11 Mai 2026
From // Saison 4. Episode 4. Of Myths and Monsters.
On commence à bien connaître le rythme de From. Après le chaos des premiers épisodes et le choc lié à Jim, ce quatrième chapitre appuie sur le frein. C’est un épisode qui s’installe, qui pose ses pions et qui préfère creuser la psychologie des survivants plutôt que de nous balancer des monstres toutes les dix minutes. Si vous attendez des réponses nettes et précises, vous risquez de finir l’épisode un peu frustré. Par contre, si vous aimez quand la série épaissit sa mythologie et joue avec nos nerfs, il y a de quoi faire. L’épisode ne fait pas forcément avancer l’intrigue à pas de géant, mais il travaille l’ambiance au corps.
On sent que la ville n’essaie plus seulement de tuer les gens physiquement, elle s’attaque maintenant à ce qu’ils ont dans la tête : leurs souvenirs et leurs croyances. Victor est, comme souvent, le cœur battant de l’épisode. On le sait depuis le début, il est la mémoire vivante de cet enfer, mais c’est aussi un homme brisé par un traumatisme d’enfance que personne ne devrait porter. La découverte du costume jaune n’était pas juste un détail visuel. Ici, Victor finit par lâcher le morceau face à son père, Henry. Il a déjà vu cet homme. Ce qui rend la scène forte, ce n’est pas seulement la révélation sur cet individu mystérieux qui semble hanter la ville depuis des décennies.
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C’est surtout la connexion entre Victor et Henry. Voir Victor s’ouvrir enfin et partager ses cauchemars avec son père apporte une humanité bienvenue. Henry réalise l’ampleur de l’horreur vécue par son fils pendant toutes ces années de solitude. Même quand le rythme s'étire, Victor donne toujours du poids à chaque scène. Du côté de Julie, on explore sa nouvelle capacité à voyager dans le temps, ou plutôt dans les histoires de la ville. Le concept reste flou, et on ne va pas se mentir, c’est parfois un peu dur à suivre. Elle essaie maintenant de dompter ce pouvoir en s’appuyant sur un bouquin pour enfants. Sur le papier, ça sonne un peu ridicule, mais dans l’univers tordu de From, ça finit par passer.
La série prend le risque d’accumuler les couches de mystères sans forcément boucler les précédentes. Entre les voix, les visions et maintenant ces sauts temporels, le spectateur doit s'accrocher. Heureusement, le duo Julie-Randall sauve la mise. Leur dynamique fonctionne parce qu’ils sont opposés : Randall reste le sceptique de service qui apporte une touche de réalisme brutal face aux théories perchées de Julie. La séquence où elle revit un massacre passé est l'une des plus réussies de l'épisode, confirmant que l’homme en jaune est une menace d’un tout autre calibre que les monstres de nuit. Ethan continue de son côté son petit bonhomme de chemin vers le "Lake of Tears".
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C’est assez fascinant de voir comment les adultes, Tabitha en tête, continuent de douter de lui. Après tout ce qu’ils ont vu, on pourrait se dire qu’ils prendraient chaque dessin d’enfant au sérieux. Tabitha finit par le suivre, mais son scepticisme semble parfois un peu forcé vu son passif. Pourtant, la scène finale au bord de l’eau remet tout le monde d’accord. Ce filet qui remonte des profondeurs crée un vrai malaise. On ne sait pas encore ce qu’il y a là-dessous, mais l’ambiance est assez lourde pour nous faire comprendre que le danger ne vient plus seulement de la forêt. Enfin, l’épisode s’attarde sur la relation entre Sara et Sophia. Sophia est un personnage de plus en plus louche qui semble savoir exactement sur quels boutons appuyer pour manipuler les gens.
Sara, de son côté, gagne en épaisseur. Elle n’est plus juste la fille qui entend des voix, elle est devenue une femme qui se bat contre ses propres démons et contre l’influence de la ville. Cette tension psychologique est presque plus efficace que les jump scares habituels.
Note : 6.5/10. En bref, ce quatrième épisode est une transition nécessaire. On sent que la saison prépare un basculement majeur pour la deuxième partie. Certes, From a tendance à compliquer son univers à l’excès, mais cette atmosphère d’inconfort permanent reste sa plus grande force. On ressort de là avec plus de questions que de réponses, mais avec une envie furieuse de savoir où tout cela nous mène.
Disponible sur Paramount+
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