21 Juillet 2025
Resident Alien // Saison 4. Episode 7. Daddy Issues.
Avec cet épisode 7, Resident Alien poursuit son chemin vers un final de saison qui semble vouloir remuer plus les consciences que les étoiles. Le rythme se pose, les intrigues s’étirent, mais l’émotion, elle, reste bien là. Ce n’est pas un épisode spectaculaire au sens traditionnel du terme, mais il marque un tournant dans plusieurs trajectoires. Surtout celle de Harry, qui continue d’évoluer bien au-delà de son espèce. L’épisode s’ouvre sur une rencontre attendue : Harry face à son père. Ce n’est pas une réunion chaleureuse, ni même un échange entre égaux. Il y a une tension presque primitive entre ces deux êtres que tout oppose, au-delà même du lien biologique. D’un côté, un père venu récupérer ce qu’il pense appartenir à sa lignée : la mission originelle, l’identité extraterrestre, le pouvoir.
De l’autre, un fils qui a fait l’erreur – ou la bénédiction – d’apprendre à vivre parmi les humains. Harry n’est plus le même. La brutalité froide de sa mission initiale s’est diluée dans les émotions, les expériences terrestres, les attachements qu’il a tissés presque malgré lui. Cette humanisation devient sa faiblesse aux yeux de son père, mais c’est justement ce qui le rend plus fort dans un tout autre sens. Ce face-à-face fonctionne non seulement comme catalyseur narratif, mais aussi comme révélateur de ce que la série a construit en filigrane depuis le début : un être venu d’ailleurs qui, sans jamais devenir tout à fait humain, finit par en incarner les contradictions les plus profondes.
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Le choix narratif de faire de Max une monnaie d’échange dans ce duel familial donne un poids inattendu à cette scène. La menace qui pèse sur lui dépasse le simple danger physique. Elle vient souligner jusqu’où Harry est prêt à aller – ou pas. La question n’est pas tant de sauver l’enfant que de se positionner face à ce que son père exige : une preuve de loyauté à l’envers, un acte destructeur comme sceau de fidélité. Ce que Harry fait ensuite ne relève pas d’un revirement héroïque. Ce n’est pas un acte de bravoure, mais plutôt un geste de rupture. En éliminant son propre père, il ne cherche pas à protéger l’humanité par idéal moral. Il veut juste ne plus être celui qu’on attend qu’il soit. Ce choix radical agit comme une libération silencieuse.
Il récupère son énergie extraterrestre, oui, mais surtout, il s’affranchit d’un héritage. Et à sa manière, il redevient libre. Asta traverse cet épisode comme un courant sous-marin. Peu de scènes, mais chaque dialogue pèse lourd. Son père, Dan, revient brièvement pour lui rappeler que la vie qu’elle mène à Patience n’est pas forcément la sienne. C’est une injonction douce, mais ferme : partir, se choisir, ne pas rester là par habitude ou par devoir. Ce genre de questionnement ne se règle pas en une scène, et l’épisode ne prétend pas y répondre. Ce qui fonctionne, c’est la manière dont ce doute s’infiltre lentement chez elle. Elle observe les autres – Harry, D’Arcy, même Ben – et semble se demander si elle n’est pas, elle aussi, restée figée alors que tout autour d’elle se transforme.
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Ce malaise discret résonne fort, car il touche à une peur universelle : celle de passer à côté de sa propre vie en étant trop occupé à porter celles des autres. Si D’Arcy est peu visible dans cet épisode, sa trajectoire reste une menace latente. Le regard qu’elle pose sur le bébé des Hawthornes, revenu d’on ne sait où, laisse deviner qu’elle sait plus qu’elle ne dit. Sa descente aux enfers, amorcée plus tôt dans la saison, n’est pas encore résolue. Et cette absence de résolution, justement, installe un suspense psychologique plutôt efficace. L’épisode ne donne pas de réponse sur ce qu’elle cache, mais il prépare le terrain. L’intuition que quelque chose va éclater est bien là.
Ce genre de latence fonctionne souvent mieux qu’une révélation brutale, surtout dans une série qui joue autant avec les failles de ses personnages. De tous les personnages secondaires, Mike est probablement celui dont l’arc évolue avec le plus de cohérence dans cet épisode. Sa traque du Mantid – cet être dont les intentions et la nature restent encore brumeuses – devient de plus en plus personnelle. Sa découverte ne repose pas sur une enquête policière classique, mais sur une intuition presque viscérale, une obstination qui frôle parfois l’obsession. Le plus intéressant reste la suite : une fois qu’il a identifié Jules comme la Mantid, il se rend compte que son adversaire a toujours un coup d’avance. Lire dans les pensées, voilà une arme redoutable, surtout contre quelqu’un qui ne sait pas garder un secret même avec lui-même.
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Le piège mental se referme lentement autour de Mike, et la série exploite bien cette tension psychologique. Il sait qu’il a raison. Mais il sait aussi que cela ne suffira pas. La réapparition du bébé dans le giron familial pourrait être un soulagement. Mais à Patience, rien n’est jamais simple. Ben et Kate semblent dépassés, et leur tentative de normalisation frôle parfois l’absurde. L’idée de donner un nouveau nom à l’enfant – parce qu’il a changé, parce qu’il est revenu d’un ailleurs qu’on ne peut nommer – devient un symbole de leur désarroi. C’est un humour discret, presque embarrassé, mais qui traduit bien l’ambiguïté de la situation. Ce n’est pas seulement une intrigue secondaire. C’est le reflet d’un trouble identitaire plus large : qui est ce bébé ? Qu’est-ce qu’il a vu, vécu, ou subi ?
Et surtout, que cache encore son retour silencieux ? Ce fil narratif, même léger en apparence, continue d’infuser le malaise général de la saison. Ce septième épisode ressemble à une respiration dans une saison qui a connu des pics d’intensité marqués. Il ne cherche pas à faire oublier l’épisode précédent – plus percutant, plus riche en révélations – mais à en explorer les retombées. Ce n’est pas une faiblesse en soi. Il faut parfois ralentir pour mieux observer ce qui se délite ou ce qui s’annonce. Ce choix de tempo permet aux personnages de se recentrer. Harry, surtout, gagne en profondeur. Non pas parce qu’il devient un héros, mais parce qu’il se dépouille d’un rôle qu’il n’a jamais choisi.
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Les autres intrigues avancent à leur rythme, parfois trop lentement, mais elles construisent un tissu narratif qui promet, si la suite tient ses promesses. Que va devenir Resident Alien une fois cette saison terminée ? La série semble amorcer une forme de conclusion interne, même si rien n’est encore explicite. Plusieurs arcs arrivent à maturité, des secrets commencent à percer, et l’idée d’un retour aux origines – ou d’un abandon des origines – revient en boucle. Cet épisode ne donne pas toutes les clés, et c’est tant mieux. Il ouvre des brèches. Il pousse à la réflexion plus qu’à l’adrénaline. Il oblige à regarder les personnages non plus comme les vecteurs d’une intrigue, mais comme des êtres à la croisée des chemins.
L’épisode 7 de la saison 4 de Resident Alien ne cherche pas à en mettre plein la vue. Il préfère questionner, faire douter, ralentir le pas pour mieux sonder ce que ses personnages sont en train de devenir. Cela donne un épisode inégal dans son rythme, mais pertinent dans ses intentions. Il y a dans cet épisode une forme de pudeur narrative qui fonctionne bien. Ce n’est pas un sommet, ni un creux. C’est une étape nécessaire. Et parfois, c’est dans ces moments de flottement que les décisions les plus importantes se prennent. Reste à voir ce que la suite en fera.
Note : 6/10. En bref, l’épisode 7 de la saison 4 de Resident Alien ne cherche pas à en mettre plein la vue. Il préfère questionner, faire douter, ralentir le pas pour mieux sonder ce que ses personnages sont en train de devenir. Cela donne un épisode inégal dans son rythme, mais pertinent dans ses intentions.
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