Critique Ciné : Crawlers (2026, direct to SVOD)
Crawlers // De Angel Gómez Hernández. Avec Chris Rogers, Matilda Lutz et Gregg Sulkin.
Le réalisateur Ángel Gómez Hernández s’attaque à une peur universelle avec Crawlers : celle de découvrir des araignées partout dans son appartement. Sur le papier, l’idée est simple et efficace. Un immeuble résidentiel se retrouve envahi par des créatures venimeuses et mortelles, piégeant des voisins aux profils variés. Avec un tel point de départ, le film aurait pu se transformer en un divertissement horrifique bien fun, dans la droite lignée des classiques de série B. Malheureusement, la mayonnaise ne prend pas vraiment et le long-métrage peine à transformer l’essai.
Un homme revient d'un voyage en hébergeant involontairement une nouvelle race d'arachnide. Bientôt, les habitants des son immeuble sont mis en quarantaine et doivent se débrouiller seuls face à une invasion d'araignées venimeuses.
L’action se déroule au Paradiso Palms, une résidence de vingt appartements où chacun vit sa routine. Serena, jouée par Matilda Lutz, gère l'immeuble au quotidien tout en subissant les réflexions d’un propriétaire exécrable. Autour d’elle gravitent des résidents hauts en couleur, comme Bradley, un influenceur particulièrement agaçant, ou Lady Lash, une dominatrice qui a de la répartie. Évidemment, l’arrivée soudaine d'araignées géantes et mortelles bouscule ce petit monde, reléguant les tensions de voisinage au second plan. Le principal défaut du film réside dans son rythme. L’introduction prend beaucoup trop de temps à installer ses pions.
Le scénario passe une éternité à présenter les habitants à travers des portraits assez caricaturaux. L’influenceur insupportable ou les piques échangées avec Lady Lash n'ont rien de bien passionnant, et ces scènes éloignent le film de son sujet principal : l’invasion. Le danger aurait dû frapper beaucoup plus tôt pour lancer la machine. Quand l’infestation débarque enfin à l'écran, le film gagne heureusement en énergie. Certaines séquences affichent un côté visuel bien crado et répugnant, à l'image de cette ouverture autour d’une blessure infectée qui recrache des bestioles par dizaines. Le maquillage fonctionne, le malaise s’installe, et les arachnophobes risquent de grimacer.
On apprécie aussi quelques touches d'humour noir bienvenues, comme cette scène absurde où un résident tente de se détendre avec des messages de développement personnel alors que le danger approche à grands pas. Mais ces bonnes idées restent trop isolées. Le cadre de l'immeuble confiné aurait mérité une exploitation bien plus agressive, avec des cachettes partout, des conduits sombres et une tension permanente. À la place, la mise en scène enchaîne les figures imposées : des personnages qui courent, hurlent et paniquent sans réelle vision d’ensemble. Du côté des personnages, Serena fait ce qu’elle peut pour porter le récit. Ses aspirations artistiques et sa guitare avec son autocollant mélioratif finissent par servir l’intrigue, mais le personnage manque globalement d’épaisseur.
Ses réactions manquent de naturel, et elle bénéficie parfois de facilités scénaristiques grossières pour s'en sortir, rendant ses péripéties un peu artificielles. Les autres résidents ne relèvent pas le niveau et se résument à une collection de clichés ambulants, rendant l’empathie pour leur survie assez compliquée. Le scénario accumule aussi les facilités et les choix absurdes. Les araignées surgissent exactement là où l’histoire en a besoin, sans logique géographique claire dans l’immeuble. Le métrage hésite en permanence entre l'horreur premier degré, le gore et la comédie décalée, sans jamais trouver le bon curseur. Les dialogues tombent souvent à plat et les longueurs finissent par casser la dynamique.
Note : 3.5/10. En bref, Crawlers proposait pourtant un postulat réjouissant. Le décor se prêtait au cauchemar clos, et les quelques effets gores montrent un vrai savoir-faire. Mais le manque de rythme, l’incohérence globale de l’invasion et la faiblesse de l’écriture plombent l’ensemble. Le film mise trop sur la présence des bestioles pour faire peur, oubliant de construire un vrai suspense solide. Une déception qui donne surtout envie de plier bagage et de fuir l’immeuble avant le générique de fin. On est loin du génial Vermines sorti en 2023.
Prochainement en France en SVOD
Blog indépendant, sans sponsor. Un petit geste aide à le faire vivre.
/image%2F1199205%2F20261025%2Fob_9c274c_ccs-logo-fond-clair.png)
/image%2F1199205%2F20261031%2Fob_ebcb36_mv5byjqzntk0otutngixmy00yznmltk4mtmtow.jpg)