8 Octobre 2026
Insidious: l’invasion du lointain // De Jacob Chase. Avec Amelia Eve, Island Austin et Lin Shaye.
Après cinq films, Insidious revient avec un sixième volet intitulé Insidious : L’Invasion du Lointain. Un nouveau chapitre qui cherche à élargir l’univers de la saga tout en conservant les ingrédients qui ont fait son identité : maisons inquiétantes, démons, cauchemars, apparitions et passages vers le Lointain. Sur le papier, l’idée permettait pourtant d’apporter un peu de nouveauté. À l’écran, le résultat est beaucoup plus partagé. Le film possède quelques scènes capables de provoquer un vrai malaise, notamment dans un cabinet dentaire ou autour d’un canapé. Mais entre ces moments, le scénario s’égare régulièrement dans des mécanismes déjà vus.
Gemma, une jeune mère élève sa fille dans la maison de son enfance. Elle découvre qu'elle peut voyager dans le Lointain, ce royaume purgatoire des âmes perdues au cœur de l'univers d'Insidious. Lorsqu'une entité malveillante s'en prend à elle, Gemma révèle un pouvoir qui change tout : elle ne se contente pas d'entrer dans le Lointain, elle peut ramener dans le monde réel ce qui s'y trouve. Une fois que les démons prennent conscience de son pouvoir, notre monde devient alors leur terrain de jeu.
Insidious : L’Invasion du Lointain reste donc un film d’horreur correct, mais difficile de ne pas regretter ce que la saga aurait pu faire avec cette nouvelle idée. Cette fois, l’histoire ne repose pas directement sur la famille Lambert. Le film suit Gemma, une jeune mère qui retourne vivre avec sa fille dans la maison de son enfance. Ce retour dans un lieu chargé de souvenirs va rapidement réveiller quelque chose de beaucoup plus inquiétant. Gemma possède une capacité particulière : elle peut entrer dans le Lointain. Mais son pouvoir ne s’arrête pas là. Certaines créatures peuvent également profiter de ce passage pour rejoindre le monde réel.
Cette idée est probablement ce qui m’intéresse le plus dans Insidious : L’Invasion du Lointain. Jusqu’ici, le Lointain représentait surtout un territoire dangereux dans lequel les personnages devaient s’aventurer. Ici, la menace fonctionne dans les deux sens. Le problème n’est plus seulement de pénétrer dans cet univers, mais de savoir ce qui risque d’en ressortir. Il y avait donc matière à renouveler véritablement la formule. Le film n’est pas totalement dépourvu de qualités. Certaines séquences montrent clairement que Jacob Chase sait construire une scène d’horreur. La scène du cabinet dentaire est probablement celle qui m’a le plus marqué. Le décor suffit à installer un malaise, puis le travail sur les sons et les apparitions fait le reste.
Pas besoin d’une armée de créatures pour créer une sensation désagréable : quelques éléments bien placés suffisent. La séquence du canapé fonctionne également grâce à une idée de mise en scène assez simple. Le personnage semble coincé dans un espace dont il est impossible de sortir normalement, comme dans un mauvais rêve. Cette sensation de piège correspond plutôt bien à ce que Insidious sait faire lorsqu’il se concentre sur l’ambiance. Le problème est que ces scènes restent isolées. C’est là que le film commence à me perdre. Plus Insidious montre son univers surnaturel, moins celui-ci semble inquiétant. Le Lointain fonctionnait davantage lorsqu’il restait mystérieux.
Dans ce sixième film, les créatures sont nombreuses et certaines manifestations deviennent presque habituelles. La peur laisse alors progressivement la place à une forme de spectacle fantastique. Cette accumulation ne rend pas forcément les démons plus impressionnants. Au contraire, elle finit parfois par banaliser leur présence. Le même problème concerne les jumpscares. Quelques sursauts sont bien amenés, mais beaucoup reposent sur des mécaniques que la saga utilise depuis plusieurs épisodes. Une silhouette dans un coin sombre, un bruit soudain, une apparition derrière un personnage : le spectateur comprend rapidement où le film veut l’emmener.
Pour un sixième épisode, cette sensation de déjà-vu devient difficile à ignorer. Amelia Eve constitue une bonne raison de rester impliqué dans l’histoire. Gemma n’est pas simplement une héroïne chargée de fuir des démons. Son rapport à sa mère, à sa fille et à son passé donne une dimension plus intime au récit. Le thème de la transmission familiale apporte d’ailleurs quelque chose au film. Le Lointain devient une représentation des souvenirs et des traumatismes qui continuent de poursuivre une personne longtemps après les événements. Cette dimension aurait mérité davantage de place. Le film possède les bases d’une histoire autour de la mémoire, de la maternité et des blessures familiales, mais préfère souvent revenir aux apparitions et aux monstres.
C’est dommage, car cette partie aurait pu donner une vraie identité à ce nouvel Insidious. Impossible de parler de la saga sans évoquer Élise. Le personnage interprété par Lin Shaye reste associé à l’identité d’Insidious et son retour constitue forcément un petit plaisir pour les fans. Sa présence fonctionne surtout parce qu’elle apporte un lien avec les précédents films. Mais son apparition donne aussi parfois l’impression d’être là pour rappeler au spectateur qu’il regarde bien un Insidious. C’est toute la difficulté du fan-service : quelques clins d’œil peuvent faire plaisir, mais trop de rappels donnent rapidement l’impression d’un passage obligé. Ici, le retour d’Élise fonctionne plutôt bien, sans pour autant résoudre les problèmes du scénario.
Insidious : L’Invasion du Lointain n’est pas le désastre annoncé par certaines réactions. Le film possède de bonnes scènes, une héroïne intéressante et une idée de départ qui aurait pu permettre à la saga de changer un peu de direction. Mais il manque quelque chose d’essentiel : la peur. Le cabinet dentaire fonctionne. La scène du canapé fonctionne. Quelques passages jouent correctement avec les décors et les arrière-plans. Pourtant, le reste paraît beaucoup trop balisé. Les créatures sont davantage montrées, les jumpscares deviennent prévisibles et le Lointain perd une partie de son mystère.
J’ai donc davantage apprécié les intentions que le résultat final. Après six films, Insidious avait besoin de retrouver ce qui faisait son intérêt : la suggestion, le malaise et cette impression qu’un danger invisible pouvait surgir derrière une porte ou au fond d’un couloir.
Note : 4.5/10. En bref, Insidious : L’Invasion du Lointain reste divertissant par moments, mais son potentiel était supérieur à ce que le film finit par proposer. Une nouvelle famille, un nouveau pouvoir et une nouvelle menace ne suffisent pas toujours à renouveler une formule lorsque les mécanismes de peur restent presque identiques.
Sorti le 19 août 2026 au cinéma
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