18 Mai 2026
From // Saison 4. Episode 5. What A Long Strange Trip It’s Been.
On avance enfin. Après un début de saison 4 qui prenait un malin plaisir à faire grimper la tension sans trop lâcher le morceau, ce cinquième épisode change de fusil d’épaule. En tant que spectateur fidèle mais souvent frustré par les mystères à rallonge, j'ai trouvé que cet épisode faisait un bien fou. Les scénaristes accélèrent le rythme, mais sans trahir ce qui fait le sel de la série depuis le premier jour. Le sentiment d'oppression est total, surtout parce que chaque petite victoire des survivants apporte immédiatement son lot de nouvelles emmerdes. L'intrigue ne s'éparpille pas et se focalise sur deux gros morceaux.
On suit d'un côté l'expérience complètement folle de Jade, qui s'envoie en l'air avec des champignons pour chasser ses visions, et de l'autre, l'équipe du lac qui réalise que les objets repêchés cachent un truc bien plus glauque qu'un simple rituel bizarre. Cette construction en parallèle évite les longueurs et maintient une tension constante jusqu'aux dernières secondes. On a souvent reproché à la série de faire du surplace, mais là, l'équilibre entre les révélations et le suspense est particulièrement bien dosé. L'ouverture de l'épisode autour du lac pose tout de suite une ambiance ultra pesante. Au départ, les personnages croient voir des cadavres flotter, avant de découvrir qu'il s'agit en fait de poupées à taille humaine.
/image%2F1199205%2F20260518%2Fob_17ec59_vlcsnap-2026-05-18-12h44m59s826.png)
Visuellement, le malaise est immédiat, et le fait qu'on n'ait aucune explication sous le coude rend le truc encore plus flippant. Donna commence à théoriser que ces poupées servaient à contenir une force maléfique sous l'eau. Dans n'importe quelle autre série, l'idée prêterait à sourire, mais dans l'univers tordu de From, on y croit tout de suite. La frontière entre la pure superstition et la logique de survie est une fois de plus hyper mince. Le vrai coup de génie de cette séquence réside dans le lien intime qui se tisse entre Tabitha et ces fameuses poupées. Ses souvenirs remontent par fragments, et d'un coup, l'horreur ne vient plus seulement de l'extérieur ou des monstres de la forêt.
Elle vient des traumatismes profonds, des souvenirs que le cerveau a essayé de déformer pour se protéger. Quand la nuit tombe et que les créatures décident d'attaquer la cabane, l'épisode bascule carrément dans l'action pure. La mise en scène devient nerveuse, presque brute, en jouant à fond avec l'obscurité et les bruits hors-champ. Le show montre rarement ses monstres de face pendant des plombes, et c'est précisément ce qui rend leurs apparitions si percutantes. C'est violent, certes, mais le vrai malaise ne vient pas du sang versé. Il vient du contraste saisissant entre la rigidité artificielle de ces poupées et leurs mouvements presque humains.
/image%2F1199205%2F20260518%2Fob_6169d7_vlcsnap-2026-05-18-12h42m29s350.png)
Utiliser des objets de l'enfance pour en faire des cauchemars ambulants, c'est un classique, mais ça marche du tonnerre ici. La fin de l'attaque nous offre un petit espoir grâce à Tabitha, qui prouve qu'on peut stopper ces machins. Mais comme on est dans From, une réponse amène son double de questions. Si on peut neutraliser ces monstres, pourquoi les anciens habitants se sont-ils embêtés à les enfermer au fond d'un lac plutôt que de les détruire définitivement ? Pendant ce temps, Jade continue de porter la série sur ses épaules. Depuis le début, son évolution entre cynisme absolu, obsession maladive et terreur pure est fascinante, et cet épisode pousse le curseur encore plus loin.
Son bad trip aux champignons nous plonge directement dans les archives mentales de Fromville. Visuellement, c'est superbe : un délire surréaliste qui mélange les époques, des doubles de lui-même et des morceaux de souvenirs qui s'entrechoquent. La rencontre avec sa propre version enfant apporte une vraie touche d'émotion. Derrière sa façade de mec arrogant qui sait tout mieux que tout le monde, on découvre un homme brisé, incapable de faire le deuil de certaines pertes. Cela donne une sacrée épaisseur à sa quête obsessionnelle. Mais le gros morceau de son voyage, c'est la confirmation de la théorie des cycles. On s'en doutait, mais l'épisode semble valider que les habitants répètent inlassablement la même tragédie.
/image%2F1199205%2F20260518%2Fob_36480f_vlcsnap-2026-05-18-12h48m27s455.png)
Pire encore, on apprend que les précédentes versions de Jade ne sont pas mortes sous les griffes des monstres, mais à cause des autres survivants qui ont fini par se retourner contre lui. C'est un retournement majeur pour la suite. La menace n'est plus seulement au fond des bois, elle est au cœur de la communauté. La peur rend fou, au point de transformer les victimes en bourreaux. Toute la fin de son trip dans les tunnels, avec les sacrifices d'enfants et les cercueils de pierre, renoue avec l'ambiance poisseuse des débuts de la série. Son réveil au poste de shérif confirme qu'il n'a pas bougé d'un poil, mais les infos qu'il ramène semblent bien réelles.
Ce flou artistique entre l'hallucination pure et le vrai indice reste la grande force du show. Au fond, ce cinquième épisode montre que la saison 4 commence enfin à recoller les morceaux du puzzle. Les visions, les gosses chelous et les boucles temporelles commencent à faire sens ensemble. La théorie de Mari sur cette entité ancienne qui se repaît de la souffrance des gens colle parfaitement à cette nouvelle direction. On ne parle plus seulement de survivre à des monstres la nuit, mais de comprendre la culpabilité et la mémoire du lieu. Le plus satisfaisant reste de voir les personnages communiquer enfin entre eux.
/image%2F1199205%2F20260518%2Fob_9a7b22_vlcsnap-2026-05-18-12h51m35s952.png)
Jade, Boyd, Donna et Tabitha mettent leurs découvertes en commun plutôt que de jouer les mystérieux dans leur coin. Ça fluidifie le récit et donne l'impression que les survivants reprennent enfin le contrôle. Il reste des zones d'ombre massives, mais pour une fois, on a la sensation grisante que la série sait exactement où elle nous emmène.
Note : 8/10. En bref, cet épisode 5 marque un tournant salvateur en accélérant le rythme et en poussant les personnages à enfin partager leurs lourds secrets, notamment à travers le trip hallucinatoire de Jade et la terrifiante découverte des poupées du lac. En mêlant habilement horreur psychologique et révélations sur la théorie des cycles, la série prouve qu'elle sait enfin où elle va, transformant la paranoïa des survivants en la plus grande des menaces.
Disponible sur Paramount+
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog