Critiques Séries : Law & Order Toronto: Criminal Intent. Saison 2. Episode 9.

Critiques Séries : Law & Order Toronto: Criminal Intent. Saison 2. Episode 9.

Law & Order Toronto: Criminal Intent // Saison 2. Episode 9. Bitter Pill.

 

Après plusieurs épisodes en demi-teinte, la série Law & Order Toronto: Criminal Intent semble peu à peu trouver son propre équilibre. L’épisode 9 de la saison 2, centré sur la mort d’un PDG milliardaire de l’industrie pharmaceutique et de son épouse philanthrope, montre une progression dans la maîtrise de son univers, aussi bien du côté des intrigues que des personnages secondaires. On reste dans une formule policière assez classique, mais bien exécutée, et qui commence à s’émanciper doucement de son modèle américain. Dès l’ouverture, l’épisode place ses pions dans un décor familier du genre : une villa luxueuse, un couple influent retrouvé mort. 

 

Rien de révolutionnaire ici, mais une mise en scène efficace qui capte l’attention sans surjouer. Le parallèle évident avec certains épisodes de la série originale américaine — notamment l’épisode 9 de la saison 2 de Law & Order: Criminal Intent, où l’univers de la philanthropie servait également de toile de fond — est un clin d’œil intéressant, sans être une redite trop marquée. Ce que l’on apprécie dans cet épisode, c’est l’attention portée aux détails. La dynamique sociale, la position de pouvoir du couple assassiné, et les ramifications possibles dans le monde médical et caritatif donnent de la matière. 

Ce sont des thématiques qui fonctionnent toujours bien dans une série policière : pouvoir, argent, image publique et secrets privés. L’enquête gagne en épaisseur à mesure qu’elle explore ces tensions. L’un des reproches que l’on pouvait faire aux épisodes précédents concernait la focalisation trop rigide sur le duo principal, Graff et Bateman, au détriment de leur entourage professionnel. Ici, on commence à sentir une volonté de rééquilibrer les choses. Les seconds rôles, qu’ils soient policiers, experts ou personnages issus de l’entourage des victimes, trouvent une meilleure place. Ce n’est plus seulement l’affaire de deux enquêteurs, mais celle d’une équipe, ce qui donne plus de corps à l’univers de la série. 

 

Ce glissement progressif, amorcé dans les épisodes précédents, semble enfin prendre forme de manière cohérente. Aden Young dans le rôle de Graff reste un point de discussion. Après une première saison et un début de saison 2 où il peinait à trouver une tonalité personnelle, il commence timidement à s’approprier le personnage. Son jeu reste toutefois très marqué par l’ombre de Vincent d’Onofrio, dont l’interprétation de Goren dans la version américaine demeure une référence du genre. On ne peut s’empêcher de comparer, et cela n’aide pas Young. Pourtant, dans cet épisode, il semble plus fluide, un peu moins figé. 

Ce n’est pas encore suffisant pour que son personnage devienne pleinement crédible, mais on note un effort pour sortir d’une imitation trop rigide. Reste à voir s’il réussira à faire exister Graff sur sa propre ligne, sans constamment rappeler son illustre prédécesseur. L’un des points forts de cet épisode, et plus généralement de cette deuxième moitié de saison, c’est la manière dont la série commence à mieux exploiter son décor : la ville de Toronto. Là où les premiers épisodes avaient parfois du mal à s’approprier les lieux, on sent ici une meilleure utilisation de l’environnement local. 

 

Le contraste entre les espaces publics et privés, entre l’image que le couple renvoyait et la réalité intime que révèle l’enquête, fonctionne plutôt bien. La série parvient ainsi à jouer sur des registres différents sans trop forcer le trait, ce qui donne à l’épisode un ton plus juste, plus ancré. Si l'on doit pointer une limite, ce serait celle de l’intrigue elle-même. Bien que bien construite, elle ne prend jamais réellement de risques. Les rebondissements sont là, mais rien de déroutant ou d’inédit. On reste dans un canevas très balisé du polar télévisé. Cela dit, cela ne nuit pas nécessairement à l’épisode. Le rythme est maîtrisé, les motivations des suspects tiennent la route, et le dénouement, bien que prévisible, s’inscrit logiquement dans le déroulé de l’histoire.

L’enquête fait le job, comme on dit, et permet d’explorer les rapports de pouvoir, la gestion de l’image publique, et les conséquences d’un certain type de vie. Cet épisode 9 n’est pas une révolution, mais il marque une progression. La série semble plus à l’aise dans sa narration, plus cohérente dans sa structure, et surtout moins rigide dans l’utilisation de ses personnages. Ce n’est pas encore la série policière incontournable, mais elle s’approche d’un équilibre qui pourrait lui permettre de trouver sa place dans le paysage télévisuel. Et si elle continue à s’inspirer intelligemment de sa grande sœur américaine sans pour autant la recopier, elle pourrait encore surprendre dans les épisodes à venir.

 

L’épisode 9 de cette saison 2 est loin d’être un raté. Il reprend certaines mécaniques efficaces du genre, les applique avec justesse, et donne une impression de progression. Les décors sont mieux intégrés, les personnages secondaires plus visibles, et l’enquête, bien que classique, fonctionne. Ce n’est pas encore le renouveau de la franchise Law & Order, mais on sent qu’on s’en approche doucement. Et rien que pour ça, cet épisode mérite qu’on s’y attarde.

 

Note : 5.5/10. En bref, cet épisode démontre après le précédent que la série est peut-être enfin sur de bons rails.

Prochainement en France

 

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