10 Novembre 2025
Mayor of Kingstown // Saison 4. Episode 3. People Who Died.
Plus j’avance dans cette saison 4 de Mayor of Kingstown, plus j’ai le sentiment de regarder un homme lutter contre un courant qu’il ne peut plus remonter. L’épisode 3, intitulé « People Who Died », confirme cette impression. La série ralentit un peu le rythme, mais ce calme apparent n’est qu’une façade. Chaque scène semble vibrer sous la menace d’un désastre qui approche. Mike McLusky (Jeremy Renner) ne dort plus vraiment. La mort de Carney, aussi brutale que confuse, continue de hanter la ville. Personne ne croit à la version officielle, pas même Mike, et encore moins Kyle, qui comprend vite que tout cela le concerne de près.
Les murs d’Anchor Bay se referment sur lui un peu plus chaque jour, et la peur s’installe là où il n’y avait autrefois que colère. Ce que j’ai ressenti tout au long de cet épisode, c’est une forme de lassitude collective. Carney n’était pas un ange, mais sa mort crée un vide. Un vide moral, d’abord, parce qu’elle rappelle que personne n’est intouchable ; puis un vide politique, parce que son exécution envoie un message à ceux qui pensaient encore pouvoir négocier avec la prison. Mike tente de gérer la situation, mais tout lui échappe. Les preuves trouvées dans le casier de Carney — drogue, téléphone jetable — ressemblent trop à un piège pour être crédibles.
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Pourtant, il ne parvient pas à trouver d’appui solide pour contester la version officielle. Même Ian et Stevie, d’ordinaire plus proches de lui, doutent. La suspicion devient une langue commune à Kingstown. Pendant ce temps, Kyle s’enfonce. Son emprisonnement ressemble de plus en plus à une punition qui dépasse son crime. La douleur de ses blessures, l’isolement, la peur des représailles : tout s’accumule jusqu’à l’épuisement. Il reçoit de l’aide, mais à quel prix ? Son voisin de cellule, Merle Callahan, paraît compatissant, lui glissant quelques cachets pour atténuer la douleur. Mais ceux qui connaissent Merle savent qu’il n’offre rien sans raison.
Au fil de l’épisode, Kyle perd pied. La dépendance s’installe sans bruit, et son regard se vide. C’est peut-être la partie la plus dure à regarder : ce glissement lent d’un homme qui n’a plus rien à quoi se raccrocher. Mike tente de garder le contact, mais la directrice Hobbs veille à maintenir ses distances. Elle ne lui facilite rien, et j’ai le sentiment qu’elle le fait autant par conviction que par stratégie. La nouvelle responsable d’Anchor Bay continue d’imposer sa méthode. Elle n’élève pas la voix, elle ne menace pas, mais elle agit. Et c’est probablement ce qui rend ses décisions les plus inquiétantes. Elle voit Mike comme une nuisance, un homme qui croit encore que tout se règle par des accords tacites. Mais son monde à elle est différent.
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Les règles qu’elle défend sont rigides, peut-être même impossibles à appliquer dans un endroit comme Kingstown. Leurs échanges sont tendus, parfois presque hostiles. Mike cherche une faille, un compromis, un terrain d’entente. Hobbs, elle, n’offre rien. Cette confrontation entre deux visions du pouvoir — l’une souterraine, l’autre institutionnelle — donne tout son relief à la saison. Je ne sais pas encore jusqu’où elle ira, mais elle semble capable de redéfinir l’équilibre de la série. En dehors des murs, la situation n’est guère meilleure. Bunny tente de garder le contrôle de son territoire, mais les Colombiens avancent. Les alliances bougent, les lignes de respect aussi.
La guerre des rues reprend, sans que personne ne l’annonce vraiment. C’est une série de petites provocations, de règlements de comptes déguisés, de corps laissés en exemple. Frank Moses, nouvel allié autoproclamé, s’impose dans cette équation instable. Il a l’allure d’un homme d’expérience, calme et posé, mais il dégage quelque chose de plus dangereux encore : une maîtrise absolue de la violence. Sa collaboration avec Bunny ressemble à un pacte de survie, pas à une amitié. Et Mike, en observant cette alliance, comprend que la situation lui échappe peu à peu. Une scène m’a marqué : l’attaque d’un repaire colombien par des hommes de Moses, armés d’un lance-flammes. Le geste paraît insensé, presque absurde. La brutalité ne produit pas la peur espérée.
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Les Colombiens s’en sortent, ripostent, et frappent à leur tour. Ce chaos improvisé montre à quel point Kingstown n’a plus de règles. Chacun agit pour prouver qu’il existe encore. Parmi les figures qui émergent, une en particulier glace le sang : Cortez. Silencieux, méthodique, il ne cherche pas la gloire. Il exécute. C’est lui qui a abattu Carney, et c’est encore lui qui met fin à la vie des hommes de Moses. Chaque apparition de ce personnage installe un froid immédiat. Il incarne la logique impitoyable de la série : pas de discours, pas de morale, juste des faits. Je me demande quel lien réel il entretient avec Hobbs. Est-il un simple tueur à gages, ou l’instrument d’une stratégie plus vaste ?
La série ne répond pas, mais l’idée reste en suspens. Peut-être que la directrice ne veut pas seulement nettoyer la prison. Peut-être qu’elle veut Kingstown tout entier. Cet épisode ne cherche pas à impressionner. Il se contente de poser les pièces d’un jeu où plus personne ne sait qui tire les ficelles. Mike s’enfonce dans une impasse morale. Kyle glisse dans la dépendance. Bunny perd des hommes. Et Moses découvre que la violence n’est plus une arme efficace. Ce que je retiens surtout, c’est la lente désintégration du contrôle. Mike n’est plus le médiateur qu’il prétend être.
Il devient un spectateur d’un système qu’il a contribué à créer. Et ce sentiment d’impuissance, palpable à chaque scène, rend l’épisode particulièrement fort. Mayor of Kingstown poursuit sa descente dans une noirceur sans fioritures. Cet épisode 3, moins explosif mais plus tendu, m’a donné l’impression d’assister à la mise en place d’une tragédie. Les alliances s’effritent, la confiance disparaît, et chaque geste semble précipiter le chaos. Rien n’est gratuit, tout a un prix. Et à Kingstown, personne n’a les moyens de le payer.
Note : 7.5/10. En bref, cette saison 4 est vraiment bien partie pour être excellente de bout en bout. Hâte de voir la suite.
Disponible sur Paramount+
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