10 Février 2026
Arrivée aux épisodes 5 et 6 de la saison 4, La Défense Lincoln donne une impression étrange. Les éléments sont là, les pistes se multiplient, les enjeux montent sur le papier… et pourtant, quelque chose peine à réellement prendre. La série ne devient jamais mauvaise, mais elle semble avancer sur un rythme trop prudent, comme si elle hésitait à exploiter pleinement ce qu’elle met en place. L’épisode 5 reprend directement après la révélation de Mickey concernant les raisons pour lesquelles il est pris pour cible. Le retour d’Alex Gazarian, figure déjà connue de l’univers de la série, sert de point d’ancrage à cette nouvelle phase de l’enquête.
Ce choix fonctionne sur le principe : faire ressurgir le passé pour éclairer le présent. En pratique, l’impact reste mesuré. Le personnage apporte des connexions utiles, mais l’écriture reste très explicative, parfois au détriment de la tension dramatique. L’idée selon laquelle Sam aurait servi d’intermédiaire dans une machination plus large est intéressante, notamment à travers l’implication du FBI et de l’agent Vasquez. La série suggère une obsession ancienne, presque personnelle, qui dépasserait le simple cadre professionnel. Cependant, ces éléments sont souvent exposés par le dialogue plutôt que par l’action, ce qui donne à certains échanges un aspect un peu figé.
Les investigations menées en parallèle par Izzy et Cisco permettent d’aérer le récit. Les recherches autour de Biogreen, des faux propriétaires et des adresses suspectes ajoutent une couche presque administrative à l’intrigue. Ce réalisme a ses qualités, mais il ralentit aussi le rythme. Les allers-retours entre la marina, l’hôpital et les archives donnent parfois l’impression d’un puzzle qui avance par micro-déplacements, sans véritable moment de bascule. Sur le plan personnel, l’épisode 5 s’attarde davantage sur les conséquences de l’affaire sur l’entourage de Mickey. La situation de Hayley, confrontée au regard des autres et au harcèlement, rappelle que les dégâts dépassent largement le tribunal.
Les scènes avec Maggie et Jack apportent un contrepoint plus intime, même si certaines discussions semblent surtout là pour souligner une évidence déjà bien installée : Mickey ne paie pas seul le prix de cette accusation. La perquisition du domicile et du cabinet marque l’un des moments les plus tendus de l’épisode. Voir la défense elle-même devenir une cible renverse temporairement la dynamique. Pourtant, là encore, l’effet retombe assez vite. Le mystère autour de ce que récupère le détective Drucker intrigue, mais la mise en scène reste volontairement discrète, presque trop sage. La fin de l’épisode 5, en revanche, opère un virage plus marquant.
L’arrivée de Maggie au tribunal, non plus en observatrice mais en avocate de la défense, change l’équilibre des forces. Ce choix scénaristique est cohérent avec l’histoire du personnage et apporte enfin une énergie différente à Mickey, jusque-là isolé face à Dana Berg. Cette décision donne envie de croire à un nouvel élan pour la suite. L’épisode 6 s’ouvre justement sur cette nouvelle configuration. Maggie et Mickey côte à côte dans la salle d’audience rappellent les débuts de la série, quand les confrontations judiciaires occupaient le centre du récit. La tentative de la procureure pour alourdir l’acte d’accusation, notamment sur l’aspect financier du meurtre, installe une menace plus concrète. Pour une fois, la défense semble réellement acculée.
Les scènes de tribunal retrouvent une certaine efficacité, surtout lorsque Maggie démonte la portée de la fameuse lettre utilisée comme preuve. Cette séquence montre enfin une opposition claire entre stratégie et manipulation, même si la série reste très explicative dans ses dialogues. Le duel verbal fonctionne, sans toutefois atteindre l’intensité que la série a déjà su proposer par le passé. En dehors du tribunal, l’épisode 6 accumule les tensions secondaires. L’affaire de Bamba, pris entre loyauté et passé criminel, apporte une dimension plus brute. Sa situation rappelle que les choix de Mickey ont des conséquences directes sur ceux qui gravitent autour de lui.
Cette intrigue est l’une des plus réussies de l’épisode, car elle évite le manichéisme et assume une certaine dureté. La progression de l’enquête autour de Jeanine Ferrigno et Gazarian fait monter le danger d’un cran, notamment avec l’agression de Cisco. Pour la première fois depuis le début de la saison, la menace devient physique et immédiate. Ce passage arrive tard, mais il rappelle que l’affaire dépasse le simple cadre judiciaire. La véritable secousse émotionnelle de l’épisode reste cependant la disparition brutale de Legal. Cette perte recentre soudain le récit sur quelque chose de plus essentiel. Sans discours appuyé ni musique insistante, la série impose un silence lourd, presque inconfortable.
Ce moment fonctionne précisément parce qu’il évite l’exagération. Le choix final de Mickey, entre conserver sa liberté sous caution ou forcer un procès rapide, résume bien l’état de la saison. Tout repose sur une prise de risque calculée, presque désespérée. Cette décision intrigue, mais arrive après une montée en tension parfois trop étirée. Ces épisodes 5 et 6 confirment une tendance : La Défense Lincoln avance avec méthode, mais sans véritable audace. L’intrigue gagne en complexité, les enjeux deviennent plus clairs, pourtant l’ensemble reste souvent en dessous de ce que la série a déjà démontré. La suite devra sans doute trancher plus nettement, sous peine de laisser cette saison dans une zone confortable, mais frustrante.
Note : 5.5/10. En bref, ces épisodes confirment une tendance : La Défense Lincoln avance avec méthode, mais sans véritable audace. L’intrigue gagne en complexité, les enjeux deviennent plus clairs, pourtant l’ensemble reste souvent en dessous de ce que la série a déjà démontré.
Disponible sur Netflix
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