied.
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Son raisonnement s’effondre, ses techniques de concentration ne fonctionnent plus, et la peur prend le dessus. Cette crise de panique n’est pas là pour surprendre, mais pour rappeler que l’intelligence ne protège pas de tout. Depuis le début de la saison 2, la série s’applique à fissurer l’image presque trop maîtrisée de Morgan. Cet épisode poursuit ce travail en montrant clairement ce qu’elle a à perdre, notamment ses enfants, qui envahissent ses pensées au moment où elle croit que tout peut s’arrêter. Ce n’est pas une faiblesse mal écrite ou forcée, mais une continuité logique de ce que la saison installe depuis plusieurs épisodes : Morgan reste une civile plongée dans un univers où le danger est constant.
Face à elle, Karadec change aussi de posture. Là où leur dynamique reposait souvent sur un rapport intellectuel ou professionnel, il devient ici émotionnel. Il ne cherche pas à analyser ni à diriger, il est simplement présent. Ce renversement discret modifie durablement leur relation. Quand Morgan tente ensuite de rationaliser ce qu’elle a vécu, on sent bien que quelque chose a déjà changé, même si elle refuse de l’admettre pleinement. Cet épisode s’inscrit également dans la continuité de l’arc autour de Lucia. Son retour, amorcé dans l’épisode précédent, crée une tension plus sourde que conflictuelle. La relation entre Karadec et Lucia semble sincère, construite sur un passé partagé et des regrets exprimés.
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Pourtant, le timing n’est pas anodin. Morgan, en se montrant vulnérable, occupe désormais une place que Karadec ne peut plus ignorer. La série ne force rien, elle laisse les silences et les regards parler. Et cela fonctionne d’autant mieux que tout reste retenu. En parallèle, l’épisode offre enfin à Oz un espace narratif qui lui est propre. Le deuil de son père, déjà évoqué auparavant, prend ici une dimension plus concrète avec la question du mémorial et de la pierre tombale. Ce n’est pas un simple détour émotionnel : cela permet de donner de la profondeur à un personnage souvent cantonné au second plan. Le regard de Soto, marqué par sa propre histoire familiale, apporte une vraie justesse à ces scènes.
L’équipe n’est plus seulement un collectif de travail, mais un point d’ancrage. La fin de l’épisode ne cherche pas à conclure. Elle prépare. Karadec évoque l’idée qu’un jour, ce sera lui qui craquera, et que Morgan saura quoi faire. Cette phrase, en apparence simple, redéfinit leur lien. Le dernier regard qu’il lui adresse n’est ni romantique ni confus, mais lucide. Il comprend que l’équilibre a changé. L’épisode 12 de High Potential montre que la série a trouvé un rythme plus posé, plus attentif à ses personnages. Moins dans la démonstration, plus dans l’émotion contenue. Et c’est sans doute là que cette seconde moitié de saison commence réellement à prendre sens.
Note : 7/10. En bref, l’épisode 12 de High Potential montre que la série a trouvé un rythme plus posé, plus attentif à ses personnages. Moins dans la démonstration, plus dans l’émotion contenue.
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