Critiques Séries : Imperfect Women. Saison 1. Episode 8 (season finale)

Critiques Séries : Imperfect Women. Saison 1. Episode 8 (season finale)

Imperfect Women // Saison 1. Episode 8. The Bridge.

SEASON FINALE

 

On y est. Le huitième épisode d’Imperfect Women vient de tomber, marquant la fin d’une première saison qui nous a baladés entre doutes et secrets de famille. Après des semaines à grimper dans les tours avec des tensions psychologiques palpables, ce final tente de boucler la boucle en répondant franchement aux questions qu'on se posait. Pour être honnête, le résultat me laisse un goût assez mitigé. Depuis le lancement de la série, tout le sel de l'intrigue reposait sur le mystère entourant la mort de Nancy. On a suspecté tout le monde, chaque personnage traînant ses propres casseroles. 

 

L’épisode précédent avait même réussi à nous remettre un coup de pression en pointant du doigt Scott Reed. Mais ce final choisit de ne pas faire durer le plaisir inutilement : la vérité sort du placard assez vite, et elle est finalement assez simple. C’est Howard qui a tué Nancy. Voilà, c’est dit. Est-ce qu’on tombe de notre chaise ? Pas vraiment. Les indices étaient là, éparpillés un peu partout depuis un moment. Ce qui est dommage, c’est que la série privilégie ici l'explication psychologique plutôt que le choc de la révélation. On comprend pourquoi il l'a fait, on saisit ses motivations tordues, mais l'impact émotionnel est un peu étouffé par ce côté prévisible. 

On a l’impression que le scénario a voulu jouer la sécurité au lieu de nous offrir un dernier retournement de situation digne de ce nom. Le cas de Scott est d'ailleurs assez révélateur de ce petit essoufflement. On nous l’avait vendu comme le témoin clé capable de tout faire basculer, mais il finit par faire de la figuration. Son témoignage est balayé d’un revers de main par une police qui préfère la facilité. C’est frustrant, car on a un peu le sentiment que cette piste a été étirée pendant plusieurs épisodes pour pas grand-chose au final. Au-delà du meurtre, le cœur de la série, c’était ce trio de femmes. Ce dernier épisode appuie là où ça fait mal en montrant que l’amitié entre Mary et Eleanor est loin d'être le roc qu'on imaginait. 

 

Les non-dits et les petits mensonges ont fini par creuser un fossé. Ce que j'ai apprécié dans ce final, c'est justement l'absence de réconciliation hollywoodienne. On ne se tombe pas dans les bras en oubliant tout. La confiance est pétée, et la série a le courage de montrer que certaines blessures ne se referment pas avec un simple café en terrasse. On réalise aussi à quel point Nancy était seule. C’est le point le plus tragique de l’histoire : malgré ses amies, elle n’a jamais réussi à dire ce qu’elle traversait vraiment. Le fait qu’elle soit allée chercher de l’aide auprès d’une personne toxique montre bien le vide affectif dans lequel elle se trouvait. 

C'est un thème fort de la saison qui trouve ici une conclusion assez amère : l'image sociale qu'on projette est souvent à des années-lumière de ce qu'on vit à l'intérieur. La confrontation finale entre Mary et Howard est efficace, même si elle reste très classique dans sa mise en forme. Howard nous est montré comme l'archétype de l'homme qui ne supporte pas de perdre le contrôle, incapable de gérer un refus. C’est cohérent, mais là encore, ça manque peut-être un peu de nuance. Quand le générique arrive, on ne ressent pas vraiment de soulagement. Mary s'en sort, certes, mais elle est en miettes. L’épisode insiste lourdement sur les dégâts collatéraux plutôt que sur une quelconque forme de justice.

 

Le petit épilogue tente de nous montrer comment elles essaient de reprendre une vie normale. Eleanor se replie sur sa bulle familiale, Mary tente de garder la tête hors de l'eau avec ses gamins. Mais l'arrivée soudaine d'un possible rapprochement entre Mary et Robert me laisse perplexe. Ça sort un peu de nulle part, comme si les scénaristes avaient voulu glisser un nouveau filon à exploiter pour la suite au cas où, alors que ça ne colle pas forcément avec l'ambiance pesante de la saison. En résumé, cet épisode 8 fait le job, mais sans éclat. Imperfect Women a réussi à créer une atmosphère pesante et intéressante sur la longueur, mais a eu du mal à transformer l'essai au moment de conclure. 

Le virage entre le thriller à énigmes et le drame psychologique pur n'est pas toujours très fluide. On reste sur une fin qui ressemble à la série : imparfaite, parfois un peu bancale, mais qui a le mérite de ne pas nous vendre du rêve là où il n'y en a pas. Est-ce qu'on a besoin d'une saison 2 ? Franchement, j'en doute. L'histoire se suffit à elle-même, et vouloir tirer sur la corde risquerait de gâcher ce portrait de femmes qui, malgré ses défauts narratifs, avait une certaine gueule.

 

Note : 5.5/10. En bref, cet épisode 8 fait le job, mais sans éclat. Imperfect Women a réussi à créer une atmosphère pesante et intéressante sur la longueur, mais a eu du mal à transformer l'essai au moment de conclure. Le virage entre le thriller à énigmes et le drame psychologique pur n'est pas toujours très fluide. 

Disponible sur Apple TV

Apple n’a pas encore renouvelé Imperfect Women pour une saison 2 à l’heure où j’écris ces lignes. Kerry Washington et Elisabeth Moss ont toutes deux dit qu’elles reprendraient leurs rôles en cas de renouvellement.

 

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