19 Octobre 2026
Le retour de Best Medicine à Port Wenn confirme tout ce qui fait le charme de la série : des habitants complètement décalés, des urgences médicales absurdes et des relations qui évoluent au milieu d'un joyeux bazar. Après les événements de la première saison, le docteur Martin Best (Josh Charles) est loin d'en avoir fini avec ses blocages. Sa phobie du sang est désormais connue de tout le village, sa carrière reste sous haute surveillance et sa vie amoureuse ressemble toujours à un parcours du combattant. Ces deux premiers épisodes de la saison 2 relancent la machine avec ce mélange de comédie et d'émotion qui caractérise si bien le show.
Même si la série ne cherche pas à réinventer la comédie médicale, elle garde cette ambiance réconfortante qui me plaît énormément. À Port Wenn, les petits tracas prennent vite des proportions démesurées, mais c'est précisément ce qui pousse les personnages à fendre l'armure. Dans le premier épisode, on retrouve Martin quelques mois plus tard. S'il consulte toujours, sa liberté de pratiquer est bridée par une période de probation. Conséquence directe : une observatrice débarque pour surveiller ses moindres faits et gestes. Pour un homme qui déteste par-dessus tout qu'on s'immisce dans sa vie, la situation est un vrai calvaire. Cette cohabitation forcée amène des scènes vraiment drôles.
Martin doit gérer les manies de sa superviseuse, notamment ses habitudes alimentaires très particulières, tout en gardant son calme professionnel. Mais au-delà du comique de situation, l'enjeu est de taille : il doit prouver qu'il est encore capable de soigner malgré son blocage. De son côté, Glendon ne cache toujours pas son hostilité et espère bien le voir plier bagage. Sauf que Martin est bien plus attaché à ce bled qu'il ne veut l'admettre. Il a beau rouspéter contre les locaux, il répond présent dès qu'un problème survient. C'est cette contradiction permanente qui rend le personnage aussi intéressant. L'épisode voit aussi arriver Cecilia, une nouvelle patiente aux symptômes bien étranges.
Le shérif Mark (Josh Segarra), fidèle à lui-même, s'enflamme et s'imagine qu'une véritable sirène s'est échouée à Port Wenn. Martin, fidèle à sa logique, cherche une explication purement scientifique. Ce duo entre le pragmatique coincé et l'idéaliste enthousiaste fonctionne à merveille. Derrière cette touche d'originalité, l'histoire de Cecilia touche juste. Marquée par le rejet, elle a du mal à croire que la communauté puisse s'intéresser à elle sans arrière-pensée. Mark comprend bien avant Martin qu'un diagnostic ne suffit pas toujours : il faut aussi guérir la solitude. Une belle trajectoire qui montre à quel point la série brille quand elle lie mystère médical et détresse humaine.
Le deuxième épisode, « Breaking In Is Hard to Do », prend une tournure d'enquête. Plusieurs vols ciblent le cabinet, la pharmacie et le restaurant du coin. Ce qui intrigue, c'est le butin : du matériel médical et des produits sans grande valeur marchande. Martin finit par faire le rapprochement : quelqu'un tente de se soigner dans l'ombre. Pour une fois, le médecin doit sortir de son bureau et mener l'enquête à partir d'indices dispersés. J'ai beaucoup aimé ce changement de rythme, qui met en valeur son esprit d'analyse. Autour de lui, Mark et Louisa (Abigail Spencer) s'en mêlent avec leurs propres méthodes, créant des interactions savoureuses.
En parallèle, le resto Salty Breeze doit faire face à l'arrivée d'un food truck concurrent. La réaction des propriétaires est excessive, mais elle traduit bien leur peur du changement. Cette rivalité apporte une touche de légèreté bienvenue. L'enquête révèle finalement qu'il s'agissait d'étudiants cherchant à secourir un ami blessé après un accident. Le scénario boucle intelligemment ses fils conducteurs et permet à Martin d'afficher un beau sens de l'observation. Côté cœur, les choses restent compliquées. Louisa entame un parcours de fertilité pour devenir mère, mais les doutes l'envahissent. Elle se demande si ces obstacles ne sont pas le signe qu'il faut tout stopper.
Martin, pourtant peu à l'aise avec les sentiments, répond présent au bon moment. La scène où il lui fait son injection dépasse le cadre du soin : il partage un vrai moment d'intimité avec elle, malgré le flou de leur relation. C'est touchant parce que c'est pudique. Il ne sait pas faire de grands discours, mais ses actes parlent pour lui. La réapparition d'Eden (Eliza Coupe), son ex, vient pimenter les choses. Elle pousse Martin à revenir s'installer à Boston, convaincue qu'il gâche son potentiel ici. Elle prend aussi sa défense face aux moqueries des villageois sur sa phobie. Pourtant, je reste perplexe face à l'idée d'un retour de flamme entre eux. Leur lien ressemble plus à un respect professionnel qu'à de la passion.
La complicité entre Martin et Louisa reste nettement plus authentique et agréable à suivre. Ce début de saison explore aussi la place de Martin au sein du groupe. Voulant dédramatiser sa peur du sang, les habitants organisent une farce qui tourne rapidement au malaise. Martin le prend très mal et y voit de la méchanceté. Il faudra que Louisa lui réexplique l'intention derrière la blague pour qu'il comprenne qu'ils cherchaient juste à l'intégrer, à leur manière très maladroite. Cela pousse enfin Martin à exprimer ce qu'il ressent, une belle étape pour ce personnage si renfermé.
Du côté d'Elaine, son envie de rejoindre New York crée des tensions avec Al. Leurs projets d'avenir peinent à s'accorder. J'espère simplement que la suite lui donnera de la place pour s'épanouir en dehors de cette intrigue amoureuse. Ces deux épisodes confirment tout le bien que je pense de la série. Pas besoin de surenchère pour captiver : l'atmosphère chaleureuse de Port Wenn fait le travail. Ce cadre me rappelle l'ambiance cocooning de Hart of Dixie, où la vie de quartier transforme chaque petit événement en aventure collective.
Note : 6.5/10. En bref, la saison 2 démarre sur de très bonnes bases. Si la suite maintient ce cap sans faire stagner les relations, le plaisir reste total. Après tout, une série feel-good qui sait faire sourire tout en s'attachant à des personnages imparfaits, c'est déjà une très belle réussite.
Prochainement en France
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