Critiques Séries : 9-1-1. Saison 9. Episode 5.

Critiques Séries : 9-1-1. Saison 9. Episode 5.

9-1-1 // Saison 9. Episode 5. Día de los Muertos.

 

« We lost our pumpkin » 

J’attendais beaucoup de cet épisode. Après les dernières semaines, 9-1-1 semblait retrouver un certain équilibre entre chaos et émotion. Alors, quand j’ai vu que l’épisode 5 allait s’articuler autour de la fête des morts, je me suis dit que la série allait peut-être, enfin, poser les bases d’un renouveau. Et quelque part, elle le fait. Mais pas toujours de la manière espérée. L’ouverture, avec cette citrouille géante qui dévale les rues de Los Angeles, m’a immédiatement ramené à ce que j’aime dans cette série : ce mélange improbable entre drame, absurde et sincérité. La 118 qui traque une citrouille sur GPS, c’est typiquement le genre de folie visuelle et narrative que 9-1-1 sait si bien assumer. 

 

Et puis Athena qui termine l’affaire au taser… j’avoue, j’ai ri. Ce genre de scène, aussi décalée soit-elle, rappelle pourquoi cette série fonctionne : elle n’a jamais eu peur d’aller trop loin, tout en gardant les pieds dans une réalité émotionnelle. Mais dès que le ton bascule vers le “Día de los Muertos”, tout change. L’épisode se recentre sur Eddie, et c’est sans doute là que l’écriture touche juste. Ce personnage traîne depuis plusieurs saisons une douleur sourde, souvent tue, souvent enfouie. Sa manière de gérer la perte a toujours été maladroite, presque mécanique. Alors quand l’épisode l’oblige à affronter un nouveau deuil, celui de son Abuela, quelque chose se fissure. 

Ce n’est pas une grande révélation, plutôt un glissement lent vers une forme d’acceptation. Et c’est là que la série retrouve un peu de son cœur. Le regard d’Eddie sur la mort et la foi me parle. Parce que 9-1-1 a toujours su explorer la fragilité derrière les uniformes. Ici, la série tente de montrer que la spiritualité n’est pas forcément une question de religion, mais d’amour. Cette phrase que sa grand-mère lui glisse – “tu cherchais au mauvais endroit” – résonne longtemps après la fin de l’épisode. C’est une belle idée : arrêter de chercher des réponses dans le ciel quand elles se trouvent dans les liens qu’on tisse avec les autres. Et pourtant, malgré la justesse de certaines scènes, un sentiment de déjà-vu s’installe. 

 

Depuis la mort de Bobby, tout semble tourner autour du même axe : la perte, la douleur, la tentative d’avancer. C’est normal que les personnages soient encore marqués, mais l’impression de stagnation devient pesante. Eddie, Buck, Athena… chacun semble bloqué dans une boucle émotionnelle dont la série ne parvient pas à les sortir. Ce n’est pas que les scènes soient mauvaises, mais elles paraissent recyclées, comme si chaque épisode voulait redire la même chose, un peu différemment. Buck, de son côté, essaie d’honorer Bobby à sa manière, en reproduisant ses recettes ou en suivant son exemple de bienveillance. Et même si sa scène avec l’ancien locataire alcoolique est touchante, elle donne la sensation d’avoir déjà été vue, déjà vécue. 

Buck est un personnage en quête de sens, et le voir répéter les mêmes gestes de réparation finit par le figer dans une version trop sage de lui-même. Il y a là une émotion sincère, mais qui manque de direction. Quant à Eddie, il avance, mais à petits pas. La mort d’Abuela aurait pu être un tremplin pour aborder d’autres pans de son identité, notamment cette question du lien entre amour et foi, voire entre foi et désir. Au lieu de ça, l’épisode referme un peu trop vite la parenthèse, préférant ajouter une couche de tristesse à une histoire déjà pleine de cicatrices. J’aurais aimé que la série lui laisse respirer cette idée : que la guérison ne passe pas toujours par la perte, mais parfois par la joie retrouvée.

 

Ce qui reste, au final, c’est cette scène d’Eddie et Christopher face à l’autel, disposant les photos des disparus. Bobby, Shannon, Abuela. Une offrande de souvenirs et de douleurs mêlées. Ce moment a quelque chose de sincère, même si, en connaissant la tradition, j’ai tiqué sur le fait qu’il soit trop tôt pour y placer Isabel. Mais la symbolique est forte : accepter que ceux qu’on a aimés ne disparaissent pas vraiment tant qu’on continue à les porter. Alors oui, cet épisode m’a ému. Il m’a aussi frustré. Parce que je sens que 9-1-1 a encore tant à dire sur Eddie, sur Buck, sur cette famille qu’ils se sont construite. Parce que je sais que la série est capable d’aller plus loin que la répétition du chagrin. 

 

“Día de los Muertos” aurait pu être une célébration de la vie, une ouverture vers quelque chose de plus lumineux. Au lieu de ça, c’est un pas hésitant entre ombre et lumière, entre le besoin de tourner la page et la peur de le faire. Et malgré tout, je reste là, chaque semaine. Parce que derrière les explosions et les drames absurdes, il y a ces instants d’humanité brute que seule 9-1-1 sait offrir. Peut-être que le vrai message de cet épisode, c’est celui-là : la douleur ne s’efface pas, elle se transforme. Et tant qu’on continue à avancer, même à petits pas, elle finit par ressembler à autre chose.

 

Note : 5/10. En bref, “Día de los Muertos” aurait pu être une célébration de la vie, une ouverture vers quelque chose de plus lumineux. Au lieu de ça, c’est un pas hésitant entre ombre et lumière, entre le besoin de tourner la page et la peur de le faire. 

Prochainement sur M6 et M6+

 

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