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American Horror Story (Saison 13, épisode 13 - season finale) : un final qui gâche les retrouvailles et laisse un goût amer

American Horror Story (Saison 13, épisode 13 - season finale) : un final qui gâche les retrouvailles et laisse un goût amer

Il m'aura fallu attendre treize épisodes pour découvrir enfin le bout de la route de cette saison 13 d’American Horror Story. On nous la vendait comme le grand rassemblement de la franchise, le rendez-vous ultime réunissant les visages marquants de Murder House, Coven et Apocalypse. Franchement, la promesse avait de quoi m'enthousiasmer. Après des semaines à suivre le fil des révélations sur la lignée de Satan, le clan Langdon et l'avenir des sorcières, j'attendais que ce dernier chapitre assemble toutes les pièces du puzzle. La douche froide est d'autant plus rude. Le grand final tourne à la résolution expéditive, les arcs narratifs des personnages partent en fumée et toute une série de questions reste purement sans réponse.

 

Au sortir de l'épisode précédent, le décor me semblait pourtant parfait pour un final explosif. Cordelia et Queenie sortaient tout juste d'une attaque de Mr. Phibes et du Rubber Man, Ben faisait face à son père, le clan des sorcières sombrait et Satan touchait au but. Tous les voyants étaient au rouge pour nous offrir un vrai feu d'artifice. Au lieu de faire monter la pression et de donner une réelle utilité à toute cette galerie de personnages, le récit prend un raccourci bien trop facile. La menace planétaire installée depuis des semaines s'évapore en un claquement de doigts, sans la moindre bataille digne de ce nom. Après nous avoir abreuvés de longs discours sur les pactes divins, les sacrifices et la puissance de la magie, le dénouement manque cruellement d'envergure.

 

C'est là toute ma frustration. Satan, censé incarner l'apocalypse ultime, ne bénéficie d'aucun duel à la hauteur de son rang. On passe un temps infini à s'expliquer assis autour d'une table, puis le scénario boucle le tout à la va-vite pour fermer le livre au plus vite. Tout ce potentiel accumulé entre les sorcières, la reine vaudou et le fils du diable part en fumée sans qu'aucun personnage n'utilise vraiment ses pouvoirs. Au milieu de cette débâcle narrative, une seule parenthèse trouve grâce à mes yeux : le passage où Cordelia visite son propre enfer. Cette séquence ramène une vraie touche d'intimité au récit. On y retrouve ses remords, ses blessures et les choix douloureux qui ont construit son parcours. 

 

Sarah Paulson y apporte une sincérité touchante dans un épisode qui en manque cruellement. Ce crochet par son enfer intime aurait dû servir de rampe de lancement pour offrir à Cordelia la sortie qu'elle méritait. Depuis Coven, elle est le pilier central du groupe. Sa prise de pouvoir en tant que Suprême et son rapport toxique avec Fiona exigeaient un vrai bilan. Le problème, c'est que la série ne s'arrête jamais pour scruter ce qu'elle ressent vraiment face aux secrets de sa famille et à son lien de sang avec le diable. Découvrir que son arbre généalogique est relié aux ténèbres aurait dû la détruire ou la métamorphoser. Ici, elle absorbe l'information comme une simple ligne dans un dossier avant de passer au sujet suivant. 

 

Le constat est identique pour le duo Fiona et Constance. Apprendre qu'elles étaient sœurs et liées au malin appelait une ultime confrontation au sommet. Leur histoire commune et cette nouvelle dynamique méritaient bien plus qu'une poignée de minutes en fond de décor. Leurs retrouvailles s'annonçaient grandioses, elles finissent au rang de simple figuration. Le douzième épisode avait longuement insisté sur le rapprochement entre Madison et Ben. Cette union improbable apportait une fraicheur bienvenue au personnage d'Emma Roberts tout en donnant à Ben une vraie raison de braver l'autorité paternelle. Là encore, l'épisode 13 gâche complètement l'essai. L'arrivée de leur enfant débarque de façon brutale dans le récit. 

 

Après tous les problèmes d'infécondité abordés plus tôt, cet événement aurait pu devenir un moment fort pour Madison. C'était l'occasion rêvée d'explorer de nouvelles facettes d'un personnage qui avait tellement évolué depuis sa première apparition. Au lieu de ça, la scène sonne faux et semble juste posée là pour rendre Ben sympathique avant l'heure des choix. Les réactions s'enchaînent sans naturel, le jeu manque de conviction et l'histoire d'amour n'a jamais le temps d'exister. Madison, qui avait gagné en maturité dans Apocalypse, se retrouve ramenée à son état d'origine. De son côté, Ben peine à convaincre. Son dilemme de fils de Satan avait pourtant de quoi porter toute la saison. 

 

Son enfance, ses peurs et son désir d'émancipation formaient une excellente matière brute. Mais à force d'avoir été laissé de côté pendant des semaines, son virage final manque totalement d'impact. À mes yeux, le plus gros gâchis de ce final réside dans son utilisation des anciens visages. Faire revenir Myrtle Snow, Fiona Goode, Marie Laveau, Queenie ou Constance Langdon est une chose, savoir quoi en faire en est une autre. Le retour de Myrtle m'a fait plaisir sur le coup, mais sa présence au dénouement reste anecdotique. Marie Laveau, qui semblait maîtresse du jeu dans la préparation du riposte, s'évapore de l'écran sans demander son reste. Queenie et Cordelia se retrouvent propulsées au cœur du plan final, mais ce qui leur arrive n'a aucune retombée visible.

 

Le cas d'Evan Peters illustre parfaitement cette gestion bancale. On nous promettait un rôle clef, on récolte une impression de travail inachevé. Plusieurs figures croisées en route disparaissent tout simplement sans laisser d'adresse, de la famille Anderson jusqu'à Twisty. Les morts revenus de l'enfer font de la simple figuration fan-service. La déception est maximale pour Constance. Ses liens révélés avec Fiona et le diable ouvraient une piste fascinante sur sa maternité toxique et sa quête de famille. Le scénario préfère tout mettre sous le tapis. Reconnaître un visage familier ou réentendre une réplique culte apporte une satisfaction immédiate, mais cela ne remplacera jamais une écriture solide. Ces figures historiques ont un vécu et une trajectoire qui méritaient du respect, pas un simple salut face caméra.

 

Ce treizième épisode ne fait que révéler au grand jour les faiblesses qui traînaient depuis le lancement de la saison. Le format beaucoup trop court des épisodes a étouffé les histoires. Les révélations sont tombées comme des cheveux sur la soupe, les attitudes des personnages ont changé au gré des besoins du script et les connexions avec le passé ont créé plus d'incohérences qu'autre chose. L'explication autour de la famille de Satan résume parfaitement le problème. Tisser un lien de parenté entre Sister Jude, Fiona et Constance pouvait paraître brillant sur le papier. Dans les faits, cela vient contredire de grands éléments installés dans Asylum, Coven et Murder House. La série nous demande d'avaler ces couleuvres sans prendre la peine de nous donner un mode d'emploi logique.

 

Même constat pour le traitement des sorcières. Après nous avoir répété à quel point ce groupe était puissant, les voir rester les bras croisés au moment de conclure laisse un goût étrange, surtout quand on se rappelle la mobilisation générale face à Michael Langdon dans Apocalypse. Cette fin de saison laisse un sentiment d'inachevé particulièrement frustrant. Le point de départ était bon, les acteurs répondaient présent et l'univers offrait assez de matière pour nous offrir une grande conclusion. L'écriture n'a tout simplement pas suivi les ambitions de départ. On retiendra quelques fulgurances isolées, comme le jeu de Sarah Paulson, le retour savoureux de Myrtle ou les retrouvailles électriques entre Fiona et Constance. Mais ces bons moments restent noyés dans un ensemble désorganisé.

 

Après des années à suivre l'évolution de la franchise, ce grand rassemblement avait une lourde tâche sur les épaules. Il devait rendre hommage au passé tout en racontant une histoire qui tienne la route par elle-même. La saison préfère empiler les clins d'œil et les raccourcis. Le plus regrettable reste de constater que les bonnes idées étaient bien là. Avec un peu plus de temps et de soin, le parcours de Ben, la place de Fiona, le destin de Constance et un grand duel final auraient pu offrir un spectacle mémorable. 

 

Note : 2/10. En bref, cette saison 13 restera comme un grand rendez-vous manqué. Pas par manque d'intérêt envers ces figures cultes, mais parce qu'on ne leur a pas donné la place d'exister. Ce final passe à côté de son sujet et laisse trop de portes fermées à la hâte. Pour une réunion de cette ampleur, la franchise se devait d'offrir un bien meilleur spectacle à ses fans.

Disponible sur Disney+

FX a renouvelé American Horror Story pour une saison 14. 

 

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delromainzika

Moi c'est Romain, Lyonnais, accro aux écrans depuis toujours. En 2006, j'ai commencé à écrire mes avis sur les séries que je regardais… et je ne me suis jamais arrêté. Vingt ans et plus de 900 séries plus tard, je continue de tout regarder, épisode par épisode : les grosses sorties Netflix, les pépites qui passent sous les radars, les séries qu'on suit depuis dix saisons et les films qui font parler. Mes critiques sont franches, parfois enthousiastes, parfois sévères, toujours sincères. Bref, si vous ne savez pas quoi regarder ce soir, vous êtes au bon endroit 🍿
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