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In Utero (Saison 1, 8 épisodes) : un regard humain sur le désir de parentalité

In Utero (Saison 1, 8 épisodes) : un regard humain sur le désir de parentalité

Pour sa première saison de huit épisodes, In Utero s'attaque à la procréation médicalement assistée par le biais d'histoires personnelles et de choix de vie complexes.Cette production italienne tournée à Barcelone se penche sur le parcours de celles et ceux qui tentent de devenir parents, parfois au prix de gros sacrifices. Menée par Sergio Castellitto, Maria Pia Calzone et Alessio Fiorenza, la série pose un regard rempli de finesse sur une thématique encore peu vue à l'écran. Si l'intention générale est excellente et que plusieurs passages touchent au cœur, le récit manque parfois d'un peu d'audace pour exploiter son sujet à 100 %.

 

Dans une clinique de fécondation assistée et suit les histoires de Ruggero, le gynécologue qui a fondé l'établissement, et d'Angelo, un jeune embryologiste, engagé dans sa voie d'affirmation de genre.

 

Toute l'intrigue tourne autour de Creatividad, un centre spécialisé en fertilité sous la direction de Ruggero Gentile, un gynécologue passionné. Installée en Espagne, la structure attire une clientèle internationale, notamment des Italiens qui cherchent des réponses à leurs difficultés à concevoir. Derrière les murs du cabinet, on découvre des tranches de vie vulnérables, des espoirs fragiles et des virages existentiels. Le décor espagnol a toute son importance. La réglementation italienne en matière de PMA pousse pas mal de monde à passer la frontière pour recevoir des soins inaccessibles chez eux. 

 

Les femmes seules, les couples homosexuels ou les personnes trans se heurtent ainsi à des barrières réglementaires qui s'ajoutent aux difficultés de leur projet. Le scénario ne s'arrête pas au parcours médical. Il met en lumière la façon dont la loi, le regard des autres et le modèle traditionnel façonnent des décisions très intimes. C'est un aspect de la série qui m'a particulièrement convaincu, car elle ne limite pas la parentalité à la génétique. Chaque patient arrive avec ses doutes, sa vision des choses et son histoire. Certains épisodes s'avèrent vraiment marquants, tandis que d'autres poussent à s'interroger sur ce qu'on est prêt à accepter pour fonder une famille.

 

En dehors des consultations, on suit le quotidien et les dilemmes de l'équipe médicale. Ruggero Gentile est la figure centrale du cabinet. Sergio Castellitto joue ce médecin totalement dévoué, mais dont l'obstination prend parfois le pas sur la raison. Son attachement à la clinique pose problème quand les finances de l'établissement commencent à faiblir. En face, Teresa, son épouse et collaboratrice, garde les pieds sur terre. Alors que Ruggero fonctionne à l'idéal, elle doit faire tourner l'entreprise. Cette confrontation montre bien qu'une structure privée ne vit pas seulement de belles intentions. Le duo vacille aussi dans son intimité, où les différends professionnels font remonter des désaccords plus profonds. 

 

Le personnage de Teresa apporte d'ailleurs un éclairage très intéressant sur la maternité : elle a choisi de ne pas avoir d'enfant, sans que cela n'enlève quoi que ce soit à son épanouissement. J'aurais aimé que la série creuse un peu plus cette opposition au lieu de s'en tenir à des accrochages classiques entre l'idéaliste et la pragmatique, mais leurs dialogues restent très réussis. Angelo représente l'autre pilier fort de la saison. Jeune biologiste trans, il essaie de se faire une place dans le laboratoire tout en gérant une vie personnelle parfois mouvementée. Sa transition fait partie de son histoire sans définir l'intégralité de son personnage. C'est un professionnel, un fils, un frère. J'ai aimé la façon dont la série traite son parcours. 

 

Ses démêlés familiaux en Sicile et les soucis de fertilité de son propre frère viennent enrichir son arc narratif, même si sa relation sentimentale devient assez prévisible au fil de la saison. Le véritable point fort d'In Utero vient de ses intrigues secondaires. Au long des huit épisodes, la clinique voit défiler des profils très variés, offrant un panel complet sur le désir d'enfant. On croise un couple hétérosexuel mis à rude épreuve par l'infertilité, une femme célibataire qui se lance seule, ou encore deux femmes confrontées à un imprévu médical. La série montre aussi des modèles moins conventionnels, comme ces deux amis qui décident de faire un enfant ensemble sans être en couple. Tous ces profils prouvent qu'il n'y a pas qu'un seul schéma valide pour faire famille.

 

Ces histoires posent des questions éthiques essentielles sur le don d'ovocytes, la recherche des origines ou le statut de l'embryon. La série a le bon goût de ne pas faire de leçon de morale et laisse émerger les doutes de chacun. Malheureusement, le format empêche parfois certains récits secondaires de s'épanouir pleinement, donnant l'impression qu'ils servent uniquement à aborder un sujet de société. La mise en scène privilégie l'empathie et la proximité avec les acteurs. Sergio Castellitto propose une interprétation nuancée, tout comme Maria Pia Calzone et Alessio Fiorenza qui apportent beaucoup d'authenticité à leurs rôles.

 

Pourtant, le rythme baisse un peu en seconde partie de saison. L'écriture prend peu de risques et emprunte des chemins parfois balisés pour résoudre les conflits. Le final reste cohérent et refuse les solutions de facilité, mais j'aurais apprécié un ton plus percutant sur les aspects éthiques et financiers.

 

Note : 6/10. En bref, In Utero est un drame intimiste touchant qui traite d'un sujet fort avec beaucoup d'humanité. Malgré un léger manque d'audace dans sa narration, la série propose un éclairage réussi sur la réalité du parcours de PMA.

Prochainement sur HBO max

 

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delromainzika

Moi c'est Romain, Lyonnais, accro aux écrans depuis toujours. En 2006, j'ai commencé à écrire mes avis sur les séries que je regardais… et je ne me suis jamais arrêté. Vingt ans et plus de 900 séries plus tard, je continue de tout regarder, épisode par épisode : les grosses sorties Netflix, les pépites qui passent sous les radars, les séries qu'on suit depuis dix saisons et les films qui font parler. Mes critiques sont franches, parfois enthousiastes, parfois sévères, toujours sincères. Bref, si vous ne savez pas quoi regarder ce soir, vous êtes au bon endroit 🍿
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