Critique Ciné : Human (2026, direct to SVOD)
Human // De Matt Stuertz. Avec Jeffrey Decker, Cecily Dowd et Jackie Kelly.
Human de Matt Stuertz nous promettait une expérience dérangeante et déjantée, à la frontière du thriller numérique et de la comédie noire. En réalité, on se retrouve devant un ratage total de 107 minutes qui prend un malin plaisir à piétiner le système nerveux du spectateur. Le pitch de départ suivait pourtant une jeune femme, Dani, jouée par Jackie Kelly, coincée seule dans un studio de cinéma pour la nuit. Alors qu'elle passe son temps greffée à son smartphone à hésiter entre sa meilleure amie Christina et un relou nommé Aaron, un rôdeur tape à la porte. Voilà pour l'ambition scénaristique.
Suit Dani Ferris, seule et épuisée, qui cherche un moment de distraction numérique avant de se coucher, mais se retrouve plongée dans un cauchemar surnaturel ensanglanté, plein d'horreurs et de chagrin.
Le festival du vide commence dès la première demi-heure, entièrement consacrée à des échanges de SMS interminables filmés en gros plans sur un écran de téléphone. On nous vend une critique moderne de notre dépendance aux réseaux, mais c'est surtout un prétexte grossier pour meubler un scénario qui tient sur un timbre-poste. Le personnage de Dani passe son temps à scroller en faisant la tête, et l'empathie s'envole dès les dix premières minutes. Quand la menace débarque enfin pour briser la monotonie, le film sombre direct dans le grand n'importe quoi sans la moindre once de talent. Le réalisateur a dû passer beaucoup trop de temps à mater des séries Z fauchées des années 90, parce que la bascule vers le surnaturel ressemble à un sketch raté.
On nous balance des effets gores et des transformations physiques ridicules censées rappeler l'énergie d'un Evil Dead, mais le résultat provoque juste un grand moment de solitude. Entre une main coupée filmée avec les pieds et des gags potaches basés sur des fluides corporels, l'humour noir tombe complètement à plat. C'est lourd, c'est vulgaire, et ça oscille constamment entre la farce puérile et le gore gratuit sans la moindre direction artistique. Pendant que le film s'enlise dans ses propres délires, Jackie Kelly fait ce qu'elle peut pour sauver les meubles avec l'énergie du désespoir. Seule à l'écran pendant une grande partie du métrage, elle hurle, grimace et surjoue l'hystérie dans des proportions qui feraient presque de la peine.
Malheureusement, la mise en scène de Matt Stuertz plombe tous ses efforts à coups d'éclairages fluorescents immondes et d'un montage épileptique. Même la bande originale électronique de Joseph Holiday tape sur les nerfs avec des boucles sonores répétitives qui vrillent le crâne à force d'être balancées en boucle. Le pire reste sans doute ce dernier acte interminable où le film pédale dans la semoule en roue libre. Le quota de sang et de crasse augmente proportionnellement à l'ennui ressenti devant cette accumulation de séquences toutes plus grotesques les unes que les autres. À aucun moment la tension ne fonctionne, la faute à un second degré permanent qui désamorce le moindre semblant d'angoisse.
On se demande juste quand tout cela va s'arrêter, en regrettant amèrement d'avoir perdu une heure et demie de notre vie devant un tel naufrage. Inutile de perdre votre temps avec cette bouillie visuelle indigeste qui se prend beaucoup trop au sérieux tout en accumulant les stupidités. Entre des effets pratiques cheap, des choix d'écriture aberrants et un humour ras les pâquerettes, Human rate tout ce qu'il entreprend du début à la fin. Passez votre chemin bien rapidement et gardez vos soirées pour des œuvres qui respectent un minimum leur public.
Note : 0.5/10. En bref, inutile de perdre votre temps avec cette bouillie visuelle indigeste qui se prend beaucoup trop au sérieux tout en accumulant les stupidités. Entre des effets pratiques cheap, des choix d'écriture aberrants et un humour ras les pâquerettes, Human rate tout ce qu'il entreprend du début à la fin.
Prochainement en France en SVOD
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