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The Party (Saison 1, 5 épisodes) : quand le thriller politique tourne à vide

The Party (Saison 1, 5 épisodes) : quand le thriller politique tourne à vide

Sur le papier, The Party avait tout pour plaire. Adaptée du roman d’Elizabeth Day par Sarah Solemani, cette mini-série britannique en cinq épisodes promettait une plongée sombre dans l'univers de la haute société. Au programme : une fête d’anniversaire qui termine dans le sang, des affaires politiques douteuses et une amitié toxique construite sur des décennies de faux-semblants. Menée par Luke Evans et Tom Cullen, la série tente de jongler entre une nuit de drame et les souvenirs d'enfance des deux protagonistes. Le résultat ? Une déception. Malgré un point de départ accrocheur, l'intrigue reste en surface et peine à captiver.

 

Martin Gilmour, journaliste, a vu sa vie façonnée par son amitié avec Ben Fitzmaurice, un homme politique riche et charismatique. Les deux se sont rencontrés dans un pensionnat prestigieux et sont depuis liés par un lien indéfectible. Trente ans plus tard, Martin est convié à la somptueuse fête d’anniversaire de Ben, organisée dans la propriété familiale des Fitzmaurice. Mais alors que Ben brigue la direction du Parti conservateur, Martin redoute que cette exposition médiatique ne fasse remonter à la surface les secrets enfouis de leur passé — des secrets capables de provoquer des conséquences tragiques.

 

Tout commence très vite. On retrouve Martin Gilmour (Luke Evans), un journaliste politique, dans un bureau de police. Il a les vêtements couverts de sang après une réception très huppée qui a mal tourné. Que s'est-il passé dans cette villa de luxe ? Quel est son rôle exact ? Et jusqu'où est-il prêt à aller pour couvrir Ben Fitzmaurice, son ami de longue date ? Ben (Tom Cullen) est l'incarnation même du privilège : riche, charismatique et prêt à tout pour gravir les échelons du Parti conservateur. Pour lui, le monde est un plateau de jeu où chaque relation doit servir ses ambitions. C'est là que Martin intervient. Grâce à ses compétences de journaliste, il sait fouiller dans les dossiers gênants et étouffer les scandales au bon moment. 

 

Quand Ben lui demande de salir un adversaire, la frontière entre amitié sincère et pure manipulation disparaît totalement. Le sujet est intéressant. La série veut dénoncer la façon dont la bourgeoisie utilise son pouvoir pour contourner la justice, en laissant ses proches payer l'addition. Mais au lieu de creuser cette mécanique, l'écriture en reste aux gros traits. L'arrogance de Ben est évidente dès la première minute, ses coups bas se voient venir de loin et la critique sociale manque cruellement de subtilité. Le véritable enjeu de la série réside pourtant dans la psychologie des deux hommes. Pour expliquer la soumission de Martin, le scénario multiplie les retours en arrière jusqu'en 1997, époque où les deux personnages étaient adolescents.

 

À l'époque, Martin est un boursier intimidé qui découvre un monde d'abondance. Son amitié avec Ben est son billet d'entrée dans la haute société. Pour Ben, c'est l'occasion de s'offrir un confident dévoué. Le surnom donné à Martin, « Little Shadow » (petite ombre), résume parfaitement leur dynamique. Martin suit, obéit et anticipe les moindres désirs de son modèle. Ce qui commence comme une fascination d'ado se transforme en une dépendance malsaine à l'âge adulte. La série effleure aussi une zone plus ambiguë : Martin ressent-il une attirance amoureuse jamais avouée pour Ben ? Cette piste aurait pu apporter une vraie tension dramatique. Malheureusement, la réalisation reste trop distante. 

 

Les scènes censées montrer leur complicité manquent de chaleur et les silences tombent à plat. On comprend la logique de leur lien, mais on ne la ressent jamais vraiment à l'écran. C'est dommage, car si l'on ne croit pas à leur amitié, les sacrifices de Martin semblent juste absurdes. Côté casting, Luke Evans s'en sort plutôt bien. Il retransmet sans mal le malaise de cet homme écartelé entre ses convictions et son besoin de plaire. Malheureusement, son personnage est tellement fermé qu'il devient difficile de s'y attacher. De son côté, Tom Cullen fait du Tom Cullen. Il a le physique et l'assurance du politicien arrogant, mais le script ne lui offre aucune nuance. Il incarne un cliché sur pattes du gosse de riche manipulateur. 

 

Leur opposition fonctionne sur le plan social, mais tourne rapidement en rond sur le plan dramatique : Ben ordonne, Martin s'exécute, puis le schéma se répète. Les flash-backs avec les acteurs plus jeunes apportent parfois un peu d'air frais, même si les allers-retours dans le temps alourdissent la mise en scène au début. D'autres personnages secondaires pâtissent aussi de ce manque de développement, notamment l'épouse de Martin, reléguée au rang de simple spectatrice. Avec seulement cinq épisodes, la série aurait dû être percutante. La construction oscille entre le présent (l'enquête policière), la nuit du meurtre et les souvenirs de jeunesse. En théorie, c'est idéal pour maintenir le suspense. En pratique, tout est trop prévisible. 

 

Les éléments clés (la présence d'armes, les tensions familiales) sont amenés de manière si évidente qu'on devine la fin bien avant le dernier épisode. Le rythme est lui aussi mal dosé. On passe beaucoup de temps sur des scènes répétitives pour montrer à quel point Ben est antipathique, alors que la résolution des conflits est expédiée. La fin laisse plusieurs questions sans réponse concernant l'enquête, sans que cela n'apporte de mystère particulièrement gratifiant.

 

Note : 4/10. En bref, The Party avait de bons arguments : une distribution solide, un cadre élégant et une vraie promesse de thriller psychologique. Mais à force d'hésiter entre la fresque politique et l'enquête policière, la série passe à côté de son sujet. Ça se regarde sans déplaisir, mais cela s'oublie aussitôt. Faute d'audace et de personnages réellement profonds, cette première saison reste une petite déception. Un divertissement correct pour un dimanche soir, mais clairement pas la série de l'année.

Prochainement en France

 

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delromainzika

Moi c'est Romain, Lyonnais, accro aux écrans depuis toujours. En 2006, j'ai commencé à écrire mes avis sur les séries que je regardais… et je ne me suis jamais arrêté. Vingt ans et plus de 900 séries plus tard, je continue de tout regarder, épisode par épisode : les grosses sorties Netflix, les pépites qui passent sous les radars, les séries qu'on suit depuis dix saisons et les films qui font parler. Mes critiques sont franches, parfois enthousiastes, parfois sévères, toujours sincères. Bref, si vous ne savez pas quoi regarder ce soir, vous êtes au bon endroit 🍿
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