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Critique Ciné : Xenia, frères différents

6 Avril 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Xenia, frères différents

Xenia // De Panos H. Koutras. Avec Kostas Nikouli, Nikos Gelia et Yannis Stankoglou.


Ce road-movie manque tout de même sacrément de surprises. Je trouve intéressant la vision de la Grèce que Xenia tente de nous offrir, ce pays rongé par les problèmes fascistes, l’argent et la misère (ces endroits abandonnés), sans parler de l’acceptation plus que difficile des homosexuels. Mais au delà de cette vision intéressante des choses, le film est particulièrement mou. Au fil des deux heures, on n’apprend pas grand chose et le film ne fait pas vraiment évoluer les choses de la meilleure façon qu’il soit. On retrouve également des défauts dans la mise en scène de Panos H. Koutras (L’attaque de la moussaka géante) qui ne semble pas trop savoir quoi faire de son film, entre comédie légère et drame familial complexe. Il y a des moments plus intéressants que d’autres, des idées qui font mouches (notamment la vision rêveuse du monde de Dany, ne serait-ce que pour l’histoire de son lapin) mais au delà de tout ça, cette comédie dramatique n’a pas le charme que l’on m’avait vendu au premier abord. Je m’attendais à quelque chose d’un peu plus creusé, permettant de réellement voir où est-ce que le film voulait nous emmener.

A la mort de leur mère, Dany et son frère Odysseas, 16 et 18 ans, prennent la route d’Athènes à Thessalonique pour retrouver leur père, un Grec qu’ils n’ont jamais connu. Albanais par leur mère, ils sont étrangers dans leur propre pays et veulent que ce père les reconnaisse pour obtenir la nationalité grecque. Dany et Ody se sont aussi promis de participer à un populaire concours de chant qui pourrait rendre leur vie meilleure. Ce voyage mettra à l’épreuve la force de leurs liens, leur part d’enfance et leur amour des chansons italiennes.

La première partie est très longue. Elle se dessine entre passages oniriques et quelques moments entre les deux frères qui n’ont pas vraiment la même vision des choses et de la vie. A la fois par rapport à leur sexualité mais également par rapport à la relation qu’ils ont pu avoir l’un comme l’autre avec leur mère (et leur père). Ils cherchent à retrouver ce dernier, qu’ils n’ont jamais réussi à connaître. Le face à face final dans la seconde partie du film est tout de même assez efficace mine de rien, bien que fonctionnant sur quelque chose de terriblement prévisible et facile (on se doute bien au moment où on découvre que Dany a une arme, qu’ils vont à un moment donner confronter le père avec cette arme) mais finalement, cette scène ne suffit pas au film. Le film veut trop en faire par moment, surtout dans la première partie. Les moments de mise en scène les plus oniriques et sensés être les plus inspirés, tombent finalement dans le kitsch et cela n’a pas vraiment de lien avec quoi que ce soit d’autre dans le film (Dany n’est pas du genre à se droguer).

Du coup, Xenia a deux visions des choses. Une première vision assez réaliste du monde qui entoure ces deux frères (la Grèce, le père absent, l’envie d’un des deux de voir son frère réussir à un talent show national, etc.). Sauf que le film souffre très rapidement, de son manque d’idées et ce n’est pas en se payant la présence de Patty Pravo en caméo à la fin du film que Xenia va parvenir à me séduire. La femme a beau avoir une très belle voix et être une véritable icône de la musique italienne, Xenia n’en fait même pas bon usage car comme beaucoup de choses dans ce film, cela tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. J’aurais donc adoré partager le plaisir pris par beaucoup devant ce petit film grec mais je n’ai malheureusement rien ressenti. Son véritable atout vient probablement de Kostas Nikouli et Nikos Gelia qui ont une alchimie qui s’impose directement et qui électrise le film du début à la fin. Cela permet de ne pas passer un désagréable moment car 2 heures de film c’est tout de même assez long pour ne pas avoir envie de s’ennuyer.

Note : 4/10. En bref, décevant.

Date de sortie : 18 juin 2014

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