4 Novembre 2025
Mayor of Kingstown // Saison 4. Episode 2. Promises to Keep.
Je ne sais pas exactement à quel moment j’ai compris que cette saison allait être plus sombre que les précédentes, mais cet épisode 2 me l’a confirmé. Rien n’explose vraiment à l’écran, et pourtant tout menace de s’effondrer à chaque minute. La série prend son temps, mais pas pour respirer : pour étouffer. Plus j’avance, plus j’ai l’impression que chaque personnage marche sur une pierre qui pourrait s’effriter sous ses pieds. L’épisode démarre là où le précédent s’était arrêté, sans détour. Kyle est toujours enfermé, et rien ne laisse penser qu’il pourra sortir indemne de ce passage en prison.
Ce n’est pas seulement un homme puni, c’est un homme abandonné par un système qu’il a servi. Et ce qui me frappe, ce n’est pas la violence qu’il subit, mais l’indifférence autour de lui. Même Mike, qui fait tout pour le protéger, commence à comprendre que son influence ne suffit plus. Ce que je ressens en regardant Mike cette saison, c’est de l’usure. Il n’essaie même plus d’expliquer ou de justifier ce qu’il fait. Il agit, souvent par inertie, parfois par instinct. Quand il parle à Nina Hobbs, la nouvelle directrice de la prison, on voit très vite que le rapport de force a changé. Elle ne le craint pas, elle ne le respecte pas, elle l’observe. Elle n’a pas l’intention de le laisser négocier l’équilibre des gangs comme s’il était encore le maître du jeu.
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Je n’arrive pas encore à savoir si Hobbs est une alliée potentielle ou un nouveau problème, mais une chose est certaine : elle ne joue pas au même jeu que Mike. Là où lui pense en termes d’accords, elle pense en termes de règles. Et dans Mayor of Kingstown, les règles, c’est ce qui tue. S’il y a un personnage qui change vraiment le ton de cet épisode, c’est Frank Moses. Pas besoin de longs discours ou de scènes démonstratives. Sa seule présence impose quelque chose : la mort organisée, froide, méthodique. Il est lié aux Colombiens, aux armes, au trafic, à un réseau qui dépasse l’imagination de Kingstown. Mike comprend que ce type ne cherche pas un terrain d’entente, mais une prise de contrôle.
J’ai eu l’impression de regarder un prédateur entrer lentement dans une pièce sans que les autres occupants s’en rendent compte. Il ne fait pas de vague, il n’élève jamais la voix. Il se contente d’être là, et c’est suffisant pour comprendre que quelqu’un va payer. Bunny a toujours été l’un des rares personnages à ajouter un peu de respiration dans la série, même lorsqu’il parle de meurtre ou de trafic. Il a de la répartie, un humour particulier, et une intelligence sociale que les autres n’ont pas. Mais dans cet épisode, il est seul. Ses alliés disparaissent, ses ennemis se multiplient, et même Mike ne peut plus lui offrir la protection qu’il promettait avant.
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Sa scène avec Mike, en voiture, est presque triste : deux hommes qui se connaissent trop bien pour se mentir, mais qui ne peuvent plus se faire confiance. La rue ne respecte plus les accords, la prison non plus, et Kingstown devient un terrain où chaque territoire se renégocie dans le sang. L’épisode met davantage l’accent sur Kyle, et je trouve que c’est l’un des points les plus réussis. On n’essaie pas d’en faire un martyr héroïque, ni un symbole. Il est juste un homme qui tombe. Sa peur est visible, sa honte aussi. Il n’y a pas de musique dramatique pour souligner ses humiliations, juste un silence et des regards. La prison continue de se comporter comme un organisme autonome : elle absorbe, broie et recrache.
Kyle s’y dissout lentement, et Mike commence à paniquer, mais sans jamais le dire. La violence de l’épisode ne vient pas des coups, mais du sentiment qu’il ne reste plus aucun bon choix. C’est d’ailleurs le thème récurrent de la série : pas de justice, juste des arrangements temporaires. Ce qui me touche chez Mike dans cet épisode, c’est sa solitude. Tout ce qu’il avait construit repose désormais sur des mensonges, et même ses ennemis ne le haïssent plus vraiment. Ils le contournent. Ce n’est plus un homme dangereux, c’est un homme dépassé. Il n’a plus Iris, il n’a plus confiance en Evelyn, il ne contrôle plus la prison, et même les gangs commencent à l’utiliser plutôt qu’à l’écouter.
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La scène finale, silencieuse, est probablement la plus forte. Mike comprend que la paix qu’il prétendait maintenir n’a jamais existé. Il ne gère plus une ville au bord du chaos : il essaie simplement de réduire la vitesse de la chute. Et dans ce genre d’histoire, on sait très bien que ce genre de mission ne finit pas bien. Cet épisode 2 ne cherche pas à choquer, mais à installer une menace durable. Les alliances se fissurent, les nouveaux joueurs entrent en scène, et ceux qui pensaient être protégés ne le sont plus.
Il n’y a pas d’action spectaculaire, mais une montée de tension lente, presque insupportable. Et c’est efficace. Je ne sais pas encore où va cette saison, mais si elle continue sur ce rythme, elle pourrait bien être la meilleure saison de la série (ce qui dans un sens n’est pas difficile).
Note : 6.5/10. En bref, il n’y a pas d’action spectaculaire, mais une montée de tension lente, et c’est efficace.
Disponible sur Paramount+
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