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Critique Ciné : Buddy (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Buddy (2026, direct to SVOD)

Buddy // De Casper Kelly. Avec Cristin Milioti, Topher Grace et Delaney Quinn.

 

Avec Buddy, Casper Kelly propose un projet complètement fou : reprendre l'ambiance ultra colorée et rassurable des programmes pour enfants des années 1990 pour en faire un terrain de jeu horrifique. Le réalisateur, qu'on connait déjà pour son court-métrage totalement déjanté Too Many Cooks, réutilise ici ce même humour bien absurde et cette envie permanente de bousculer les codes. Au programme, on retrouve une licorne orange surpuissante, des gamins coincés dans une télé et une bonne dose de sang. Sur le papier, le mélange intrigue forcément. Mais à l'arrivée, le résultat déçoit un peu par rapport à son excellente idée de départ.

 

Une fille et ses amis doivent s’échapper d’une émission de télévision pour enfants.

 

L'intrigue suit des enfants piégés dans le décor d'une émission jeunesse animée par Buddy, une mascotte à l'apparence pourtant très sympathique. Derrière les chansons rythmées, les couleurs criardes et les grands sourires forcés se cache en réalité une créature malsaine et dangereuse. Quand les petits comprennent enfin où ils sont tombés, leur quotidien se transforme en survie pure et simple. Ils doivent tout tenter pour s'échapper de cet enfer télévisuel dont Buddy gère le moindre recoin. En parallèle, l'histoire croise celle de Grace, une femme extérieure à ce monde totalement loufoque dont le parcours finit par croiser celui des victimes.

 

La grosse force du film réside clairement dans sa première moitié. Casper Kelly maîtrise totalement la reconstitution de ces vieux programmes éducatifs rétro. Les teintes sont flashy, les décors font penser à un vrai vieux plateau télé de l'époque et les personnages affichent une bonne humeur forcée qui évoque directement des souvenirs d'enfance, avec un petit air de Barney. Ce faux air de nostalgie fonctionne super bien. Les costumes, les marionnettes un peu cheap et les chansons donnent vraiment l'impression de mater une archive télé. Sauf que très vite, un grain de sable enraye la machine. Une tension bizarre s'installe. Les sourires se crispent, les réactions de Buddy deviennent bizarres et la joie apparente laisse place à un piège vicieux.

 

C'est vraiment dans ce décalage que le film brille le plus. La gentillesse dégoulinante de l'émission devient pesante, tandis que la mascotte montre un visage beaucoup plus sombre. Cette ambiance entre enfance et cruauté génère de vrais bons moments, parfois marrants, souvent malaisants. On se dit alors qu'on tient une comédie noire bien nerveuse, prête à démolir nos souvenirs cathodiques en règle. Côté casting, le gros point fort vient de Keegan-Michael Key qui double la fameuse licorne. Sa voix garde cette patate communicative des animateurs télé, mais elle peut basculer dans la menace la plus totale en une fraction de seconde. 

 

L'acteur capte parfaitement le délire et donne à Buddy une présence à la fois marrante et flippante, tout en gardant ce côté artificiel indispensable. Le contraste entre ses discours lisses et ses actes violents porte une bonne partie du film. Le reste de la distribution réunit Cristin Milioti, Clint Howard, Topher Grace et même Michael Shannon pour un petit rôle vocal. Les prestations tiennent la route, même si les seconds couteaux manquent franchement d'épaisseur. Les marionnettes et les effets visuels méritent aussi un petit coup de chapeau. Leur côté fait-main colle parfaitement à l'identité du programme fictif et appuie la bascule vers le gore. Malheureusement, le film s'essouffle en route et perd ce qui le rendait unique. 

 

Après une mise en place originale, Buddy glisse doucement vers un slasher ou un film d'horreur bien plus balisé. Les gosses courent partout, les dangers s'accumulent et les effusions de sang prennent le pas sur le reste. Le gros souci, c'est que cette transition fait retomber le soufflé. Le long-métrage fonctionnait grâce à son absurdité télévisuelle, et il abandonne un peu trop vite cette folie au profit de poursuites et de séquences gores assez convenues. En plus, le film ne fait pas vraiment sursauter. La violence est là, parfois bien visible, mais elle ne génère aucune vraie tension durable. Les jumpscares se voient venir à des kilomètres et certaines scènes misent uniquement sur le choc visuel plutôt que sur une ambiance vraiment angoissante. 

 

On aurait aimé que le réalisateur pousse le curseur beaucoup plus loin dans le malaise psychologique et le surréalisme. Le postulat de départ offrait pourtant des possibilités infinies en jouant sur la perte de repères. À la place, on se retrouve face à un horreur assez classique qui loupe une occasion d'être vraiment dérangeant. L'autre faiblesse se situe du côté du scénario et de sa construction. Une fois l'ambiance posée, le récit s'attarde beaucoup sur Grace et son passé. Même si cette intrigue aurait pu apporter de l'émotion, le personnage reste en retrait trop longtemps. Son importance arrive tardivement, ce qui donne une sensation de gros ralentissement pile au moment où le rythme devrait s'accélérer. 

 

Plusieurs pistes ou personnages débarquent aussi avant de disparaître sans explication claire. George et sa marionnette offrent quelques passages sympas, mais leur rôle dans l'histoire reste anecdotique. Le film accumule les idées sans trop savoir quoi en faire. Pourtant, quelques thématiques intéressantes se cachent sous cette couche de folie. On peut voir à travers Buddy une vraie réflexion sur les traumas d'enfance, la nostalgie et la façon dont on planque nos vieilles douleurs. Le film touche aussi un mot sur l'exploitation des mômes dans l'industrie du divertissement. Ces pistes apportent un peu de fond, même si elles se font vite bouffer par le chaos ambiant et la violence graphique.

 

En clair, Buddy avait tout pour devenir un ovni horrifique mémorable. Son idée de base de pervertir les programmes jeunesse des nineties fonctionne du tonnerre au début. La DA, les décors et la voix de Keegan-Michael Key posent une vraie patte visuelle. Mais Casper Kelly rate le coche sur la longueur. La bascule vers de l'horreur plus traditionnelle plombe l'ambiance de départ, les personnages manquent de chair et l'histoire se disperse. Le film garde quelques fulgurances et des images sympas, mais il manque cruellement de tension et de tenue pour convaincre totalement. 

 

J'aurais aimé que l'œuvre assume à fond son côté comédie noire barrée au lieu d'essayer d'être un film d'effroi classique qui ne fait pas peur. Une excellente idée initiale et une première partie réjouissante, mais un soufflé qui retombe au fil des minutes. Une curiosité à voir, tout de même, sans s'attendre à la claque ultime.

 

Note : 4.5/10. En bref, Buddy avait tout pour devenir un ovni horrifique mémorable. Son idée de base de pervertir les programmes jeunesse des nineties fonctionne du tonnerre au début. La DA, les décors et la voix de Keegan-Michael Key posent une vraie patte visuelle. Mais Casper Kelly rate le coche sur la longueur. La bascule vers de l'horreur plus traditionnelle plombe l'ambiance de départ, les personnages manquent de chair et l'histoire se disperse. 

Prochainement en France en SVOD

 

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delromainzika

Moi c'est Romain, Lyonnais, accro aux écrans depuis toujours. En 2006, j'ai commencé à écrire mes avis sur les séries que je regardais… et je ne me suis jamais arrêté. Vingt ans et plus de 900 séries plus tard, je continue de tout regarder, épisode par épisode : les grosses sorties Netflix, les pépites qui passent sous les radars, les séries qu'on suit depuis dix saisons et les films qui font parler. Mes critiques sont franches, parfois enthousiastes, parfois sévères, toujours sincères. Bref, si vous ne savez pas quoi regarder ce soir, vous êtes au bon endroit 🍿
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