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Critiques Séries : River. Saison 1. Pilot (UK).

17 Octobre 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #River

Critiques Séries : River. Saison 1. Pilot (UK).

River // Saison 1. Episode 1. Pilot.


Après John Luther, nous avons John River. Ce n’est pas nouveau les séries de flics britanniques terrifiantes et violentes. Mais toutes n’ont pas Stellan Skarsgard pour incarner leur héros. De ce point de vue là, River est une vraie réussite. Cela colle même à merveille avec Nicola Walker (qui officie également en parallèle sur Unforgotten, actuellement diffusée, et que l’on connait pour son rôle dans entre autre MI-5 ou encore Last Tango in Halifax). La scène d’ouverture de ce premier épisode est très joyeuse, très vivante. Puis tout d’un coup, tout bascule et la série devient beaucoup plus morose et moins joyeuse. C’est dans ce genre de moments où l’on commence à comprendre que River ne va pas être de la pâte à tartiner mais quelque chose de beaucoup plus rugueux. Ce n’est pas facile de faire une bonne série policière quand à côté on a la pression de ce qui a déjà été fait ailleurs. Pour créer cette toute nouvelle série, c’est à Abi Morgan (créatrice de The Hour, scénariste de Shame et La dame de fer et bientôt au cinéma Les Suffragettes) qui s’y est collée. Associer les démons personnels avec une relation de coéquipier ce n’est pas facile et l’on retrouve énormément de l’influence néo-scandinave sur le monde du polar, aidée par la présence à sa tête d’un acteur suédois.

John River est un officier de police brillant malgré esprit très fragile. C'est par cette faille que River résout ses enquêtes, mais celle-ci pourrait lui couter sa carrière et sa santé...

L’avantage de River est d’avoir des twists en stock. BBC 1 n’avait pas réussi une série policière aussi bien depuis Luther dans mes souvenirs. En tout cas, j’en ai vu passer mais aucune ne m’avait autant marqué depuis (et j’ai hâte de voir la saison 4). Pour en revenir à River, la série fonctionne aussi sur un duo aux antipodes qui n’ont pas du tout la même façon de penser. Stevie et John font donc la père de par leurs différentes. Elle est jeune, drôle et puis elle aime les vacances et changer des classiques du disco des années 70, etc. Sauf que Stevie est un « fantôme », une personne que John voit et qui l’aide finalement à garder les pieds sur terrain. Nicola Walker est parfaite car à chaque fois qu’elle intervient c’est toujours pour poser la bonne question, toujours pour trouver quelque chose que John n’a pas vu de lui même mais que son subconscience (enfin, Stevie) a vu. Tuée au cours d’une intervention, elle hante depuis John. La façon qu’a Stellan Skarsgard d’incarner River me rappelle parfois un peu ce qu’il a pu faire dans le brillant Nymphomaniac (faisant partie de mes films préférés de l’année dernière). Mais Stevie n’est pas la seule personne qui hante John. River est justement originale pour sa façon d’utiliser les présences fantomatiques.

Car dès que Stevie apparait par exemple, River parvient à retrouver le sourire et d’un coup d’un seul, on sent dans son regard qu’il se rend compte que sa solitude. Mais j’ai trouvé intéressant la façon il aperçoit également la personne disparue, une jeune fille, sur laquelle River enquête. Il y a pas mal de belles choses dans ce premier épisode dans l’écriture. On retrouve d’ailleurs ce goût prononcé pour le côté rugueux et clinique (déjà vu dans Shame, même si cela avait été aidé par la mise en scène de Steve McQueen). En tout cas Abi Morgan apporte une vraie humanité à sa série et c’est une brillante idée. Comptez moi, je suis déjà attaché au personnage qui dégage une sympathie dès le premier regard. Car l’on a de la peine pour lui, pour sa solitude et le fait qu’il semble complètement perdu dans sa propre vie, entre le passé qu’il le maîtrise pas et les « fantômes » qu’il voit à longueur de journée. C’était une bonne idée que d’intégrer aussi au casting Eddie Marsan (Ray Donovan). Ce dernier est parfait dans le rôle de Dr Thomas Cream, l’un des « esprits » qui hante River. Car oui, il faut bien des tas de personnalités différentes ce qui permet aussi de délivrer à River toute la richesse de son récit. Bien entendu, Stellan Skarsgard est pour beaucoup dans la réussite de ce premier épisode mais peu importe, le scénario est tout aussi solide.

Note : 9/10. En bref, une série policière à l’introduction étonnante.

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