18 Novembre 2025
Talamasca: The Secret Order // Saison 1. Episode 5. The Puzzle Palace.
Arriver presque au terme d’une première saison crée toujours une forme d’attente. J’espère une montée en tension, une direction affirmée, un épisode qui prépare une conclusion solide. Avec Talamasca: The Secret Order, l’épisode 5, intitulé “The Puzzle Palace”, m’a laissé entre deux impressions difficiles à concilier. La série a oscillé jusque-là entre un ton espionnage assez marqué et des plongées dans un imaginaire fantastique assumé, parfois un peu désinvolte. Ici, j’ai senti un effort pour marier ces deux dynamiques, mais le résultat m’a paru bancal. Dès l’ouverture, l’histoire repart là où elle s’était arrêtée : Guy se retrouve de nouveau dans l’orbite de Jasper et du clan vampirique qui contrôle la Maison Mère de Londres.
L’alliance opportuniste entre les deux hommes, déjà fragile, ne dure pas longtemps. Jasper saisit immédiatement que Guy lui a caché une aide extérieure, et ce soupçon le pousse dans ses retranchements les plus agressifs. Cette absence totale d’illusion chez Jasper n’est pas une surprise. Ce qui l’est un peu plus, c’est la rapidité avec laquelle l’épisode expédie cette confrontation initiale. Tout bascule quand Doris intervient et met littéralement le feu à la situation pour sortir Guy de ce guêpier. La série rappelle alors que ses monstres ne sont pas faciles à neutraliser. Jasper, carbonisé mais toujours vivant, traverse l’épisode dans un état intermédiaire entre menace et spectacle visuel. Ce choix – un peu grotesque mais assumé – avait déjà été utilisé précédemment.
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Cela apporte un rythme particulier, un rappel que Talamasca ne craint pas de juxtaposer des situations graves à des scènes nettement plus décalées. Cette dualité pourrait fonctionner à condition qu’elle serve un propos clair, mais ici, elle semble surtout masquer l’absence de progression solide. Le reste de l’épisode se concentre davantage sur la fuite. Guy et Doris cherchent une solution pour quitter le pays et tournent vers Helen, qui n’a pas l’air très enthousiaste à l’idée de leur venir en aide. Son hésitation paraît logique : la simple mention de la mère de Guy réveille chez elle quelque chose de difficile à assumer. Le scénario insiste dans cette direction en multipliant les flashbacks fragmentés, sans vraiment livrer d’explications.
Ces allusions constantes à un passé trouble finissent par alourdir la narration sans apporter une vraie émotion. Le refuge dans lequel Guy et Doris se retrouvent ne fait qu’accentuer cette impression. Les scènes entre eux alternent entre confidences et silence lourd. Guy parle encore de sa mère, de manière insistante, comme s’il répétait ce que le spectateur sait déjà depuis longtemps. Son obsession devient presque mécanique, à tel point qu’elle semble empêcher son personnage d’évoluer. De son côté, Doris reste assez difficile à cerner. Sa loyauté envers Guy n’est jamais totalement convaincante, sa méfiance envers son propre passé encore moins.
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Savoir qu’elle garde un objet aussi important que le mystérieux journal de Keves ne fait qu’ajouter un doute supplémentaire. Pendant ce temps, l'intrigue policière se greffe à tout cela, mais sans grande nécessité. L'idée que Guy pourrait être arrêté paraît un peu dérisoire quand un vampire déterminé le poursuit déjà. Quelques éléments matériels – photo, empreinte – flottent comme des prétextes. Au final, cette partie semble surtout introduire une révélation tardive concernant Olive. La clé USB laissée par Soledad dévoile enfin un fichier dédié à cette dernière, sous le nom de code “Chrysalis”. À partir de là, son attitude distante prend un sens différent, même si l’épisode ne tranche rien sur ses intentions.
La séquence dans le train représente le moment le plus réussi à mes yeux. Les revenants progressent comme une force brute alors que Guy et Doris tentent simplement de survivre. Pendant que tout se désagrège autour d’eux, Olive observe la scène avec une froideur perturbante. C’est l’une des rares fois où la série parvient à rendre l’action lisible tout en laissant planer un vrai malaise. Cette scène permet aussi de rappeler que Talamasca est bien plus à son aise dans l’horreur fantastique que dans les dialogues introspectifs interminables. Malgré tout, la construction globale de l’épisode laisse planer un sentiment d’inachevé.
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Plusieurs révélations tombent presque mécaniquement, sans que le spectateur puisse réellement s’y attacher : le passé d’Helen, le rôle d’Olive, la mystérieuse position de Doris, rien n’a le poids narratif que ces découvertes mériteraient. Il règne une impression étrange : les informations s’accumulent, mais peu créent un vrai impact. “The Puzzle Palace” donne donc l’impression d’une étape préparatoire maladroite. Je comprends l’intention : disperser des indices avant le dernier épisode, ouvrir des portes, donner de la matière pour conclure la saison. Pourtant, l’épisode m’a surtout semblé remplir du temps sans réussir à transformer ces éléments en enjeu émotionnel.
Je ressors avec la sensation que la série pourrait offrir beaucoup plus si elle assumait enfin une direction claire plutôt que d’hésiter entre mystère, humour noir et drame psychologique. Il ne reste qu’un épisode pour remettre de l’ordre dans tout cela. Si le season finale s’oriente davantage vers le chaos surnaturel que vers les confessions interminables, la série pourrait encore proposer quelque chose de cohérent. Pour l’instant, je garde un petit doute, mais aussi une curiosité réelle : Talamasca: The Secret Order reste imprévisible, pour le meilleur comme pour le plus déroutant.
Note : 4.5/10. En bref, je ressors avec la sensation que la série pourrait offrir beaucoup plus si elle assumait enfin une direction claire plutôt que d’hésiter entre mystère, humour noir et drame psychologique. Talamasca: The Secret Order reste imprévisible, pour le meilleur comme pour le plus déroutant.
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