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Law & Order Toronto: Criminal Intent (Saison 4, épisodes 1 et 2) : un nouveau départ qui fait du bien à la série 

Law & Order Toronto: Criminal Intent (Saison 4, épisodes 1 et 2) : un nouveau départ qui fait du bien à la série 

Remplacer le visage principal d'une série après trois ans d'antenne, c'est toujours un pari risqué. Quand Aden Young a quitté Law & Order Toronto: Criminal Intent, je me demandais franchement comment l'équipe allait rebondir. Son personnage d'Henry Graff occupait une place immense dans l'identité du show. Pourtant, après avoir visionné les deux premiers épisodes de cette quatrième saison, le constat tombe sous le sens : ce sang neuf tombe à pic. Je commençais à m'habituer au jeu d'Aden Young, mais son départ s'avère être la meilleure chose qui pouvait arriver à cette déclinaison canadienne de New York Section Criminelle.

 

L'arrivée de Luke Kirby dans la peau du détective John Darcy apporte une vraie rupture. Là où Graff donnait trop souvent l'impression de copier collé les mimiques de Robert Goren, Darcy pose ses propres bases. Il impose son propre style dès ses premières scènes, et cette nouvelle énergie relance immédiatement la dynamique du duo avec Frankie Bateman. Le premier épisode démarre fort en nous plongeant directement dans les règlements de comptes de la mafia calabraise. Un parrain local, Rocco Cosentino, se fait dessouder en pleine rue. Forcément, les regards se tournent vers son frangin Eddie, à peine sorti de prison. L'affaire ressemble au départ à une guerre de territoires classique entre gangs, mais le scénario bifurque vite vers un drame familial beaucoup plus intime.

 

C'est au cœur de ce panier de crabes que John Darcy fait sa première apparition aux côtés de Bateman. Les scénaristes ont eu la bonne idée de ne pas le parachuter bêtement comme le nouveau collègue qui remplace le patron. Darcy se retrouve d'abord cuisiné comme un simple témoin. Cette entrée en matière originale montre tout de suite qu'il connaît les arcanes du crime local comme sa poche. Le jeu de Luke Kirby me séduit sans attendre. Il dégage une présence complètement différente de celle d'Aden Young, plus souple, plus mobile. Son intelligence passe avant tout par un sens aigu de l'observation et une grande capacité d'adaptation. Il ne cherche jamais à imiter son prédécesseur, et ça change tout.

 

L'intrigue reste classique dans sa forme, mais elle déroule son fil avec une efficacité redoutable. Les querelles d'héritage et les fausses pistes tiennent en haleine. J'ai particulièrement aimé le fait que l'histoire dépasse le simple cadre du grand banditisme pour se concentrer sur une histoire de vengeance bien personnelle. Quant à l'affrontement final à l'hôpital, il apporte une vraie touche d'émotion tout en mettant en valeur le flair de Frankie Bateman. Le deuxième épisode franchit un cap dans le macabre. L'enquête s'ouvre sur une scène assez sordide : plusieurs morceaux d'un corps humain sont retrouvés dans des paquets dispersés dans un centre de tri postal. 

 

La victime s'appelle Malik Chambers, un ancien voyou qui tentait de se ranger en travaillant sur des chantiers de BTP. Les investigations mènent le duo au cœur d'une entreprise de construction où l'ambiance s'avère toxique. Jalousie, humiliations à répétition, tensions sous-jacentes : les suspects ne manquent pas et chacun semble cacher un lourd secret. Ce deuxième chapitre m'a davantage emballé que le pilote. L'histoire s'aventure sur un terrain psychologique beaucoup plus riche et dissèque avec précision les dégâts de la violence ordinaire. Le titre renvoie à la célèbre fable du scorpion et de la tortue, une belle métaphore de ces comportements auto-destructeurs dont certains criminels n'arrivent jamais à s'extraire.

 

La grande force du récit réside dans sa manière d'explorer les zones d'ombre de chaque protagoniste. Les intentions du départ dérapent, les erreurs s'accumulent et tout ce petit monde finit par se faire broyer dans un engrenage incontrôlable. On ne tombe jamais dans le glauque gratuit pour choquer le public. L'épisode utilise ce fait divers sordide pour aborder des sujets plus profonds comme le traumatisme, la manipulation et les rancoeurs accumulées qui finissent par emporter toute rationalité. Ces deux premiers épisodes prouvent que le changement de casting était la décision à prendre. Luke Kirby insuffle un rythme inédit et sa complicité avec Kathleen Munroe prend forme très naturellement. 

 

Frankie Bateman garde évidemment son statut de pilier, mais elle doit désormais composer avec un équipier aux méthodes bien éloignées de celles de Graff. C'est ce vent de fraîcheur qui redonne de l'intérêt à la série. Au bout de trois saisons, la formule commençait sincèrement à ronronner. Modifier l'équation principale permet d'ouvrir un nouveau chapitre sans pour autant trahir ce qui faisait l'efficacité du show. Le reste de la distribution secondaire continue de faire un travail solide, et le cadre urbain de Toronto conserve cette patte locale si particulière qui démarque le programme de la franchise américaine d'origine.

 

C'est surtout l'arrivée de Luke Kirby qui rehausse le niveau global. Je n'ai jamais été totalement emballé par le travail d'Aden Young en Henry Graff, malgré un léger mieux au fil du temps. Son départ apporte une bouffée d'air frais indispensable à la franchise. Après des débuts parfois poussifs, la série trouve enfin l'occasion parfaite pour se réinventer. La suite s'annonce sous de très bons auspices.

 

Note : 6.5/10. En bref, Law & Order Toronto: Criminal Intent réussit son pari. "Diplomatico" livre une affaire mafieuse efficace et bien ficelée, pendant que "The Scorpion and the Tortoise" propose un polar plus sombre et centré sur la psychologie de ses personnages.

Prochainement en France

 

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delromainzika

Moi c'est Romain, Lyonnais, accro aux écrans depuis toujours. En 2006, j'ai commencé à écrire mes avis sur les séries que je regardais… et je ne me suis jamais arrêté. Vingt ans et plus de 900 séries plus tard, je continue de tout regarder, épisode par épisode : les grosses sorties Netflix, les pépites qui passent sous les radars, les séries qu'on suit depuis dix saisons et les films qui font parler. Mes critiques sont franches, parfois enthousiastes, parfois sévères, toujours sincères. Bref, si vous ne savez pas quoi regarder ce soir, vous êtes au bon endroit 🍿
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