Critique Ciné : Little Brother (2026, Netflix)

Critique Ciné : Little Brother (2026, Netflix)

Little Brother // De Matt Spicer. Avec John Cena, Eric André et Christopher Meloni.

 

Netflix vient de sortir Little Brother, sa toute nouvelle comédie américaine menée par John Cena et Eric André. Sur le papier, la formule a déjà fait ses preuves pas mal de fois. On prend un mec complètement obsédé par le contrôle, on lui colle dans les pattes un électron libre imprévisible qui détruit son quotidien, et on regarde les étincelles. Malheureusement, même si le duo d'acteurs se donne à fond, le film ne décolle jamais vraiment et laisse un arrière-goût de déjà-vu assez frustrant. L’histoire se concentre sur Rudd, un agent immobilier qui a tout réussi. Sa boîte tourne à plein régime, sa famille a l'air parfaite et il attend même la consécration ultime avec le tournage d'une émission de télé sur son boulot. 

 

Le monde soigneusement construit d'un célèbre agent immobilier est bouleversé lorsque son excentrique « petit frère » réapparaît de manière inattendue.

 

Sauf qu'en réalité, Rudd est un grand anxieux qui passe son temps à vouloir prouver sa valeur aux yeux du monde, et surtout face à un frère avec qui le courant ne passe pas du tout. Tout son petit monde s'écroule quand Marcus débarque sans crier gare. Marcus, c’est un jeune que Rudd parrainait autrefois dans un programme de mentorat, et il sort tout juste d’un séjour en hôpital psychiatrique. Pour lui, Rudd est son grand frère spirituel, le seul repère qui lui reste. Sans demander son reste, il s'incruste dans sa vie avec une spontanéité totale. Forcement, chaque journée se transforme immédiatement en un immense champ de bataille logistique et émotionnel. Ce qui est plutôt cool au départ, c'est que le film ne cherche pas à faire de Marcus un méchant ou un parasite malveillant. 

 

Toutes les gaffes monumentales qu’il enchaîne viennent simplement d'un immense besoin d’affection et d'un décalage complet avec les codes sociaux. Cette idée de base était super intéressante. Elle aurait pu donner une comédie humaine, un truc bien équilibré entre de vrais éclats de rire et des moments un peu plus touchants. Sauf que Little Brother choisit presque toujours la solution de facilité. Le gros point noir du film, c'est clairement son humour. Les scènes comiques s'enchaînent sans laisser souffler le spectateur, mais elles tombent hyper souvent à plat. Le scénario force le trait en permanence avec des situations exagérées, des dialogues surécrits et des vannes un peu lourdes ou vulgaires qui finissent par lasser.

 

Le problème n’est pas forcément le style d'humour en soi, mais plutôt le fait que le film n'a qu'une seule carte dans son sac. Au bout de vingt minutes, on comprend que le film tourne en boucle sur le même schéma. Marcus fait une énorme connerie, Rudd pète un câble, les deux se boudent, puis la machine redémarre exactement de la même manière. À force de répéter le même mécanisme, les gags perdent toute leur efficacité et on finit par regarder sa montre. Cette sensation de surplace est encore renforcée par un scénario qui manque cruellement de surprise. On devine la trajectoire de l'histoire dès le premier quart d'heure. Les disputes, les moments de réconciliation forcée et la fin du film suivent une route balisée au centimètre près. 

 

On a l’impression tenace de regarder un assemblage de plusieurs comédies américaines des années 2000, sans que le réalisateur n'apporte sa propre touche. Ce qui nous faisait rire il y a quinze ans paraît aujourd'hui un peu daté et lourd. Heureusement que le casting sauve un peu le visionnage. Le vrai point fort du film reste la complicité entre les deux acteurs principaux. John Cena gère toujours aussi bien le rôle du gros bras rigide complètement dépassé par les événements. Il apporte une vraie sincérité à ce personnage incapable de lâcher prise. En face, Eric André balance une énergie folle en Marcus. Même quand le scénario le pousse à faire des trucs complètement absurdes, il arrive à glisser une vraie sensibilité dans son regard. 

 

Derrière ses crises et ses maladresses, on sent un mec profondément seul qui cherche juste une famille pour avancer. Cette touche d'humanité donne un peu de relief à un film qui aurait pu devenir une simple caricature sans intérêt. Du côté des seconds rôles, Michelle Monaghan fait ce qu'elle peut dans le rôle de la femme de Rudd, mais son personnage est trop peu écrit pour exister. Christopher Meloni s’en sort mieux en incarnant le vrai frère de Rudd, même si on aurait aimé le voir plus souvent à l'écran pour pimenter un peu le récit. Les autres personnages servent malheureusement juste de faire-valoir pour amener de nouveaux gags.

 

Derrière la caméra, la réalisation de Matt Spicer reste ultra classique et ne prend aucun risque. Elle met bien en valeur les acteurs mais n'offre aucune idée de mise en scène marquante. La musique accentue aussi ce côté industriel en soulignant lourdement chaque émotion.

 

Note : 3.5/10. En bref, c’est dommage, car le film effleure un sujet touchant : la famille qu'on se choisit et la peur de ne pas être parfait. Mais au lieu de creuser cette relation, Little Brother préfère enchaîner les situations burlesques. Au final, ça se regarde le dimanche soir sans prise de tête, mais ça s'oublie aussi vite après le générique.

Sorti le 26 juin 2026 directement sur Netflix

 

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