B.R.I. (Saison 2, 8 épisodes) : une suite plus intense qui corrige certains défauts

B.R.I. (Saison 2, 8 épisodes) : une suite plus intense qui corrige certains défauts

Avec cette saison 2 de B.R.I., le ressenti est assez différent de celui laissé par la première. Là où la série peinait à vraiment accrocher sur la durée, ces huit nouveaux épisodes montrent une envie plus nette d’aller quelque part. Tout n’est pas réglé pour autant, mais il y a une évolution qui se ressent assez rapidement. L’histoire reprend dans un climat encore marqué par les événements précédents. L’équipe de Versailles avance avec ce poids, et l’arrivée de Saïd comme véritable figure de leader donne un peu plus de structure à l’ensemble. Ce point-là fonctionne mieux que dans la saison 1, où tout semblait parfois un peu flottant. Ici, il y a une direction, même si elle n’est pas toujours exploitée à fond.

 

Ce qui saute aux yeux, c’est surtout le rythme. La série ne cherche plus vraiment à équilibrer les choses : elle fonce. Les interventions s’enchaînent, les situations s’accumulent, et il y a rarement de vrais temps morts. Sur le moment, c’est plutôt efficace, parce que ça maintient une forme de tension constante. En revanche, à force de ne jamais ralentir, certains moments perdent un peu de leur impact. Tout va vite, parfois trop. Le choix de développer une intrigue autour du narcotrafic permet d’ouvrir un peu le cadre. La série ne reste plus enfermée dans un seul territoire et tente de donner plus d’ampleur à son récit. L’intention est bonne, mais dans les faits, tout n’est pas toujours très crédible. 

 

Il y a des raccourcis, des facilités, et parfois des situations qui passent un peu difficilement. Ça ne casse pas complètement l’ensemble, mais ça empêche d’y croire pleinement. Du côté des personnages, il y a un léger mieux, sans que ce soit non plus une transformation radicale. Certains liens entre les membres de la brigade sont un peu plus travaillés, on sent des tensions, des rapprochements, des choses qui bougent. Mais ça reste souvent en surface. J’ai encore eu du mal à vraiment m’attacher, même si quelques personnages s’en sortent mieux que dans la première saison. Saïd, notamment, prend plus de place. Son rôle de chef apporte des enjeux intéressants, surtout dans sa manière de gérer les autres et les décisions à prendre. 

 

Il y a quelque chose de plus concret dans sa position. À côté, les autres existent, mais pas toujours suffisamment pour marquer. L’ajout de nouveaux personnages apporte un peu de fraîcheur, sans pour autant changer profondément la dynamique. Ce qui m’a un peu plus parlé, c’est cette idée que les personnages sont complètement absorbés par leur travail. La série insiste là-dessus : ils enchaînent les missions, vivent presque uniquement pour ça, et ça finit par créer une forme de fatigue qui se ressent aussi à l’écran. C’est une bonne piste, mais encore une fois, ça aurait mérité d’être creusé davantage pour vraiment toucher. Sur l’action, il n’y a pas grand-chose à reprocher. 

 

Les scènes sont globalement efficaces, certaines arrivent même à installer une vraie tension. On sent qu’il y a un effort sur la mise en scène des interventions. Mais comme dans la saison 1, il y a toujours ce décalage entre ce qui fonctionne visuellement et ce qui pose problème dans l’écriture. L’un ne compense pas toujours l’autre. La violence est aussi plus présente. Elle est plus directe, plus visible. Ça participe à l’ambiance, clairement, mais j’ai parfois eu l’impression que c’était un peu trop appuyé. Certaines scènes semblent en rajouter sans que ce soit forcément utile. Ça peut sortir un peu du récit plutôt que de le renforcer. Les dialogues, eux, s’en sortent un peu mieux qu’avant, même si tout n’est pas parfait. 

 

Il y a des moments où ça sonne plus juste, plus naturel, et d’autres où ça retombe dans quelque chose de plus artificiel. C’est moins gênant que dans la saison 1, mais ça reste inégal. Le casting continue de faire le job dans l’ensemble. Certains acteurs arrivent à donner un peu de relief à leurs personnages, même quand l’écriture ne les aide pas forcément. D’autres sont plus en difficulté, surtout dans les scènes les plus intenses. Ça crée un ensemble un peu irrégulier, mais qui tient malgré tout. Les derniers épisodes accentuent encore le rythme et la tension. La série cherche clairement à marquer le coup sur la fin, avec des rebondissements et des choix assez forts. 

 

Sur le moment, ça fonctionne plutôt bien, mais avec un peu de recul, certaines choses paraissent un peu forcées. Le final, notamment, risque de ne pas faire l’unanimité. Au final, cette saison 2 de B.R.I. est plus engageante que la première. Il y a une vraie progression dans l’énergie, dans le rythme, et même dans certaines intentions. Mais les défauts ne disparaissent pas complètement. Le manque de profondeur des personnages, les facilités dans l’écriture et une crédibilité parfois fragile sont toujours là.

 

Note : 6/10. En bref, j’ai passé un meilleur moment que devant la saison 1, sans pour autant être totalement convaincu. La série avance, c’est évident, mais il lui manque encore quelque chose pour vraiment devenir incontournable. Ça reste une saison qui se regarde sans déplaisir, mais qui donne aussi le sentiment de pouvoir faire mieux.

Disponible sur Canal+

 

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