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Critique Ciné : Les Boxtrolls, âme de Burton

24 Novembre 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Les Boxtrolls, âme de Burton

Les Boxtrolls // De Graham Annable (et Anthony Stacchi). Avec les voix VO de Isaac Hempstead-Wright, Elle Fanning et Ben Kingsley.


Dans Les Boxtrolls il y a beaucoup de Tim Burton dedans. Cela transpire à chaque coin de rue à Cheesebridge. C’est une très bonne chose d’ailleurs car c’est en grande partie ce qui m’a permis d’apprécier aussi bien ce film. On retrouve aussi un peu de l’excellent Coraline (dont Les Boxtrolls est fait par les mêmes créateurs) et de L’Etrange Pouvoir de Norman. Si toutes ces références semblent être assez bien indexées dans ce film, ce qu’il faut avant tout souligner c’est la qualité de la mise en scène et de l’animation. C’est un point important dans un film de ce genre là pour que je puisse l’apprécier pleinement. Car un film d’action avec une histoire intéressante mais visuellement laid ne va pas vous donner envie de le regarder. C’est bien pour ça que pour Les Boxtrolls il fallait que le film soit beau. L’intrigue de base de ce film était assez étrange car je me questionnais réellement sur ce qu’ils pouvaient bien nous raconter sur ces trolls qui se cachent dans les rues dans des boîtes. Il y a forcément beaucoup de choses qui se rapportent à l’univers de Tim Burton. Notamment la façon dont est introduit le méchant, l’utilisation de la mascarade musicale (qui n’est pas sans rappeler Sweeney Todd) sans parler des personnages qui ont parfois un arrière goût des Noces Funèbres.

Les Boxtrolls est une fable qui se déroule à Cheesebridge, une ville huppée de l’époque victorienne, dont la principale préoccupation est le luxe, la distinction et la crème des fromages les plus puants. Sous le charme de ses rues pavées, se cachent les Boxtrolls, d’horribles monstres qui rampent hors des égouts la nuit pour dérober ce que les habitants ont de plus cher : leurs enfants et leurs fromages. C’est du moins la légende à laquelle les gens de Cheesebridge ont toujours cru. En réalité les Boxtrolls sont une communauté souterraine d’adorables et attachantes créatures excentriques qui portent des cartons recyclés comme les tortues leurs carapaces. Les Boxtrolls ont élevé depuis le berceau un petit humain orphelin OEuf, comme l’un  des leurs, explorateur de décharge et collectionneur de détritus mécaniques.

C’est peut-être moins terne et dur qu’un film d’animation de Tim Burton (le dernier en date, Frankenweenie était d’ailleurs assez difficile émotionnellement parlant). Avec Les Boxtrolls on est tout de même dans un esprit beaucoup plus jovial où la rencontre entre ces fameux « boxtrolls » et les habitants de Cheesebridge va se faire petit à petit. Les cocasseries s’enchaînent elle aussi au travers d’une histoire assez simpliste et basique. Le but est probablement de séduire tous les publics et c’est pourquoi il ne faut pas rendre le tout trop complexe. Mais je n’en veux pas aux scénaristes qui ont tout de même trouvé le moyen de rendre ce film d’animation intelligent. Car il n’est jamais arrosé de crétinerie comme cela peut être le cas de bien des films d’animation produits par des grandes chaînes de production. Il manque tout de même un peu d’humour pour parvenir à nous séduire complètement. En effet, les personnages ne sont pas toujours drôles même si quelques bonnes idées se transforment en bons gags, il en aurait peut-être fallu un peu plus à mon goût. De plus, je trouve aussi que les personnages ne sont peut-être pas aussi bien développés qu’ils n’auraient pu l’être. Les Boxtrolls fonctionnant en grande partie grâce à son esthétisme.

Oui, c’est peut-être ce qui fait plus ou moins flancher le film. Graham Annable et Anthony Stacchi nous proposent en effet quelque chose d’assez basique et les personnages manquent donc de quelque chose. Adapté du roman pour enfants « Here Be Monsters » de Alan Snow, Les Boxtrolls reste une idée originale qui méritait d’être adaptée. Surtout que l’on ne peut qu’être séduits par l’amplitude des décors, la façon dont est géré l’animation, etc. Tout semble assez bien fonctionné de ce point de vue là et c’est tout ce que j’attendais de la part de ce film. J’avais envie de voir un beau film, s’attaquant à ce que Tim Burton peut faire de brillant, tout en gardant à l’esprit que ce n’est pas du Tim Burton. Je sais que je ne cesse de voir Burton de partout dans Les Boxtrolls mais ce n’est pas un défaut ou une façon de dire que Les Boxtrolls est moins bien. C’est juste une façon de mettre en avant les qualités de l’animation et du travail qui a été réalisé. Car l’on sent tout de même que derrière la beauté de ce film, se cache aussi un travail titanesque pour arriver à quelque chose d’aussi propre et brillant à l’écran. En termes d’animation, j’entends bien sûr.

Note : 6.5/10. En bref, un beau film d’animation, intelligent et travaillé mais qui manque d’humour et dont les personnages ne sont pas suffisamment développés.

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