23 Mars 2026
The Madison // Saison 1. Episode 6. I Give Me Permission.
SEASON FINALE
Avec ce sixième épisode, The Madison termine sa première saison sans chercher l’effet de surprise. La direction choisie paraît évidente depuis plusieurs épisodes, mais ce final ne repose pas sur un retournement inattendu. Il s’intéresse plutôt au chemin parcouru, et à la manière dont chaque personnage s’adapte, ou non, à la perte. Sous l’impulsion de Taylor Sheridan, ce dernier chapitre reste fidèle à l’approche globale de la série : une narration centrée sur les émotions, avec une attention particulière portée à l’évolution intérieure de Stacy. Dès les premières minutes, l’épisode confirme une impression déjà installée : l’issue était prévisible. Pourtant, cela ne nuit pas réellement à l’ensemble.
Ce qui compte ici, ce n’est pas la destination, mais la manière dont elle est atteinte. Stacy, toujours incarnée par Michelle Pfeiffer, continue de traverser les différentes étapes de son deuil. Ses choix ne sont pas dictés par un événement unique, mais par une accumulation de prises de conscience. Ce positionnement donne au final une tonalité particulière. Il ne cherche pas à conclure de manière spectaculaire, mais à poser une décision personnelle, presque intime. Le retour à New York, amorcé dans l’épisode précédent, prend ici une dimension plus concrète. Les personnages tentent de reprendre leur vie là où ils l’avaient laissée, mais le décalage est évident. Le quotidien ne correspond plus à ce qu’il était. Les habitudes, les interactions, même les lieux semblent différents.
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Cette impression est particulièrement visible chez Paige, dont le comportement traduit une forme de rupture avec son environnement professionnel. Une scène marquante illustre ce changement : confrontée à des propos déplacés sur son père, elle réagit de manière impulsive. Ce geste, au-delà de ses conséquences, montre une évolution dans sa manière d’affronter les situations. Le personnage, jusque-là souvent en retrait, révèle une facette plus directe. Le parcours d’Abby reste plus incertain. Entre une vie new-yorkaise qui ne lui apporte plus grand-chose et une ouverture vers le Montana, elle semble hésiter. Ses échanges avec son entourage soulignent ce tiraillement.
Les attentes sociales, les habitudes et les opportunités ne correspondent plus à ce qu’elle a vécu récemment. Pourtant, rien n’indique qu’elle soit prête à tout quitter. Cette indécision reflète bien l’état général de la famille : chacun avance, mais sans direction totalement définie. L’un des éléments centraux de ce final reste la relation entre Stacy et son thérapeute. Ce personnage joue un rôle important dans la compréhension de ses émotions. À travers leurs échanges, des questions simples prennent une dimension plus profonde. Il ne s’agit pas seulement d’analyser le deuil, mais d’accepter ce qu’il implique pour l’avenir. Certaines scènes fonctionnent particulièrement bien, notamment lorsque Stacy est poussée à verbaliser ce qu’elle ressent réellement.
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Cette démarche apporte une forme de clarté, même si elle peut paraître parfois un peu appuyée dans sa mise en scène. Le mémorial organisé à New York constitue un point clé de l’épisode. Cet événement, censé rendre hommage à Preston, incarné par Kurt Russell, prend une tournure inattendue. L’atmosphère semble artificielle, presque déconnectée de la réalité du deuil. Les personnes présentes ne partagent pas forcément un lien authentique avec celui qu’elles sont venues honorer. Face à cette situation, Stacy fait un choix fort : celui de ne pas participer. Ce refus marque une étape importante. Il ne s’agit plus de répondre aux attentes extérieures, mais de suivre son propre ressenti.
Le départ de Stacy, sans prévenir, peut surprendre dans sa forme, mais il s’inscrit dans une logique cohérente. Elle choisit de s’éloigner d’un environnement qui ne lui correspond plus. Ce geste traduit une forme d’émancipation. Elle n’attend plus de validation extérieure pour prendre ses décisions. Ce changement constitue l’un des aboutissements de son parcours. La réaction de la famille, partagée entre incompréhension et inquiétude, montre que ce choix n’est pas anodin. Il marque une séparation, au moins temporaire. La conclusion de l’épisode ramène Stacy dans le Montana. Ce retour n’a rien d’un hasard. Il correspond à une évidence construite au fil des épisodes.
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Ce lieu, associé à Preston, devient aussi un espace de reconstruction. Il ne s’agit pas de fuir le passé, mais de l’intégrer dans une nouvelle manière de vivre. La dernière scène, sobre et calme, reflète bien cette idée. Elle ne cherche pas à apporter une réponse définitive, mais à montrer un état d’esprit. Ce final de The Madison laisse plusieurs pistes en suspens. Les trajectoires des autres personnages restent ouvertes, ce qui prépare une éventuelle suite. Le choix de centrer la conclusion sur Stacy donne une cohérence à l’ensemble, mais laisse volontairement de côté certains développements secondaires.
Cette première saison se termine de manière cohérente avec ce qui a été proposé depuis le début. Le récit privilégie les émotions et les évolutions internes, au détriment d’une intrigue plus dynamique. Certains aspects peuvent susciter des réserves, notamment le traitement de certains personnages ou la place accordée à la thérapie dans la narration. Cependant, l’ensemble propose une approche du deuil qui reste constante.
Note : 7/10. En bref, une conclusion sans surprise mais profondément personnelle. Le récit privilégie les émotions et les évolutions internes, ce qui permet d’offrir une fin cohérente et réussie.
Disponible sur Canal+
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