15 Mai 2026
The Punisher: One Last Kill // De Reinaldo Marcus Green. Avec Jon Bernthal, Colton Hill et Jamal Lloyd Johnson.
Le retour de Frank Castle, on l’attendait de pied ferme. Depuis que Jon Bernthal a pointé le bout de son nez dans les teasers de Daredevil: Born Again, l'excitation est montée d'un cran. Avec The Punisher: One Last Kill, Marvel tente le format "Special Presentation" pour nous remettre le justicier dans le bain. Le résultat ? C'est sombre, c'est violent, mais c'est surtout trop court. On ressort de là avec une sensation de "tout ça pour ça", comme si on nous avait servi un excellent apéro alors qu'on crevait de faim pour le plat de résistance. Dès l'ouverture, l'ambiance nous attrape à la gorge.
Un téléfilm spécial mettant en vedette le personnage Punisher.
Frank Castle traîne sa carcasse dans des quartiers délabrés, plus proche du fantôme que du super-héros. Ce qui frappe d'entrée de jeu, c'est le traitement psychologique. Le Punisher n'est plus cette machine de guerre inarrêtable qu'on a pu voir ailleurs. C'est un homme au bout du rouleau, lessivé par ses propres démons et incapable de raccrocher les gants. Cette vulnérabilité donne une vraie épaisseur au récit, loin des clichés habituels du genre. Jon Bernthal confirme une fois de plus qu'il est né pour ce rôle. Il n'a pas besoin de hurler pour qu'on ressente sa détresse. Un regard lourd, un silence prolongé ou une simple crispation de la mâchoire suffisent à poser le personnage.
On sent que l'acteur s'est investi personnellement, notamment dans l'écriture de certaines scènes plus posées. C’est cette humanité, planquée derrière une violence brute, qui fait que le Punisher reste l'un des personnages les plus fascinants de l'écurie Marvel. Cependant, le bât blesse au niveau du format. Cinquante minutes pour un tel personnage, c'est presque insultant. Le scénario prend son temps pour installer une atmosphère pesante, ce qui est une excellente chose, mais il doit ensuite accélérer brutalement pour boucler l'intrigue. Résultat, la transition vers l'action pure semble un peu précipitée.
Certes, les combats sont bien chorégraphiés, la caméra de Reinaldo Marcus Green est propre et on retrouve enfin ce côté sec et viscéral qui nous manquait tant depuis l'époque Netflix. Mais on sent que tout est compressé. Le manque de temps empêche les personnages secondaires d'exister vraiment. Ils font de la figuration intelligente, mais ils manquent de relief. On a l'impression tenace que ce téléfilm sert de pilote déguisé pour une future série plutôt que de se suffire à lui-même. C’est frustrant parce qu’il y avait de la place pour creuser davantage la solitude de Castle et son rapport à une justice de plus en plus floue. Visuellement, le boulot est solide.
Les rues sont crades, l'éclairage est minimaliste et on plonge avec plaisir dans cette esthétique urbaine oppressante. C'est là que le Punisher est le meilleur : dans la boue et le béton, loin des effets spéciaux clinquants des Avengers. Quelques ratés numériques viennent parfois gâcher la fête, mais rien de dramatique non plus. Le vrai problème reste ce sentiment de surplace thématique. Frank Castle revit encore et toujours le même cycle : deuil, isolement, explosion de rage. C'est efficace, les fans aimeront, mais on attendait peut-être une petite évolution, un truc qui nous surprenne vraiment. Au final, The Punisher: One Last Kill ressemble à un test grandeur nature pour Marvel. Le studio tâte le terrain pour voir si le public est toujours au rendez-vous pour du contenu adulte.
La réponse est un grand oui, mais pas à n'importe quel prix. Le format court convient bien à un personnage comme Werewolf by Night, mais Frank Castle a besoin de plus de temps pour respirer, pour souffrir et pour nous emmener au bout de sa logique destructrice. On termine le visionnage avec un goût d'inachevé. C'est un bon moment, c'est du vrai Punisher, mais c'est surtout une promesse qui demande à être tenue sur la durée. On espère maintenant que Marvel aura le cran de donner à Jon Bernthal le terrain de jeu qu'il mérite vraiment : une série complète ou un long-métrage qui ne s'arrête pas en plein élan.
Note : 8/10. En bref, porté par un Jon Bernthal toujours aussi impérial, ce retour retrouve la noirceur et la brutalité sèches qui faisaient le sel de la période Netflix. On reste pourtant sur notre faim tant le format de cinquante minutes semble trop court pour offrir une vraie profondeur au récit et aux personnages secondaires.
Sorti le 13 mai 2026 directement sur Disney+
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