24 Novembre 2025
Je ne m’attendais pas à attendre aussi longtemps la saison 3 de Billy the Kid, mais j’avais envie de connaître la manière dont la série allait conclure le parcours de Billy et cette fameuse guerre du comté de Lincoln. En commençant cette saison, je savais déjà que l’issue historique ne laissait pas beaucoup de suspense : Billy mourrait à la fin, et Pat Garrett serait celui qui appuierait sur la détente. Pourtant, j’espérais que la série trouverait une façon de rendre cette conclusion personnelle, presque intime, comme si on m’emmenait dans la tête d’un gamin devenu hors-la-loi à la force des choses.
À mesure que la saison avançait, j’ai compris que l’intention était là, même si l’exécution n’a pas toujours été aussi solide que je l’aurais souhaité. Dès le premier épisode, la saison me donne l’impression de revenir sur des rails bien établis : Dolan et ses hommes d’un côté, Billy et ses alliés de l’autre. Mais contrairement à la saison 2, qui s’attardait parfois trop sur les manigances et les alliances, la saison 3 semble vouloir aller droit au but. J’ai apprécié ce recentrage, même si j’ai senti par moments qu’on avançait trop vite sur des enjeux pourtant complexes. La guerre du comté aurait mérité davantage de respiration, parce qu’elle ne se résume pas à quelques fusillades et décisions prises sous l’impulsion.
J’ai également remarqué que les scénaristes essaient de montrer que personne ne sortira grandi de cet affrontement. Billy n’est pas glorifié, Dolan n’est pas simplement démonisé, et Pat Garrett n’est pas encore l’homme qui deviendra célèbre pour avoir abattu son ancien ami. Cette nuance m’a plu, car elle donne un peu d’épaisseur à une histoire qu’on connaît déjà par cœur, même si elle arrive tardivement dans la série. Cette saison, j’ai eu le sentiment que Billy se débattait plus que jamais entre ce qu’il voulait être et ce que les circonstances ont fait de lui. Le voir osciller entre la recherche d’une forme de justice et l’abandon progressif de toute illusion m’a touché, même si certains épisodes manquent d’émotion ou d’ancrage.
Par moments, on dirait que la série hésite entre un Billy fragile, presque adolescent, et un Billy déjà mythifié. Ces ruptures de ton m’ont un peu perdu. Cela dit, les épisodes qui explorent ses relations — notamment avec les hommes qui le suivent par fidélité plutôt que par intérêt — apportent une vraie couleur humaine. Je me suis surpris à ressentir une forme de compassion pour ce garçon qui n’a jamais vraiment eu le choix. Et quand la saison commence à préparer sa chute, j’ai remarqué une certaine retenue, comme si la série refusait de trop en faire. Ce choix m’a semblé juste.
L’une des forces de cette saison, selon moi, c’est la manière dont la série construit Pat Garrett. Je savais comment tout cela allait se terminer, mais j’ai apprécié la manière dont l’écriture le présente comme un homme qui n’est pas encore sûr de ses décisions. On voit son sens du devoir, mais aussi ses contradictions. Je n’ai pas ressenti le cliché du « shérif parfait », et c’est plutôt bien venu. Au fil des épisodes, Pat devient une présence qui plane au-dessus de Billy, presque silencieuse, jusqu’au moment où il n’a plus d’autre choix que de le traquer. Je dois reconnaître que cela crée une tension diffuse sans jamais forcer le trait. Quand on arrive aux deux derniers épisodes, j’ai senti un changement de rythme. Tout devient plus resserré, presque fataliste.
La série semble accepter que la légende rejoigne enfin l’histoire. L’évasion de Billy, sa cavale brève, les derniers regards échangés, tout cela m’a semblé raconter une fin déjà écrite sans chercher à la dramatiser artificiellement. J’ai apprécié cette sobriété. Et puis arrive la scène finale : Pat abat Billy d’un seul tir. Pas de grande musique, pas de discours, pas de grand geste héroïque. Juste un geste violent, rapide, presque banal. J’ai trouvé que ce choix donnait à la scène une forme de réalisme qui tranche avec certaines représentations plus romantiques du personnage. Je ne peux pas dire que la scène m’a bouleversé, mais elle m’a semblé cohérente avec le ton plus épuré de la saison.
Même si j’ai trouvé plusieurs qualités à cette conclusion, je reste un peu frustré. Par moments, j’ai eu l’impression d’assister à une saison pressée par le temps. Certains personnages secondaires disparaissent trop vite ou trop discrètement, comme si la série devait absolument arriver au final avant de s’éteindre. J’aurais aimé qu’elle prenne plus le temps de montrer les conséquences de la guerre, les pertes, les désillusions. J’ai aussi senti une certaine répétition dans la mise en scène : des fusillades filmées d’une manière déjà vue dans les saisons précédentes, des dialogues qui tournent en rond, des scènes qui auraient gagné à être plus fines ou plus longues.
Rien de rédhibitoire, mais assez pour me sortir ponctuellement de l’histoire. Maintenant que j’ai vu la saison dans son ensemble, j’ai le sentiment que la série voulait avant tout remettre Billy dans sa dimension humaine, loin du folklore. Ce n’est pas une grande fresque héroïque, et ce n’est pas non plus un western classique. C’est plutôt une tentative de montrer la trajectoire d’un garçon pris entre deux mondes : celui d’un pays en mutation, et celui de ses propres contradictions. Je n’ai pas été renversé par cette dernière saison, mais elle m’a semblé honnête. Elle ne cherche pas à transformer Billy en martyr ou en ange déchu.
Elle raconte simplement une fin brutale, presque ordinaire, pour un jeune homme qu’on a trop souvent transformé en légende. Et c’est peut-être là que réside sa force : dans cette volonté de ramener un mythe à taille humaine. En refermant cette saison 3, je garde une impression mitigée mais respectueuse. J’aurais voulu plus d’ambition visuelle, davantage d’espace pour respirer, plus d’attention aux personnages secondaires. Mais j’ai aussi apprécié la sobriété du récit, la manière dont la série assume une fin déjà écrite sans chercher à la travestir. Pour moi, ce final fonctionne surtout parce qu’il refuse l’esbroufe. Il montre Billy ni comme un héros ni comme un monstre, mais comme un gamin perdu qui a trop tiré sur la corde.
Il montre Pat Garrett comme un homme qui a fait ce qu’il pensait devoir faire, sans en tirer de gloire. Et il montre une époque qui ne laisse personne intact. Ce n’est pas une conclusion spectaculaire. C’est une conclusion qui ressemble à la série : parfois un peu maladroite, parfois touchante, souvent sobre, et toujours fidèle à l’idée que l’Ouest n’était pas un décor de cinéma mais un endroit rude, injuste, et traversé par des jeunes gens qui cherchaient simplement leur place.
Note : 6/10. En bref, une dernière saison qui manque parfois d’ampleur mais assume une conclusion sobre, humaine et désenchantée de la légende de Billy.
Disponible sur Paramount+
La saison 3 de Billy the Kid est la dernière de la série. Il n’y aura pas de saison 4.
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