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The Reluctant Vampire (Saison 1, 6 épisodes) : une comédie vampirique qui manque cruellement de mordant

The Reluctant Vampire (Saison 1, 6 épisodes) : une comédie vampirique qui manque cruellement de mordant

Je m’attendais à du lourd avec The Reluctant Vampire, et sur le papier, la série avait clairement de quoi intriguer. Entre une ambiance gothique, une tribu de créatures surnaturelles et une distribution qui sent bon la crème de la comédie britannique, on tenait un cocktail plutôt séduisant. Avec des têtes d'affiche comme Lenny Rush dans le premier rôle, épaulé par Tom Davis, Sian Clifford, Bill Bailey ou encore Ross Noble, cette première saison de six épisodes débarquait avec de solides arguments. Le projet s'appuie en plus sur l'imaginaire d'Eric Morecambe, une légende vivante de l'humour outre-Manche. Sauf qu'après avoir enchaîné tous les épisodes, le verdict est un peu rude : si l'intention est louable, la sauce a beaucoup de mal à prendre et le rire se fait bien trop discret.

 

Un prince vampire réticent vivant dans un village anglais pittoresque fait une découverte surprenante sur sa vraie nature, le forçant à remettre en question tout ce qu'il sait de lui-même et de sa communauté surnaturelle.

 

Au cœur de l'intrigue, on fait la connaissance de Val, un gamin né dans une influente famille de vampires. Son paternel, Victor, dirige son petit monde d'une main de fer, persuadé que le respect des traditions passe obligatoirement par le fait de croquer de l'humain à pleines dents. Sauf que Val est loin de partager cet enthousiasme morbide. En réalité, le jeune garçon cache un secret bien plus lourd qu'un simple manque d'appétit pour le sang : il n'est pas un vrai vampire, mais bel et bien un humain. Une sacrée révélation qui le pousse à mentir en permanence à son entourage pour survivre. Seule sa mère, Valeeta, est au courant et tente de le protéger, ce qui crée forcément un terrain propice aux tensions familiales. Cette idée de départ est loin d'être inintéressante. 

 

Elle permet d'aborder des thèmes universels comme le décalage, la quête d'identité et la difficulté de trouver sa place quand on ne rentre pas dans les cases. Val se retrouve cerné par des créatures qui incarnent l'exact opposé de ce qu'il est, ce qui aurait pu générer des situations visuelles et comiques mémorables. Le souci, c'est que le scénario rate le coche au moment de transformer cette bonne intuition en gags efficaces. Visuellement, le décor principal a pourtant du cachet. Ce grand château où se croisent gargouilles, loups-garous et métamorphes baigne dans une ambiance rétro qui assume son côté kitsch. Mettre en scène des monstres immortels aux prises avec des tracas du quotidien est un vieux ressort comique qui fonctionne d'habitude plutôt bien. 

 

Malheureusement, l'ensemble manque cruellement d'épaisseur. Les décors et les costumes affichent parfois un côté théâtral un peu cheap qui dessert l'immersion. La série ne sait jamais vraiment sur quel pied danser : elle lorgne vers le fantastique pur, essaie de hameçonner un public jeune avec des effets faciles, tout en glissant des clins d'œil pour adultes. Cette hésitation permanente plombe la cohérence globale. Le plus rageant reste sans doute le traitement du casting. Réunir des pointures de l'humour britannique et passer à côté de leur potentiel comique relève presque de la performance. Lenny Rush fait ce qu'il peut avec son énergie et apporte un vent de fraîcheur bienvenu, mais il se retrouve lesté par des répliques poussives. 

 

Tom Davis campe un patriarche imposant mais tellement précaire dans ses réactions qu'il finit par tourner en rond. Quant à Sian Clifford, elle peine à exister pleinement tant ses interactions manquent de relief. Heureusement, le duo formé par Bill Bailey et Ross Noble en gargouilles totalement loufoques sauve les meubles à coups de bouffées d'air frais et de vrais moments d'hilarité. Le vrai talon d'Achille de la série réside dans son écriture comique. À force de vouloir faire rire à tout prix, les scénaristes multiplient les jeux de mots et les situations absurdes sans jamais trouver le bon timing. Beaucoup d'effets tombent à plat, plombés par un manque de naturel et un rythme qui patine. 

 

On est bien loin de la finesse d'écriture d'une série comme Ghosts, qui réussissait à rendre ses fantômes instantanément attachants. Au bout du compte, cette première saison laisse un goût d'inachevé. The Reluctant Vampire avait toutes les cartes en main pour s'imposer comme la comédie fantastique de la saison, mais elle trébuche sur ses propres ambitions. Les amateurs de curiosités gothiques y trouveront peut-être un petit charme nostalgique le temps d'une soirée pluvieuse, mais pour une comédie, l'absence de fous rires francs reste un vrai problème.

 

Note : 3.5/10. En bref, malgré un concept intrigant et un casting britannique très prometteur, The Reluctant Vampire peine à transformer ses bonnes idées en véritables moments de comédie. La série s'emmêle dans une écriture poussive et un rythme inégal, livrant une première saison décevante qui manque cruellement de mordant.

Prochainement en France

 

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À propos
delromainzika

Moi c'est Romain, Lyonnais, accro aux écrans depuis toujours. En 2006, j'ai commencé à écrire mes avis sur les séries que je regardais… et je ne me suis jamais arrêté. Vingt ans et plus de 900 séries plus tard, je continue de tout regarder, épisode par épisode : les grosses sorties Netflix, les pépites qui passent sous les radars, les séries qu'on suit depuis dix saisons et les films qui font parler. Mes critiques sont franches, parfois enthousiastes, parfois sévères, toujours sincères. Bref, si vous ne savez pas quoi regarder ce soir, vous êtes au bon endroit 🍿
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