Critiques Séries : 9-1-1. Saison 8. Episode 17.

Critiques Séries : 9-1-1. Saison 8. Episode 17.

9-1-1 // Saison 8. Episode 17. Don’t Drink the Water.

 

À l’approche de la fin de saison, 9-1-1 persiste à explorer les répercussions profondes de la disparition de Bobby. Ce choix narratif, assumé dans la longueur, continue de déconstruire les dynamiques du groupe, tout en intercalant des situations d’urgence à la limite de l’absurde. Un équilibre fragile que l’épisode 17 peine parfois à maintenir, entre drame personnel, catastrophe collective et parenthèses comiques mal dosées. Buck, en quête de sens depuis la mort de Bobby, reste au cœur de l’épisode. Sa solitude est palpable, amplifiée par une scène d'ouverture qui joue sur le contraste entre le souvenir et le présent. 

 

Ce face-à-face silencieux avec l’absence n'est pas nouveau cette saison, mais il prend ici une tournure plus frontale. Buck cherche désespérément un signe, une preuve que son capitaine veille encore d’une manière ou d’une autre. Une tension intérieure qui le mène jusqu’à Brian, le prêtre déjà entrevu cette saison. C’est dans cette rencontre que s’exprime le plus clairement l’état d’errance émotionnelle du personnage : les mots qu’il n’a pas pu dire, la culpabilité, et cette sensation d’avoir été abandonné sans réponses. Pendant ce temps, Eddie semble à la croisée des chemins. La perspective d’un nouveau poste au Texas plane, mais il reste à Los Angeles, comme figé entre deux vies. 

Ce flottement traduit une hésitation qui n’est pas uniquement professionnelle. L’amitié avec Buck, mise à rude épreuve, en dit long sur les non-dits accumulés. La confrontation entre les deux hommes tranche avec le reste de l’épisode : sèche, directe, parfois cruelle. Elle soulève des blessures qui n’ont jamais vraiment été refermées et montre que chacun projette son propre mal-être sur l’autre. Derrière cette tension, une autre crise s’insinue, bien plus concrète : l’eau de la ville devient dangereuse. Un séisme mineur provoque des dégâts inattendus, déclenchant une contamination au méthane. 

 

Le ton légèrement décalé de certaines scènes autour de cette situation – une patiente qui crache des flammes chez le dentiste ou une salle de bain qui s’embrase – crée un contraste étrange avec la gravité du sujet. On peine à mesurer l’ampleur réelle du danger, tant le traitement oscille entre le burlesque et le sérieux. En parallèle, la série creuse les conséquences émotionnelles au sein du cercle restreint de Bobby. Hen se retrouve face à un choix difficile : reprendre la tête de la caserne. Si la décision semble naturelle, elle est encombrée par le poids de l’héritage laissé par Bobby. Et surtout, par la tension latente entre Chimney et Athena, devenue ici frontale. 

Le deuil ne se vit pas de la même façon pour chacun, et l’éloignement d’Athena illustre une forme de refus de l’après. La douleur est telle qu’elle ne peut plus regarder Chimney sans revivre la perte. Cette cassure dans le groupe se ressent dans chaque interaction. Même les scènes d’apparente réconciliation, comme ce dîner entre Buck, Eddie, Christopher et Pepa, résonnent davantage comme des tentatives de raccommoder ce qui a été brisé que comme de véritables retrouvailles. Pepa, bienveillante, offre un moment de calme, mais les mots tombent un peu à plat, comme si le lien n’arrivait plus à se reconstruire aussi facilement qu’avant. Il faut attendre les dernières minutes pour qu’un regain de tension dramatique se manifeste de manière spectaculaire. 

 

L’explosion d’un immeuble relance brutalement l’action, plaçant Athena en spectatrice impuissante. Le choix de terminer l’épisode sur cette scène de chaos n’est pas anodin : il souligne combien tout peut s’effondrer à tout moment, même quand on pense avoir atteint le fond. Ce 17e épisode n’est pas sans intérêt. Il continue d'explorer les conséquences humaines d’un événement traumatisant, en donnant à chaque personnage l’espace pour exprimer ses failles. Mais il souffre d’un certain déséquilibre dans le ton et la construction. Les éléments comiques parasitent parfois l’émotion brute que la série cherche à transmettre. Et malgré quelques scènes fortes, la sensation d’un épisode un peu éparpillé persiste.

Reste à voir si le final saura rassembler toutes ces pièces éparses. La saison a régulièrement pris le parti de ralentir, de laisser les personnages s’égarer avant de les remettre en mouvement. À ce stade, ce qui est en jeu, ce n’est plus la résolution d’une intrigue, mais la possibilité, ou non, pour chacun de retrouver une place dans un groupe qui a perdu son point d’ancrage.

 

Note : 3/10. En bref, un épisode raté même si les interventions autour de l’eau de Los Angeles qui est capable de prendre feu est intéressante. La série aurait dû garder cette idée pour le milieu de la saison, pas à un épisode de la fin de la saison.

Prochainement sur M6 et M6+

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article